Phelps, lé­gende éter­nelle

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - Rio Pro­pos recueillis par É.B. Rio Mi­chael Phelps, en or sur le 4 x 100 m É.B.

consul­tant ca­nal +, 8 mé­dailles in­ter­na­tio­nales en re­lais JUS­QU’À sa re­traite après les JO 2012, Alain Ber­nard a été l’un des pi­liers du re­lais 4 x 100 m. Le cham­pion olym­pique du 100 m (2008), es­père que le dé­part de Fa­bien Gi­lot ne mar­que­ra pas la fin d’une ère.

Les Fran­çais peuvent-ils avoir des re­grets ?

ALAIN BER­NARD. Je n’ai pas de goût d’amer­tume. Une com­po­si­tion de re­lais et un ordre ne sont ja­mais fa­ciles à faire. Ils sont trois sur quatre à avoir fait leur meilleur temps ou presque. Fa­bien (Gi­lot) a eu un peu plus de dif­fi­cul­tés à ma­gni­fier sa course, comme il nous a très bien ha­bi­tués de­puis quatre ans. Il a été l’un des pi­liers chro­no­mé­triques de­puis 2012. Il a fait des trucs de fou et on a ten­dance à le ba­na­li­ser. Il a eu un rôle im­por­tant dans les jours et mi­nutes qui ont pré­cé­dé la fi­nale. Il a ce rôle de grand frère et de lea­deur, ce n’est pas né­gli­geable.

Etait-il pos­sible de faire sans lui ?

Si le ma­tin il avait dit : « Je suis cra­mé, je ne me sens pas ca­pable de faire mieux, je laisse ma place », il l’au­rait dit. Il se sen­tait sû­re­ment ca­pable de faire mieux. Le ma­tin, ce n’était pas ex­tra­or­di­naire, je l’ai sen­ti un peu plus cris­pé. Mais les Amé­ri­cains ont été plus forts. Per­sonne ne s’at­ten­dait à ce que Phelps nage en 47’’12. La dif­fi­cul­té, c’est d’ana­ly­ser une per­for­mance dans sa glo­ba­li­té. Le re­lais a na­gé plus vite qu’aux Mon­diaux 2015, c’est ça qu’il faut voir.

Qui va prendre les rênes du re­lais ?

Ne dé­si­gnons pas un lea­deur, ce­la se fe­ra na­tu­rel­le­ment. Les ca­rac­tères vont s’af­fir­mer ou pas. J’es­père qu’ils au­ront à coeur de prendre leur re­vanche aux Mon­diaux 2017. Ce se­rait dom­mage de voir mou­rir ce re­lais, avec les ca­pa­ci­tés de cha­cun ! Ce n’est pas comme le 4 x 200 m qui est un peu plus faible. Ils ont fait quelque chose d’ex­tra­or­di­naire aux JO de Londres (NDLR : ar­gent) avec un Yannick Agnel épous­tou­flant, mais il n’y a pas la même âme. SUR LA PLUS HAUTE MARCHE du po­dium, Mi­chael Phelps ir­ra­die de bon­heur avec ses ca­ma­rades (Dres­sel, Held et Adrian) du re­lais 4 x 100 m amé­ri­cain, vain­queur de­vant la France et l’Aus­tra­lie. Dans ses yeux brillent plus d’étoiles que sur le dra­peau des Etats-Unis… La lé­gende de l’olym­pisme sa­voure comme ra­re­ment sa 19e mé­daille d’or de­puis douze ans. Comme un ga­min far­ceur, ra­vi d’avoir joué un bon tour à ceux qui pen­saient — un peu trop vite — qu’il se­rait le point faible du qua­tuor de l’Oncle Sam. « En mon­tant sur le plot, j’ai cru que mon coeur al­lait ex­plo­ser contre ma poi­trine, sou­rit-il. C’était un som­met d’ex­ci­ta­tion. Je vou­lais don­ner tout ce que je pou­vais pour mettre les autres dans de bonnes condi­tions. » Et même à 31 ans, même en « pré­re­traite » — il rac­cro­che­ra après les Jeux —, Phelps a en­core beau­coup à don­ner.

« Je suis fier que la mé­daille re­vienne chez nous »

Di­manche soir, il a na­gé dans les eaux des meilleurs sprin­teurs avec le 4e temps lan­cé (47’’12 contre 46’’97 à Adrian, 47’’00 à McE­voy, 47’’11 à Stra­vius… et 47’’14 à Ma­nau­dou). Pas mal pour quel­qu’un qui ne pra­tique plus la dis­ci­pline et n’avait au­cune ré­fé­rence cette sai­son… Sur­tout, sa longue cou­lée à la sor­tie du vi­rage res­te­ra une image forte des Jeux. Sous l’eau, le pro­té­gé de Bob Bow­man file à la vi­tesse de l’éclair et laisse sur place le mal­heu­reux Gi­lot.

Une belle re­vanche, quatre ans après avoir lais­sé aux Tri­co­lores l’or lon­do­nien. « Nous vou­lions ra­me­ner ce titre en re­lais sur le sol amé­ri­cain, souffle le na­geur de Bal­ti­more. Nous avions un goût amer dans la bouche en 2012, en tout cas en ce qui me concerne. Et je suis fier que, pour le der­nier re­lais 4 x 100 m de ma car­rière, la mé­daille re­vienne chez nous. »

Chez lui, Phelps ne sait plus où mettre toutes ces ré­com­penses. Six en or gla­nées à Athènes (2004), huit à Pé­kin (2008), quatre à Londres (2012) et dé­sor­mais une à Rio. Le porte-dra­peau des Etats-Unis a en­core trois épreuves in­di­vi­duelles (200 m pa­pillon, dont il dis­pu­tait les de­mi-fi­nales la nuit der­nière, 100 m pa­pillon et 200 m 4 nages) pour faire ré­son­ner « The Star-Span­gled Ban­ner » dans le ciel bré­si­lien…

Rio (Bré­sil), hier. Sur le po­dium, Meh­dy Me­tel­la, Fa­bien Gi­lot, Florent Ma­nau­dou et Jé­ré­my Stra­vius (de g. à dr.) ne sa­vaient pas trop quoi pen­ser de cette mé­daille d’ar­gent.

Rio (Bré­sil), hier. Après son re­lais, Mi­chael Phelps en­cou­rage ses par­te­naires lors de la fi­nale du 4 x 100 m qui va lui ap­por­ter une 19e mé­daille d’or olym­pique.

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