Mys­té­rieux Celtes

« Nos an­cêtres les Gau­lois… », pro­cla­maient au­tre­fois les livres d’his­toire. Sauf que d’autres peuples ont aus­si par­ti­ci­pé au fon­de­ment de ce qui se­ra plus tard la France. A com­men­cer par les Celtes.

Aujourd'hui en France - - VOTRE SOIRÉE TÉLÉVISION - MI­CHEL VA­LEN­TIN M.V.

JUS­QU’AU 14 AOÛT, les Celtes sont les rois de Lo­rient (Mor­bi­han), avec plus de 700 000 vi­si­teurs at­ten­dus au Fes­ti­val in­ter­cel­tique. Il y a deux mil­lé­naires, ils étaient les rois de l’Eu­rope ! Du VIIIe au Ier siècle avant notre ère, ils ont en ef­fet oc­cu­pé la ma­jeure par­tie du Vieux Conti­nent, de l’Ir­lande jus­qu’à la Hon­grie et la Rou­ma­nie, et bien en­ten­du ce qui consti­tue­ra plus tard la France.

Pro­ba­ble­ment ori­gi­naires d’Asie mi­neure (lire ci-des­sous), les Celtes nous ont lais­sé un hé­ri­tage à la fois consé­quent et en­core em­pli de mys­tères. Car, l’écri­ture étant in­ter­dite par les druides, ils pos­sé­daient une culture uni­que­ment orale et ne nous ont donc lé­gué au­cun texte. Ce sont donc les té­moi­gnages de leurs voi­sins de l’époque, les Grecs et les Ro­mains, qui sont au­jourd’hui uti­li­sés par les his­to­riens.

Une mo­saïque de peuples

Pis, ils ne s’ap­pe­laient pas Celtes entre eux ! « Dès le VIe siècle avant J.-C., le nom Kel­toi ap­pa­raît dans les textes des Grecs, qui dé­si­gnent par là une mo­saïque de peuples ren­con­trés au gré de leurs échanges com­mer­ciaux sur les marches de la Mé­di­ter­ra­née », rap­pelle Ch­ris­tophe Mi­geon dans « les Celtes, ori­gine, his­toire, hé­ri­tage », un nu­mé­ro spé­cial du ma­ga­zine « Science & Vie »*.

Les Ro­mains la­ti­nisent en­suite le sub­stan­tif en Cel­tae. Ayant eu à su­bir plu­sieurs in­va­sions de leur part, les oc­cu­pants de l’ac­tuelle Ita­lie fi­nissent par mettre au pas leurs re­muants voi­sins. En Gaule, ce­la se passe au IIe siècle avant J.-C., une « nor­ma­li­sa­tion » fa­ci­li­tée par l’ab­sence d’au­to­ri­té cen­trale des tri­bus gau­loises, adeptes de fé­dé­ra­tions mais ré­tives à toute au­to­ri­té cen­trale. La conquête est ache­vée par Jules Cé­sar vers moins 50 avant J.-C. Ce­lui-ci et ses contem­po­rains au­ront beau jeu de trai­ter les vain­cus de bar­bares. La ci­vi­li­sa­tion était pour­tant loin d’être pri­mi­tive. Les tré­sors re­trou­vés dans les tombes, par exemple, montrent un de­gré de so­phis­ti­ca­tion éle­vé dans le tra­vail des mé­taux ou des bi­joux. De même, les Celtes, et donc les Gau­lois, ne vi­vaient pas tous dans de pe­tits vil­lages per­dus dans la fo­rêt. Avant l’oc­cu­pa­tion ro­maine, beau­coup ré­si­daient aus­si dans des ag­glo­mé­ra­tions ur­baines for­ti­fiées, les op­pi­da. En­fin, les femmes n’étaient pas toutes sous la coupe des hommes et il semble que cer­taines d’entre elles aient dé­te­nu des pou­voirs po­li­tiques, voire guer­riers, consi­dé­rables. * juillet 2014, 5,95 €. L’hy­po­thèse la plus pro­bable sur l’ori­gine des Celtes les fait des­cendre des tri­bus in­do-eu­ro­péennes qui, au dé­but de l’âge du fer, vers - 2000 à - 1000 avant J.-C., se sont ins­tal­lées sur une grande par­tie de l’Eu­rope, mais aus­si de l’Asie Mi­neure ou de l’Inde. Ar­ri­vant de l’Est et à tra­vers la conquête des oc­cu­pants de ce qui se­ra plus tard la France ou en se mé­lan­geant à eux — sans doute les deux à la fois —, les Celtes s’ins­tallent du­ra­ble­ment. De­ve­nus gal­lo­ro­mains après la conquête ro­maine, les Celtes re­ce­vront un sang neuf in­at­ten­du vers le Ve siècle après J.-C. : chas­sées par l’ar­ri­vée des Angles, des Saxons et des Jutes dans l’ac­tuel Royaume-Uni, des po­pu­la­tions celtes fran­chissent la Manche et viennent s’ins­tal­ler en Bre­tagne.

Vase de terre cuite à fi­gures rouges (350-300 avant J.-C.) pro­ve­nant de Pru­nay (Marne).

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.