Avec lui, le sport c’est par­tout

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - CLAUDE MASSONNET

ILS COURENT au­tour du square puis sou­dain stoppent, se jettent sur un banc de pierre et font des flexions de jambe. Puis ils re­partent en cou­rant, avant de se sus­pendre à la branche pro­vi­den­tielle d’un arbre pour dix trac­tions. Ce sont les adeptes du « cross trai­ning camp » (lit­té­ra­le­ment : en­traî­ne­ment croi­sé à la cam­pagne) ima­gi­né par le pré­pa­ra­teur phy­sique Thier­ry Rou­dil pour ses étu­diants en Staps (sciences et tech­niques des ac­ti­vi­tés phy­siques et spor­tives) à l’uni­ver­si­té de Mont­pel­lier (Hé­rault) et… pour les nou­veaux fans.

Car la pra­tique du « mul­ti­sport n’im­porte où » gagne du ter­rain. « On re­fuse du monde à cha­cune de nos sor­ties. Au-des­sus de 30 per­sonnes, c’est in­gé­rable », ex­plique-t-il. « In­utile de rou­ler en voi­ture pen­dant 5 km pour al­ler à la salle de gym. Les ins­tru­ments de mus­cu­la­tion sont par­tout, en bas des im­meubles, à la cam­pagne, en ville, dans la na­ture. Une branche d’arbre ? Par­fait pour tra­vailler le haut du corps. Un banc ? Idéal pour tra­vailler les ab­dos en équi­libre sur les fesses, jambes flé­chies », dé­taille ce pas­sion­né, qui pro­pose de la nou­veau­té et du di­ver­tis­se­ment aux jog­gers qui tournent en rond le ma­tin ou le soir.

Faire de son en­vi­ron­ne­ment un ter­rain d’en­traî­ne­ment

« C’est un chan­ge­ment ra­di­cal. On sol­li­cite tous les groupes mus­cu­laires, contrai­re­ment à la course à pied ou au vé­lo où l’on fait tra­vailler sur­tout les jambes. Et en plus, c’est très lu­dique et on est au grand air, qu’il pleuve ou qu’il vente. On n’est pas de­vant le mi­roir de la salle de fit­ness à ad­mi­rer la taille de ses bi­ceps » s’ex­clame Paul Be­na­zech, 61 ans, qui a aban­don­né le foo­ting clas­sique et le vé­lo pour cette nou­velle ac­ti­vi­té, as­so­ciée à du sea fit­ness (tra­vail phy­sique dans l’eau de mer) dans le même es­prit de sport na­ture. « Dans les an­nées 1970, j’avais re­joint l’en- traî­ne­ment des dé­cath­lo­niens po­lo­nais qui étaient alors les meilleurs du monde. Ils n’avaient stric­te­ment rien pour s’en­traî­ner. Ils par­taient le ma­tin au pas de course, une pe­tite perche sur l’épaule. Et ils s’en­traî­naient avec ce qui se pré­sen­tait à eux : un ruis­seau à sau­ter, des troncs d’arbres cou­chés. Per­sonne n’ar­ri- vait à les suivre », ra­conte Thier­ry Rou­dil, qui a en­suite trans­po­sé ce trai­ning d’op­por­tu­ni­té dans la pré­pa­ra­tion phy­sique des rug­by­men géor­giens ou ukrai­niens. Avant d’in­ci­ter tout le monde, à tout âge, à faire du sport avec tout ce qui se pré­sente.

Car­non-Plage (Hé­rault), sa­me­di. Thier­ry Rou­dil (deuxième à par­tir de la gauche) a mis au point une mé­thode d’en­traî­ne­ment avec comme agrès… les moyens du bord..

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