ÉLYSÉE.

Par­ti van­ter la can­di­da­ture de Pa­ris aux JO de 2024, le pré­sident s’est confié dans l’avion du re­tour. Si le contexte est dra­ma­tique, lui est plus com­ba­tif que ja­mais.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Rio de Ja­nei­ro (Bré­sil) De notre envoyé spécial Fran­çois Hol­lande, à propos de son éven­tuelle can­di­da­ture à sa ré­élec­tion PHI­LIPPE MAR­TI­NAT

LUI EN TOUT CAS, il va mieux. Fran­çois Hol­lande est ren­tré hier dans une forme olym­pique de son voyage ex­press de 48 heures à Rio. Sa per­for­mance lors de la confé­rence de presse pour pré­sen­ter la can­di­da­ture de Pa­ris aux JO en 2024 a été sa­luée. En ré­ponse à un jour­na­liste amé­ri­cain, il a su ha­bi­le­ment re­tour­ner les in­ter­ro­ga­tions sur la sé­cu­ri­té en France. « Je l’ai trou­vé ex­cellent, non seule­ment lors de la confé­rence de presse mais aus­si pen­dant le dî­ner of­fi­ciel du CIO. Les gens étaient très im­pres­sion­nés, res­pec­tueux, ça a dû lui faire du bien », té­moigne Anne Hi­dal­go, la maire de Pa­ris.

Après les ter­ribles at­ten­tats pla­ni­fiés et exé­cu­tés par Daech en no­vembre der­nier, le chef de l’Etat avait connu un pas­sage à vide. « Je le sen­tais dé­cou­ra­gé, dou­tant de l’uti­li­té de bri­guer un se­cond man­dat », confie un ami du pré­sident. Pe­tit à pe­tit, Hol­lande a re­trou­vé confiance, mal­gré les at­taques ter­ro­ristes qui conti­nuent, avec des moyens plus ar­ti­sa­naux mais tout aus­si meur­triers. Mais à l’ins­tar de Fran­çois Mit­ter­rand, il veut aus­si « don­ner du temps au temps ». Hol­lande est bien dé­ci­dé à res­ter « dans l’ac­tion pré­si­den­tielle » jus­qu’à la fin de l’an­née. « Si ce que je fais est for­cé­ment in­ter­pré­té comme une sorte de cal­cul élec­to­ral, ce ne se­rait pas bon ni pour le pré­sident ni pour le pays », in­dique le lo­ca­taire de l’Ely­sée. Il se donne donc jus­qu’au mois de dé­cembre pour mû­rir sa dé­ci­sion de se re­pré­sen­ter ou pas.

Dans l’avion qui le ra­mène de Rio, Hol­lande se livre pour la pre­mière fois. « Pour construire la dé­ci­sion d’y al­ler ou de ne pas y al­ler, il faut la jus­ti­fier dans un sens ou dans un autre », ex­plique-t-il. Cette dé­ci­sion doit être, se­lon lui, « fon­dée sur d’autres ar­gu­ments que la seule lé­gi­ti­mi­té, la cons­tance, la réus­site, si tant est qu’elle puisse être dé­mon­trée… » Une fa­çon pu­dique d’ou­blier l’in­ver­sion de la courbe du chô­mage à la­quelle il condit i on­nait pour­tant une nou­velle can­di­da­ture. Per­sua­dé au fond de lui d’être le seul à pou­voir fé­dé­rer la gauche, il in­siste : « J’ai tou­jours consi­dé­ré qu’il était très dif­fi­cile pour un pré­sident sor­tant hors co­ha­bi­ta- tion de jus­ti­fier un deuxième man­dat. Cela ne doit pas être seule­ment le pro­lon­ge­ment du pre­mier. Il faut qu’il y ait des rai­sons suf­fi­sam­ment fortes, les ré­sul­tats ne suf­fisent pas. »

L’en­jeu cen­tral de la pré­si­den­tielle se­ra se­lon lui ce­lui du choix de so­cié­té pour la France et du type de dé­mo c r a t i e . C o n t r e une droite « au­to­ri­taire », Hol­lande af­firme qu’il est pos­sible de lut­ter contre le ter­ro­risme tout en s’ap­puyant sur les va­leurs de la dé­mo­cra­tie.

Mais, s’il n’était pas ré­élu, qu’on ne compte pas sur lui pour s’ac­cro­cher au manche même si, confie-t-il au dé­tour d’une phrase « j’ai exer­cé as­sez peu long­temps le pou­voir » : « Etre bat­tu ou ne pas être can­di­dat sup­pose, exige même un re­trait, une re­traite. Je ne me vois pas alors dans la si­tua­tion de bri­guer un man­dat élec­to­ral. » Mais on n’en est pas là, et Hol­lande ter­mine par une saillie qui en dit long sur son état d’es­prit ba­tailleur : « Dans une cam­pagne, il n’y a pas de can­di­dat à sta­tut par­ti­cu­lier. A chaque fois qu’un can­di­dat a vou­lu faire le pré­sident il n’a plus été pré­sident. »

« Les ré­sul­tats ne suf­fisent pas »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.