Apple et Google, les vrais ga­gnants

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - VIC­TOR TASSEL

SE­LON LES PRE­MIÈRES es­ti­ma­tions d’ana­lystes amé­ri­cains, Po­ké­mon Go pro­dui­rait un chiffre d’af­faires de 200 M€ dans le monde, avec plus de 100 mil­lions de té­lé­char­ge­ments en un mois. Il de­vrait at­teindre près de 1 Md€ d’ici à dé­cembre. A qui pro­fite ce pac­tole ?

Jack­pot pour les pro­prié­taires du jeu… Nian­tic Labs et Po­ké­mon Com­pa­ny sont les deux dé­ve­lop­peurs du jeu. L’an der­nier, Nian­tic a sou­le­vé en­vi­ron 20 M$ (18,2 M€) au­près de trois in­ves­tis­seurs : Nintendo, Po­ké­mon Com­pa­ny et Google, où il a fait par­tie de l’in­cu­ba­teur. La Po­ké­mon Com­pa­ny, qui gère tous les pro­duits sous li­cence Po­ké­mon, est dé­te­nue à la hau­teur de 32 % par Nintendo. En clair, Nintendo et Goo- gle ont leur part du gâ­teau de ma­nière in­di­recte. Le géant ja­po­nais a aus­si an­non­cé le lan­ce­ment en sep­tembre du Po­ké­mon Go Plus, un bra­ce­let connec­té par Blue­tooth au smart­phone, qui vibre lorsque le chas­seur s’ap­proche d’un Po­ké­mon. Son prix : entre 30 et 40 €.

… et les plates-formes de té­lé­char­ge­ment. Po­ké­mon Go est une ap­pli­ca­tion gra­tuite ba­sée sur le mo­dèle de pay-to-win (payer pour ga­gner). Elle pro­pose des achats in­té­grés pour per­mettre d’évo­luer plus vite dans le jeu. Pour ache­ter les Po­ké­pièces, il faut pas­ser par l’App Store, ou le Play Store de Google, pour les smart­phones An­droid. Chaque jour, ces achats re­pré­sen­te­raient 1,5 M$ (1,3 M€) rien qu’aux Etats- Unis se­lon Sen­sor To­wer, une so­cié­té d’ana­lyse amé­ri­caine. Une bonne af­faire pour Apple et Google qui touchent un pour­cen­tage de 30 % sur les re­ve­nus de l’ap­pli­ca­tion. « Avec le phé­no­mène Po­ké­mon, il s’est pas­sé quelque chose d’in­croyable », s’est en­flam­mé Tim Co­ok, le PDG d’Apple, lors­qu’il a an­non­cé la se­maine der­nière un re­cord de re­ve­nus pour l’App Store en juillet, avec 50 Mds$ ( 45,5 Mds€) re­ver­sés aux dé­ve­lop­peurs de­puis sa créa­tion.

Des Po­ké­mon pour at­ti­rer les clients. Le mo­dèle éco­no­mique de Nian­tic re­pose aus­si sur les par­te­na­riats. Le dé­ve­lop­peur pro­pose de faire payer des res­tau­rants, des bou­tiques, pour lo­ca­li­ser des Po­ké­mon dans leurs lo­caux afin d’at­ti­rer des clients. Au Ja­pon, McDo­nald’s a si­gné un ac­cord. Aux Etats-Unis, des res­tau­rants ont payé des abon­ne­ments de 10 ou 20 €.

Les en­seignes en pro­fitent. Mo­no­prix a été dé­pas­sé lors de sa dis­tri­bu­tion du Kit du dres­seur le 22 juillet dans son ma­ga­sin Saint-Mi­chel à Pa­ris. But offre un bon d’achat de 200 € aux deux pre­miers dres­seurs qui at­trapent un Po­ké­mon dans ses ma­ga­sins. Bou­lan­ger (spé­cia­liste du high­tech) pro­pose en tête de gon­dole des pe­tites bat­te­ries re­char­geables de té­lé­phone, car l’ap­pli­ca­tion est gour­mande en éner­gie. En­fin Car­re­four pro­met des « goo­dies » (bonnes sur­prises) à ceux qui cap­turent des Po­ké­mon dans ses su­per­mar­chés.

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