In­croyable couac à la tour Eif­fel

SÉ­CU­RI­TÉ. C’est un exer­cice de sé­cu­ri­té mal in­ter­pré­té par un em­ployé qui est à l’ori­gine de l’éva­cua­tion de plus d’un mil­lier de vi­si­teurs de la Dame de fer ven­dre­di soir.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - CÉ­LINE CAREZ

UNE ÉVA­CUA­TION « par er­reur » d’un « gros mil­lier » de per­sonnes. Un em­ployé de la sé­cu­ri­té qui in­ter­prète de tra­vers un exer­cice. Et la tour Eif­fel fer­mée pen­dant quatre heures… Hier, la di­rec­tion de la Dame de fer a lan­cé une en­quête in­terne après l’éva­cua­tion en ur­gence du mo­nu­ment ven­dre­di soir. Les di­ri­geants de la Sete (So­cié­té d’ex­ploi­ta­tion de la tour Eif­fel, so­cié­té d’éco­no­mie mixte dont le ca­pi­tal est dé­te­nu à 60 % par la Ville de Pa­ris) vont de­voir se pen­cher sur cet énorme couac.

Ce ven­dre­di, vers 19 heures, alors que la tour Eif­fel ac­cueillait ses quelque 25 000 vi­si­teurs quo­ti­diens, dont plus d’un mil­lier en­core avant sa fer­me­ture à mi­nuit, ses ser­vices de sé­cu­ri­té ont di­li­gen­té en in­terne un exer­cice gran­deur na­ture in­ti­tu­lé « dé­cou­verte d’un co­lis sus­pect ». « Comme nous en fai­sons tous les jours », ex­plique Anne Yan­nic, di­rec­trice des lieux. « Ils ont ef­fec­ti­ve­ment des pro­to­coles de sé­cu­ri­té très stricts », confirme une source po­li­cière. Sauf que la si­mu­la­tion a dé­ra­pé. Un em­ployé de la sé­cu­ri­té char­gé de sur­veiller les ra­dio­gra­phies des ba­gages « qui en rem­pla­çait un autre et par­lait mal le fran­çais », s’agace une source proche du dos­sier, a pris la si­mu­la­tion pour un dan­ger réel. Il a vu sur son écran l’image fic­tive du co­lis sus­pect et a dé­clen­ché l’éva­cua­tion d’ur­gence.

Ré­sul­tat : les sol­dats de l’opé­ra­tion Sen­ti­nelle qui pa­trouillaient dans le sec­teur ont été mo­bi­li­sés pour éva- cuer les vi­si­teurs « dans une grande confu­sion », note un rap­port de la mai­rie de Pa­ris. D’im­por­tants ren­forts po­li­ciers ont éga­le­ment été ap­pe­lés sur place. « On a un peu autre chose à faire, re­marque un po­li­cier. Ce se­rait bien que la tour Eif­fel s’oc­cupe cor­rec­te­ment de ses ser­vices de sé­cu­ri­té. »

Anne Yan­nic ré­fute tout « bug » mais re­con­naît « un exer­cice qui a été mal com­pris par une per­sonne en poste ». En re­vanche, le pré­sident de la Sete, Ber­nard Gau­dillère, éga­le­ment conseiller de Pa­ris, joint par l’AFP ven­dre­di soir, évo­quait un « co­lis pié­gé ». « Il n’y a ja­mais eu de co­lis pié­gé », re­cadre Anne Yan­nic qui re­grette « une ré­ponse un peu ra­pide » d’un pré­sident « un peu loin des choses ». Les dé­mi­neurs n’ont d’ailleurs ja­mais été ap­pe­lés.

De son cô­té, la mai­rie du VIIe, com­pé­tente géo­gra­phi­que­ment, a re­çu l’alerte en di­rect de cet « in­ci­dent re­gret­table », note Phi­lippe Val­li. Le di­rec­teur de ca­bi­net de Ra­chi­da Da­ti, maire du VIIe ar­ron­dis­se­ment, re­grette aus­si ces « cour­riers de tou­ristes se plai­gnant de dif­fi­cul­tés avec cer­tains agents de la tour Eif­fel ne par­lant pas fran­çais ». Sur ce point, Anne Yan­nic ne « veut pas stig­ma­ti­ser une per­sonne ». La di­rec­trice de la tour Eif­fel es­time qu’« une consigne mal com­prise, ça peut ar­ri­ver » et au fi­nal « pré­fère avoir éva­cué pour rien ».

Il a vu sur son écran l’image fic­tive du co­lis sus­pect et a dé­clen­ché l’éva­cua­tion d’ur­gence

Ven­dre­di vers 19 heures, alors que la tour Eif­fel était éva­cuée, des ren­forts po­li­ciers ont été ap­pe­lés sur place. « On a un peu autre chose à faire », s’agace un po­li­cier.

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