A 65 ans, il lance sa marque d’eau mi­né­rale

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Be­san­çon (Doubs) De notre cor­res­pon­dant PHI­LIPPE SAU­TER

LES PRE­MIÈRES BOU­TEILLES de Vel­le­min­froy ornent les rayons des su­per­mar­chés et épi­ce­ries en France. A 65 ans, Paul Pou­laillon vient de lan­cer sa marque d’eau mi­né­rale. De­puis fin juillet, son usine toute neuve de 3 000 m2 em­bou­teille l’eau de la source de Vel­le­min­froy (Haute-Saône). Il avait ache­té le site après être tom­bé amou­reux de cette source ther­male ex­ploi­tée sous Na­po­léon III avant de som­brer dans l’ou­bli. « C’était lors d’une pro­me­nade en com­pa­gnie de mon épouse. Nous sommes tom­bés par ha­sard sur cet en­droit char­mant », se sou­vient l’en­tre­pre­neur.

L’homme, qui a com­men­cé à tra­vailler à 14 ans comme ap­pren­ti bou­lan­ger, a fait for­tune en dé­ve­lop­pant — à par­tir de son siège à Mul­house (Haut-Rhin) — tout un ré­seau de bou­lan­ge­ries et en créant la dé­sor­mais cé­lèbre Mo­ri­cette, mi­ni-sand­wich à la marque dé­po­sée. De­puis, Paul Pou­laillon a cé­dé à ses en­fants la di­rec­tion de son groupe d’en­vi­ron 500 sa­la­riés. « J’au­rais pu ef­fec­ti­ve­ment pro­fi­ter d’une re­traite mé­ri­tée mais je ne sais pas faire… Dans ma tête, je ne suis pas un re­trai­té. »

Des clients jus­qu’au Ja­pon

L’usine d’em­bou­teillage proche de la source de Vel­le­min­froy de­vrait pro­duire un mil­lion de bou­teilles par mois, son seuil de ren­ta­bi­li­té, dans en­vi­ron un an. Le chiffres d’af­faires pré­vu dans trois ans est de 10 M€. « C’est une bou­teille d’un litre qui de­vrait être ven­due entre 2 € et 3 €. Elle est, en bonne par­tie, des­ti­née à l’ex­port où le luxe fran­çais est tou­jours re­cher­ché. Le de­si­gn de la bou­teille a été par­ti­cu­liè­re­ment tra­vaillé. Il y a dé­jà des pa­lettes qui sont prêtes à par­tir pour le Ja­pon. »

En plus de créer l’uni­té d’em­bou­teillage, Paul Pou­laillon a imaginé un res­tau­rant et un site tou­ris­tique afin de faire vi­si­ter les sources. « J’ai fait construire une conduite sou­ter­raine entre la source et l’usine pour que l’al­ler-re­tour des ca­mions ne dé­range pas les ha­bi­tants du vil­lage. »

En tout, une cin­quan­taine de per­sonnes de­vraient tra­vailler aux Sources de Vel­le­min­froy. « Quand je me suis lan­cé dans cette aven­ture, il y a en­vi­ron quatre ans, tout le monde m’a dit que j’étais fou. Main­te­nant, je re­garde les mil­liers de bou­teilles qui sortent des lignes et j’y crois plus que ja­mais. »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.