L’autre pas­sion de Cé­line Go­ber­ville

Aujourd'hui en France - - AUTOUR DES JEUX - Rio (Bré­sil) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux Cé­line Go­ber­ville STÉPHANE BIANCHI

ELLE NE SE SOU­VIENT PAS de la date. « Juste que c’était un di­manche ! » Mais contrai­re­ment aux ap­pa­rences, Cé­line Go­ber­ville n’a rien ou­blié de ce 29 juillet 2012. Ce jour où elle a dé­cro­ché cette mé­daille d’ar­gent, la pre­mière du clan fran­çais aux JO de Londres, qui l’a ren­due cé­lèbre bien au-de­là des 10 m de son pas de tir au pis­to­let. Elle se sou­vient de « cette sur­prise re­çue en pleine fi­gure » et de « la dé­fer­lante de mi­cros et de ca­mé­ras. » Quatre ans après, elle garde aus­si un sou­ve­nir pré­cis des tit r es de Ca­mille Muf­fat sur 400 m et de la vic­toire du re­lais 4 x 100 mas­cu­lin d’un Agnel stra­to­sphé­rique. « Il s’en est fal­lu de quelques heures pour que je passe to­ta­le­ment in­aper­çue », sou­rit-elle dans une dé­con­cer­tante lu­ci­di­té. La pers­pec­tive, dit-elle, ne l’au­rait pas dé­ran­gée plus que cela. « Mon but n’est pas d’être cé­lèbre. Si j’avais été at­ti­rée par la lu­mière, j’au­rais fait autre chose que du tir. L’ano­ny­mat me va bien, ce qui m’in­té­resse, c’est de faire connaître ma dis­ci­pline. »

Le tir bien sûr, mais la Fran­çaise pour­rait ajou­ter le che­val, elle qui avoue se consa­crer « 50 % au tir et 50 % à l’équi­ta­tion. » Pour­tant, la na­tive de Sen­lis, dans l’Oise, le sait : les deux dis­ci­plines qui rythment son exis­tence sont a prio­ri in­com­pa­tibles. « Bien sûr, je prends un risque à chaque fois que je monte, convien­telle. Mais j’ai dé­ci­dé de le prendre car j’ai be­soin de ça pour mon équi­libre. » Tous les jours, elle passe au mi­ni­mum trois heures avec Shei­tan et Ti­delle, ses deux che­vaux qu’elle en­fourche lors des concours d’obs­tacles et d’en­du­rance aux­quels elle par­ti­cipe ré­gu­liè­re­ment à l’éche­lon ré­gio­nal.

« Pour l’ins­tant, il n’y a ja­mais eu de ca­tas­trophe, sou­rit-elle. Même quand je suis tom­bée, je ne me suis ja­mais bles­sée. Je pense que tant que ça n’ar­ri­ve­ra pas, per­sonne (NDLR : à la Fé­dé­ra­tion de tir) ne me di­ra rien. » En­core plus si, quatre ans après avoir ra­me­né la seule mé­daille du tir fran­çais à Londres, Cé­line Go­ber­ville re­met­tait ça au­jourd’hui sur le sol bré­si­lien dans l’épreuve du tir à 10 m.

Mais rien ne semble pou­voir in­ci­ter Cé­line Go­ber­ville à chan­ger sa fa­çon de voir la vie. « De toute fa­çon, mon am­bi­tion n’est pas de me faire de l’ar­gent, glisse celle qui fut por­te­dra­peau aux pre­miers Jeux eu­ro­péens à Ba­kou en 2015. Juste de pou­voir vivre de ma pas­sion au quo­ti­dien. » Ses pas­sions plu­tôt !

« Si j’avais été at­ti­rée par la lu­mière, j’au­rais fait autre chose que du tir »

En temps nor­mal, Cé­line Go­ber­ville passe au moins trois heures par jour avec ses che­vaux. Cette spé­cia­liste du tir au pis­to­let à 10 m avait dé­cro­ché la pre­mière mé­daille fran­çaise aux JO de 2012, elle était en ar­gent.

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