Un fes­ti­val qui y va fort

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - Ber­nard Goué­rec, maire de Plou­gon­ve­lin NORA MO­REAU

C’EST L’UN des plus beaux sites tou­ris­tiques du Fi­nis­tère. A deux pas de la plage du Trez-Hir (Plou­gon­ve­lin), plan­té sur un îlot ro­cheux et dé­sor­mais so­li­de­ment re­lié à la terre ferme par une pas­se­relle en bé­ton, se trouve l’im­po­sant fort de Ber­theaume, qui do­mine la côte de­puis le XVIIe siècle. Cet édi­fice conçu par Vau­ban en 1689 est dé­sor­mais un spot pri­vi­lé­gié des pas­sion­nés d’es­ca­lade ou des par­cours his­to­riques or­ga­ni­sés par les as­so­cia­tions lo­cales.

Ber­theaume a ce­pen­dant connu une nou­velle jeu­nesse ce week-end. Du­rant trois jours, de ven­dre­di à hier soir, le fes­ti­val Vi­sions, évé­ne­ment dé­fri­cheur de pé­pites élec­tro et rock plu­tôt obs­cures, a po­sé ses va­lises dans sa pre­mière en­ceinte. Près de 4 500 fes­ti­va­liers ont ain­si ar­pen­té jus­qu’à plus de 3 heures du ma­tin l’avant-poste du fort, per­ché à flanc de fa­laise, face au mo­nu­ment his­to­rique. « C’est très rare que l’on per­mette d’or­ga­ni­ser des fes­ti­vals ici, pré­cise Ber­nard Goué­rec, maire de la com­mune. Le fes­ti­val cher­chait un nou­veau site, et on a vou­lu don­ner un coup de main… Mais sé­cu­ri­ser cette zone, c’est tou­jours très com­pli­qué. » Et Eleo­nore, fes­ti­va­lière ha­bi­tant la com­mune, d’ajou­ter : « Fin 1990, j’ai vu So­nic Youth au fort ! Mais ça fait dix ans que je n’avais pas vu de fes­ti­val ici. La der­nière fois, je me sou­viens qu’il y avait Na­da Surf et Kill the Young. Il n’y a ja­mais eu de deuxième édi­tion. Tout sem­blait très com­pli­qué à gé­rer, la sé­cu­ri­té no­tam­ment. »

La sé­cu­ri­té était jus­te­ment le maî- tre mot de l’or­ga­ni­sa­tion de Vi­sions. Quinze pro­fes­sion­nels se sont at­te­lés à pré­ve­nir le moindre pro­blème, des mois avant le fes­ti­val. « Les 200 bé­né­voles ont été brie­fés aus­si, ajoute Ju­liette, de l’or­ga­ni­sa­tion. C’est la pre­mière chose qu’on a faite. » La jauge, qui peut at­teindre 5 000 spec­ta­teurs entre les deux scènes du fort, a elle aus­si été li­mi­tée à 1 500 en­trées par soir. Quatre jours avant le fes­ti­val, la pré­fec­ture du Fi­nis­tère a contac­té Vi­sions et la mu­ni­ci­pa­li­té de Plou­gon­ve­lin pour un ren­for­ce­ment du dis­po­si­tif de sé­cu­ri­té et de se­cours. Un coût sup­plé­men­taire de 5 000 €, que les or­ga­ni­sa­teurs com­prennent bien, mais qui fait mal au porte-mon­naie. Les ho­raires ont tous été mo­di­fiés, dé­ca­lant d’une heure chaque concert et pous­sant la fer­me­ture à 3 heures du ma­tin. « Il a aus­si été conve­nu que le fort ne se­rait pas éclai­ré, ajoute Ber­nard Goué­rec. Il y avait le risque que des gens es­sayent de s’y rendre… » Pour au­tant, contre vents et ma­rées, et même face au pire en­ne­mi du fes­ti­val, la mé­téo, Vi­sions a te­nu bon. Et le fort a fait la fête pen­dant trois jours. En at­ten­dant l’an­née pro­chaine, qui sait ?

« Sé­cu­ri­ser cette zone, c’est tou­jours très com­pli­qué »

Plou­gon­ve­lin (Fi­nis­tère), hier. De­puis ven­dre­di, près de 4 500 per­sonnes ont ar­pen­té, à flanc de fa­laise, l’avant-poste du fort de Ber­theaume (au se­cond plan), tout en re­gar­dant des concerts de pé­pites élec­tro ou rock.

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