Des globe-trot­teurs au poil

FRANCE 5. Voya­ger sans ar­gent et, au dé­but, car­ré­ment sans vê­te­ments. C’est le drôle de pos­tu­lat de « Nus et cu­lot­tés », qui re­prend ce soir. Ses deux ani­ma­teurs nous ra­content leurs sou­ve­nirs les plus mar­quants.

Aujourd'hui en France - - LOI­SIRS ET SPEC­TACLES - Pro­pos re­cueillis par CA­RINE DI­DIER

IL FAUT S’AT­TENDRE À TOUT avec Nans Tho­mas­sey et Guillaume Mou­ton, alias Nans et Mouts. De re­tour à par­tir de ce soir sur France 5 (à 20 h 50) pour trois ex­pé­di­tions in­édites, le duo de glo­be­trot­teurs de « Nus et cu­lot­tés » va ten­ter cette fois en­core de réa­li­ser des rêves un peu fous : construire un igloo en Au­triche (au­jourd’hui), faire griller des Cha­mal­lows sur un vol­can en Si­cile et trou­ver un trèfle à quatre feuilles en Ir­lande. De­puis 2012, le prin­cipe n’a pas chan­gé : par­tir sans ha­bits et sans ar­gent, avec juste trois ca­mé­ras fixées sur leur ba­lu­chon, en comp­tant sur les ren­contres.

Jouer les fu­nam­bules sur une high line (ligne) ten­due entre deux col­lines, faire du stop en jet pri­vé, oser une coupe de che­veu à un péage d’au­to­route… Rien ne semble ef­frayer les co­pains tren­te­naires. Alors, quand on les croise dans un ca­fé pa­ri­sien, on ne s’étonne même plus qu’avant de vous confier leurs sou­ve­nirs, ils vous pro­posent un de leurs trucs de com­mu­ni­ca­tion non vio­lente : po­ser sa tête sur le coeur de l’autre (et ré­ci­pro­que­ment), his­toire de faire tom­ber les bar­rières pour ra­con­ter leurs aven­tures.

Le plus beau ha­sard. « Dès l e p r e mier é p i s o d e , e n avril 2011, on était nus dans les bois, il fai­sait 0 °C la nuit. On a es­sayé de faire du feu en frot­tant des bouts de bois. Mais ça ne fonc­tion­nait pas, se sou­vient Nans. Et puis, Mouts a trou­vé un bri­quet sous un peu de mousse. Et il mar­chait ! C’était si im­pro­bable qu’on ne l’a pas as­su­mé et on a fil­mé les bouts de bois. »

La ren­contre l a plus mar­quante. « Cette an­née, on a pas­sé une soi­rée sur un ba­teau de re­trai­tés à Ros­coff ( Fi­nis­tère), ex­plique Mouts. Nans a pro­po­sé un jeu qui consiste à po­ser sa tête sur le coeur d’une autre per­sonne. Un mo­ment très fort. Ce contact phy­sique avec des in­con­nus pro­cure une sen­sa­tion de bien-être, comme dans un co­con. » « Au-de­là des vê­te­ments qu’on en­lève, le plus im­por­tant est d’ôter la couche de pro­tec­tion — son cos­tume so­cial, ses idées re­çues… — qu’on a tous », ren­ché­rit Nans.

La plus grande frousse. « En Corse, après une soi­rée bien ar­ro­sée, un cou­teau est sor­ti pour me­na­cer l’un de nous. On a eu peur de mou­rir », note Nans. « C’est la peur la plus in­tense mais elle était très brève, re­prend Mouts. La peur la plus pré­sente, c’est celle de ne pas exis­ter dans notre duo. Lors­qu’on se sent moins bien alors que l’autre semble au mieux, c’est in­sup­por­table. Il y a par­fois des ten­sions, mais on en parle. » Et son aco­lyte d’ajou- ter : « La vul­né­ra­bi­li­té entre hommes est un en­sei­gne­ment constant. Et, par­fois, ça pique. »

La ga­lère la plus mé­mo­rable. « Cette sai­son, on a tra­ver­sé l’Ita­lie en stop, et il a fal­lu beau­coup de pa­tience », sou­ligne Mouts. « On a tra­vaillé sur nous pour que, quoi que les gens nous ré­pondent, on res­pecte leur choix. Nous ai­der doit être un plai­sir, mar­tèle Nans. Lors de l’un de nos pre­miers voyages, on par­tait de la baie de Somme et on a dor­mi dans un bun­ker sur du sable hu­mide. J’étais en hy­po­ther­mie et je me suis dit : On ar­rête. Mais à 3 heures du ma­tin, on ar­rête quoi ? » L’ini­tia­tive la plus éton­nante. « Cette an­née, il y a eu la coupe de che­veux sur l’au­to­route. Et, pour al­ler en Ir­lande, on a es­sayé de faire du fer­ry-stop, pour­suit Mouts. Une dame nous a en­ten­dus par­ler de notre rêve fu­tile d’al­ler cher­cher un trèfle à quatre feuilles, et elle a de­man­dé à d’autres gens de don­ner cha­cun un peu d’ar­gent ! » Nans, lui, évoque une épo­pée vers l’Ecosse l’an pas­sé. « On a ren­con­tré Noël, un SDF qui nous a of­fert sa gui­tare et de­man­dé de voya­ger avec nous. Il nous man­quait 60 € pour se lo­ger. On a joué dans la rue. Un type s’est ar­rê­té : il cher­chait un groupe pour r em­pla­cer des mu­si­ciens à un fes­ti­val. On s’y est pro­duits une de­mi-heure et on a ga­gné 60 € ! » Le plus gros manque. « C’est la ten­dresse, lance Nans. La route, c’est rude. On rêve juste des bras d’une femme qui puisse nous ca­jo­ler. » « Il manque la dou­ceur, ap­prouve son ami. Mais ces voyages sont de­ve­nus un mé­tier, un art de vivre, une école, une fa­çon de don­ner et d’ap­prendre à re­ce­voir. » Le voyage plus t r ou­blant. « Cette sai­son 4, pour par­tir en Si­cile, on a eu en­vie de faire le pla­teau de dé­part en mu­sique, ra­conte Mouts. Or 80 % des ren­contres que nous avons f aites en­suite étaient au­tour de la mu­sique. Ce­la a don­né un cô­té très ro­man­tique à ce voyage. »

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