Le pe­tit-fils d’Ed­dy Mer­ckx joue pour l’Ar­gen­tine

Aujourd'hui en France - - AUTOUR DES JEUX - Rio de Ja­nei­ro (Bré­sil) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux ÉRIC MI­CHEL

IL S’AP­PELLE Lu­ca Mas­so. Il a 22 ans et dis­pute, en tant que ré­ser­viste, les Jeux avec l’équipe d’Ar­gen­tine de ho­ckey. Jusque-là, rien d’ex­tra­or­di­naire. « Mon oncle Axel a dé­jà ga­gné une mé­daille olym­pique*. J’ado­re­rais en ra­me­ner une autre dans la fa­mille. On a une sorte de gène qui fait qu’on réus­sit as­sez bien dans le sport », sou­rit le jeune ho­ckeyeur.

Lu­ca est le fils du ten­nis­man ar­gen­tin Eduar­do Mas­so (52 ans), 32e de fi­na­liste à Ro­land-Gar­ros en 1988 et na­tu­ra­li­sé belge la même an­née. Sa ma­man s’ap­pelle Sa­bri­na : elle est la fille aî­née d’un des plus grands cham­pions de t ous l es temps. Car Lu­ca Mas­so est le pe­tit­fils d’Ed­dy Mer­ckx, le quin­tuple vain­queur du Tour de France. « Si on ne me le de­mande pas, je ne dis ja­mais qu’il est mon grand-père. Per­sonne ne m’en parle. Je n’ai pas le même nom, je ne fais pas le même sport. On ne cherche pas à me com­pa­rer. C’est bien comme ça », ra­conte l’at­ta­quant des Wa­ter­loo Ducks.

L’aî­né des pe­tits-en­fants du Can­ni­bale pra­tique un sport po­pu­laire au plat pays. « C’est un sport que j’ai pra­ti­qué après avoir com­men­cé le foot. J’ai sui­vi mes co­pains et j’ai tout de suite ado­ré ça. Il y a un bel es­prit d’équipe, beau­coup plus que dans le vé­lo. Cette phi­lo­so­phie me plaît. »

Son grand-père vou­lait qu’il soit foot­bal­leur

Sa grand-mère, Clau­dine Mer­ckx, n’a pas vou­lu qu’il fasse du vé­lo pour qu’on ne lui rap­pelle ja­mais sa fi­lia­tion. Son grand-père vou­lait qu’il soit foot­bal­leur. Lu­ca a choi­si le ho­ckey, mais il lui ar­rive de dé­fier son pa­py à vé­lo. Au sprint, il gagne par­fois. En en­du­rance, Mer­ckx reste le plus fort, à 70 ans.

Père ar­gen­tin, mère belge, son pe­tit-fils a la double na­tio­na­li­té et a com­men­cé à jouer pour la Bel­gique. « J’ai fait les Mon­diaux des moins de 21 ans. L’an­née der­nière, on m’a fait com­prendre que les places pour Rio étaient fer­mées. Mon grand-père m’a ai­dé avec son vé­cu à pas­ser ce cap dif­fi­cile. » Il y a un an, le Bruxel­lois a re­çu un ap­pel qui a chan­gé sa vie : « Le coach ar­gen­tin m’a de­man­dé de le re­joindre afin d’al­ler aux Jeux dès cette an­née sans at­tendre 2020 avec les Belges. Eux m’ont don­né leur feu vert. Mon père, qui a fait le che­min in­verse, m’a sou­te­nu. »

Son grand-père, le plus grand cham­pion belge de tous les temps, n’en a pas pris om­brage non plus. Il lui a don­né sa bé­né­dic­tion de­vant un des matchs de Ligue des cham­pions que les deux sup­por­teurs d’An­der­lecht suivent en­semble. « Je reste un fan de foot et, avec mes deux ori­gines, je suis gâ­té, glisse Lu­ca. Quand il y a Ar­gen­tine - Bel­gique, je suis pour… l’Ar­gen­tine. Ça a tou­jours été comme ça, même avant de por­ter le maillot ciel et blanc. » *Axel Mer­ckx a rem­por­té le bronze dans la course en ligne à Athènes en 2004.

Rio de Ja­nei­ro (Bré­sil), le 2 août. Lu­ca Mas­so, 22 ans, bé­né­fi­cie de la double na­tio­na­li­té. Re­ca­lé par l’équipe belge, le pe­tit-fils d’Ed­dy Mer­ckx a été ap­pro­ché par sa se­conde pa­trie il y a un an. Une belle sur­prise pour ce grand fan de l’Al­bi­ce­leste.

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