Une vie plein sport

C’était son der­nier Tour de France cette an­née, mais Gé­rard Holtz en­vi­sage dé­jà une re­traite ac­tive en Ita­lie. Avec peut-être moins de sport, mais tou­jours au­tant de pas­sion.

Aujourd'hui en France - - VOTRE SOIRÉE TÉLÉVISION - Propos recueillis par AYMERIC RENOU

n ne l’en­ten­dra plus lan­cer son « Vive le sport ! » à la fin de ses ap­pa­ri­tions té­lé­vi­suelles. Gé­rard Holtz, qui fê­te­ra ses 70 ans en dé­cembre, a dé­fi­ni­ti­ve­ment rac­cro­ché le mi­cro cet été à l’is­sue du Tour de France et qua­rante-quatre ans de car­rière sur le ser­vice pu­blic. On l’a vu, ému et au bord des larmes, ce di­manche 24 juillet, alors qu’il pré­sen­tait la der­nière étape sur les Champs-Ely­sées.

Ex­ces­sif ? Oui, il l’avoue sans mal. « J’ai tou­jours tout fait avec pas­sion, par coup de foudre, par amour. » Gé­rard Holtz est un pas­sion­né ma­la­dif.

OSes souf­frances d’en­fant éle­vé dans le dé­nue­ment et frap­pé d’une ma­la­die qui faillit lui coû­ter la vie lui ont don­né une éner­gie folle, dont il use et abuse dans tout ce qu’il en­tre­prend, le 20 Heures, « Stade 2 », le Pa­ris-Da­kar, le Tour de France et, plus ré­cem­ment, le théâtre.

Une vie éga­le­ment émaillée d’une bonne dose de chance pour ce jour­na­liste spor­tif qui a fait sienne une for­mule de Re­né Char : « Im­pose ta chance, serre ton bon­heur et va vers ton risque. » « J’ai gran­di à Bel­le­ville, dans le pas­sage Ju­lien-La­croix, dans le XXe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris, éle­vé jus­qu’à mes 9 ans par mes grands-pa­rents, car mes pa­rents n’avaient pas as­sez d’ar­gent pour le faire. C’était une en­fance de bon­heur et de pau­vre­té ab­so­lus. Ma­man était ser­veuse au bar le Flo­réal, juste en bas de notre rue sur le bou­le­vard, pa­pa ma­ro­qui­nier dans un pe­tit ate­lier. Je l’ai­dais par­fois à col­ler les bra­ce­lets de montre et j’en por­te­rai un, cou­su en cuir, jus­qu’à ma mort en son hom­mage. » « J’ai failli perdre la vie à 8 ans et de­mi. Mon grand-père m’avait em­me­né au bois de Vin­cennes pour jouer à l’une de ces grosses ba­lan­çoires à double place en acier. Je tombe, sans gra­vi­té, mais la ba­lan­çoire re­vient vers moi et me scalpe lit­té­ra­le­ment le crâne. Je suis opé­ré en ur­gence mais contracte la tu­ber­cu­lose à l’hô­pi­tal Trous­seau, ce qui m’oblige à un long sé­jour de deux ans au sa­na­to­rium du Glan­dier, en Cor­rèze. J’y dor­mais jus­qu’à dix-huit heures par jour pour me re­mettre. La pho­to me montre à 11 ans, tout ra­chi­tique, ac­cro­ché à cette grille et alors que les mé­de­cins avaient pré­ve­nu mes pa­rents que je ne pour­rais ja­mais faire de sport. Je me suis ju­ré que non. »

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