France en état d’ur­gence

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Deau­ville (Cal­va­dos) De notre en­voyé spé­cial Phi­lippe Au­gier, maire de Deau­ville CHARLES SA­PIN

DEAU­VILLE. Son ca­si­no ru­ti­lant, ses pa­ra­sols dé­la­vés et… ses mi­li­taires en armes. Phi­lippe Au­gier, le maire cen­triste de la sta­tion bal­néaire nor­mande, avait jusque-là op­té pour des dis­po­si­tifs de sé­cu­ri­té dis­crets. Puis il y eut les at­taques de Nice et de Saint-Etienne-du-Rou­vray. « J’ai été bou­le­ver­sé par ces at­ten­tats, lâche-t-il. Dé­sor­mais, nous sa­vons que l’im­pen­sable peut sur­ve­nir par­tout et n’im­porte quand. J’ai dû chan­ger de ligne. »

A l’ombre des co­lom­bages de sa mai­rie, Phi­lippe Au­gier dé­taille les pré­cau­tions in­édites mises en place pour le Fes­ti­val des soldes. L’évé­ne­ment à ciel ou­vert at­tire chaque an­née des cen­taines de vi­si­teurs. « Nous avons blo­qué l’ac­cès aux rues avec des voi­tures de la po­lice mu­ni­ci­pale, ren­for­cé les ef­fec­tifs et dis­po­sé des plots de bé­ton un peu par­tout. » Plus que les bonnes af­faires, c’est la sé­cu­ri­té maxi­male que vante la mai­rie sur les ré­seaux so­ciaux. Une soixan­taine de CRS, la garde ré­pu­bli­caine ain­si que des mi­li­taires de l’opé­ra­tion Sen­ti­nelle, sont ve­nus gon­fler les ef­fec­tifs de la Côte fleu­rie.

Chaque ma­ni­fes­ta­tion de l’été a été pas­sée au crible. Lors d’une réunion fin juillet, les or­ga­ni­sa­teurs ont pré­sen­té leur dis­po­si­tif de sé­cu­ri­té au maire, de­vant des re­pré­sen­tants s de l’Etat, de la po­lice, de l’ar­mée et de la gen­da­ren­dar­me­rie. Con­signe a été don­née aux agents mu­ni­ci­paux « de rap­por­ter­ter tout élé­ment ou fait sus­pect, enn le si­gna­lant aux ser­vices de po­li- ce ». Quant aux CRS sau­ve­teurs, c’est le pis­to­let à por­tée de main qu’ils sur­veillent la bai­gnade.

Des com­munes voi­sines ont re­non­cé à leurs fes­ti­vi­tés, mais s pas Deau­ville. « Vu les pré­cauu­tions mises en place, j’ai pris la dé­ci­sion de ne rien an­nu­ler », ree­ven­dique Au­gier.

« Le maire a pris ses res­pon­saa­bi­li­tés, il a to­ta­le­ment rai­son, ap­plau­dit An­toine Sin­ni­ger, le di­rec­teur du Pôle in­ter­na­tio­nal du che­val où était or­ga­ni­sé ce week-end un concours de saut d’obs­tacles. On ne va pas s’ar­rê­ter de res­pi­rer ! » Du pu­blic, An­toine Sin­ni­ger suit l’évo­lu­tion d’un ca­va­lier. Son té­lé­phone l’ar­rache au spec­tacle. « C’était le com­mis­saire de po­lice, on de­vrait avoir une vi­site par­ti­cu­lière. Il nous de­mande de prendre nos pré­cau­tions, j’at­tends une confir­ma­tion. » Il s’agis­sait d’une fausse alerte. Les deux gardes de sé­cu­ri­té pri­vés pos­tés à l’en­trée sont ha ha­bi­tués. « Nous sé­cu­ri­sons les lieux­lie 24 heures sur 24. Con­si­gn signe nous a été don­né de vé­ri­fie ri­fier les sacs de toute per­sonne, ex­plique l’un d’eux. C’est un une de­mande nou­velle, mais les gens ne pro­testent pas. Ils pré pré­fèrent ça. » C Ce cli­mat pe­sant d’in­sé­cu­ri­té pr pré­oc­cupe le maire. « Vous vous l le­vez un ma­tin et, sans rai­son, vo votre ville est en proie aux ru­meurs, ra­conte-t-il. On vous de­mand mande si c’est vrai que la ville est un une cible pri­vi­lé­giée, de sé­cu­ri­se­ri lal plage… Com­ment je fais, moi, pour sé­cu­ri­ser la plage ? On ne va pas contrô­ler les en­trées ! » Dans une ville où l’éco­no­mie dé­pend à 80 % du tou­risme, une ru­meur peut avoir de lourdes consé­quences. Cet été, la clien­tèle étran­gère se fait dé­si­rer. Un res­tau­ra­teur sou­pire : « Il y a peu de gens par rap­port aux autres an­nées. Cer­tains com­mer­çants vont pas­ser un hi­ver dif­fi­cile… » @csa­pin

« Com­ment je fais, moi, pour sé­cu­ri­ser la plage ? »

Deau­ville (Cal­va­dos), ven­dre­di. Dans la sta­tion bal­néaire nor­mande, la sé­cu­ri­té a été ren­for­cée mais les tou­ristes étran­gers se font rares.

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