Il bâ­tit un hô­tel de ses propres mains

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - For­bach (Mo­selle) De notre cor­res­pon­dant PIERRE ROEDER

A SA PLACE, d’autres au­raient pro­ba­ble­ment re­non­cé. Mais Mi­chelAn­ge­lo Va­len­za, 67 ans, pro­prié­taire d’une pe­tite piz­ze­ria qu’il a ins­tal­lée dans un an­cien corps de ferme qui tom­bait en ruine, n’est pas du genre à re­cu­ler. Au dé­but des an­nées 2000, il fait l’ac­qui­si­tion d’un ter­rain sur le tech­no­pôle de For­bach (Mo­selle), à proxi­mi­té de l’au­to­route qui mène à la fron­tière al­le­mande. « Je ne sa­vais qu’en faire. Un beau jour, j’ai eu l’idée d’y construire un mo­tel car il se trouve près de grosses en­tre­prises sus­cep­tibles de louer des chambres », ex­plique Mi­chel-An­ge­lo.

Construit pour ses filles

Il dé­marche les banques, qui ne croient pas en son pro­jet et re­fusent una­ni­me­ment de lui consen­tir un prêt. Le piz­zaïo­lo dé­cide alors de se lan­cer seul, à son rythme et avec ses éco­no­mies.

Le per­mis de construire est dé­li­vré en 2002. De­puis, tous les jours, il se rend sur le chan­tier, bâ­tis­sant un hô­tel de 30 chambres avec seule­ment l’aide de Mo­nique, son épouse, et d’Elo­die et Aline, ses deux filles. Ac­trices im­por­tantes du dé­fi, elles ont char­rié des mètres cubes de bé­ton, po­sé du car­re­lage, sou­le­vé les lin­teaux… « Elles doivent en­core ve­nir re­peindre la ba­lus­trade. Il se­rait d’ailleurs temps qu’elles s’y met- tent », sou­rit Mi­chel-An­ge­lo, conscient des sa­cri­fices consen­tis.

Au­jourd’hui, l’hô­tel des 4 Vents est par­fai­te­ment vi­sible à l’en­trée du tech­no­pôle de For­bach avec sa fa­çade rouge. Mi­chel n’a plus qu’à po­ser les der­niers joints du car­re­lage, les portes de douche et com­man­der literie, meubles et té­lé­vi­seurs. Des dé­tails qui n’en sont pas quand on doit, comme lui, gé­rer un res­tau­rant, mais il l’as­sure, il en vien­dra à bout. L’hô- tel doit en­fin pas­ser l’épreuve de la com­mis­sion de sé­cu­ri­té. Il af­firme être dans l’im­pos­si­bi­li­té de chif­frer les sommes in­ves­ties. L’ou­ver­ture de l’hô­tel se fe­ra « pro­chai­ne­ment », mais la date n’est pas en­core fixée. Mi­chel-An­ge­lo sait en re­vanche qu’il n’en se­ra pas aux com­mandes. « Pas à mon âge, ce sont mes filles qui l’ex­ploi­te­ront. J’ai construit cet hô­tel pour elles », ex­plique-t-il.

For­bach (Mo­selle), le 1er août. Mi­chel-An­ge­lo Va­len­za a mis près de quinze ans pour ve­nir à bout de la construc­tion de son hô­tel de 30 chambres si­tué sur le tech­no­pôle de la ville.

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