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Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - Rio ÉRIC MI­CHEL Rio

A Londres, il avait te­nu dix mi­nutes !

Les Jeux ne lui ont pour­tant pas tou­jours sou­ri. A Londres, en 2012, alors qu’il était dé­jà vi­ce­cham­pion du monde, il n’était res­té que dix mi­nutes sur la piste, sor­ti en larmes au pre­mier tour par un Nor­vé­gien in­con­nu. « C’est comme si tu ve­nais pour ache­ter une Fer­ra­ri et que tu re­par­tais avec une 4L. J’étais là pour la mé­daille d’or et, à 10 heures du ma­tin, c’était dé­jà fi­ni », se re­mé­more-t-il. A Rio, Gau­thier Gru- mier es­père voir le so­leil se cou­cher avant de re­ti­rer son masque. Un masque qu’il garde sym­bo­li­que­ment en toutes cir­cons­tances car l’homme, pa­pa d’un pe­tit Gas­pard de­puis peu, reste se­cret. « L’es­crime, on en parle seule­ment tous les quatre ans. On parle aus­si de moi parce qu’il y a cette at­tente, mais je ne cours pas après ça. Je n’aime pas être dans la lu­mière. Je suis concen­tré sur ce que j’ai à faire. Le reste… » Il n’y pense pas. C’est peut-être en se ré­veillant ce ma­tin qu’il s’est aper­çu que c’était le jour J. Pen­dant des mois, il a es­sayé de l’ou­blier. « Avant Londres, je comp­tais les heures avant le ren­dez-vous. C’était ob­ses­sion­nel. Là, j’ai es­sayé de me dé­tendre avec ma fa­mille en évi­tant les ques­tions qui pou­vaient me plon­ger dans le doute. » EN DIRECT * Après Gas­ton Ali­bert (1908), Ar­mand Mas­sard (1920), Lu­cien Gau­din (1928), Phi­lippe Boisse (1984) et Eric Sre­cki (1992). LE SOBRIQUET au­rait pu lui dé­plaire. Mais De­nis Gar­gaud n’est pas du genre à s’of­fus­quer de la réa­li­té, aus­si dou­lou­reuse soit-elle. « Pour­quoi se­rais-je aga­cé d’être qua­li­fié d’hé­ri­tier de To­ny (Es­tan­guet) ? C’est au contraire flat­teur. Ce se­rait men­tir de dire que je n’ai pas un peu de lui en moi. » Vivre dans l’ombre de la star du ca­noë tri­ple­ment sa­crée aux Jeux (2000, 2004, 2012) n’a pour­tant pas été un long fleuve tran­quille pour Gar­gaud. « Ça a été très dur à vivre », convient le Mar­seillais, en ré­fé­rence aux JO de Londres qu’il a ra­tés au pro­fit de son aî­né. « C’était comme si on avait deux Ma­nau­dou sur 50 m, mais qu’un reste à la mai­son. Je l’ai vé­cu comme un deuil ! J’ai re­mis en cause les gens qui m’avaient ac­com­pa­gné, le sys­tème fé­dé­ral… C’est une dou­leur pro­fonde dont je panse en­core les plaies. »

A l’époque, il est même à deux doigts de rac­cro­cher mais se ra­vise et se fixe l’ob­jec­tif d’al­ler cher­cher l’or à Rio. N’est-ce pas un poids trop lourd à por­ter pour ses pre­miers Jeux ? ET SI CLA­RISSE AG­BE­GNE­NOU ap­por­tait au ju­do fran­çais sa pre­mière mé­daille d’or ? Bien qu’elle dé­couvre les Jeux, la de­moi­selle de 23 ans a le po­ten­tiel pour ga­gner. Un ta­lent monstre — elle a dé­jà dé­cro­ché trois mé­dailles mon­diales dont l’or en 2014 — et un cu­lot qui lui per­met d’éva­cuer la pres­sion. « Pour­quoi me mettre des bar­rières ? clame-telle. Quand j’ai été mé­daillée d’ar­gent

« Je suis ac­cro à tout ce qui me met un peu en dan­ger »

A l’épée, Gau­thier Gru­mier est, se­lon ses propres mots, l’« ul­tra-fa­vo­ri » pour la mé­daille d’or. le­pa­ri­sien.fr Sui­vez la jour­née de com­pé­ti­tion à par­tir de 15 heures

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