Et si SFR dé­cro­chait…

TÉ­LÉ­COMS. L’opé­ra­teur, qui compte sup­pri­mer 5 000 em­plois d’ici 2019, a en­core per­du des abon­nés au deuxième tri­mestre, es­suyé des pertes et vu sa dette grim­per.

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - DA­NIEL ROSENWEG

MAIS OÙ VA SFR ? Tous les si­gnaux sont au rouge. Les ré­sul­tats pour le pre­mier se­mestre 2016 ont tout pour in­quié­ter : moins d’abon­nés à l’In­ter­net fixe, moins d’abon­nés mo­bile, un chiffre d’af­faires qui s’érode (- 4,1 %), des pro­fits qui plongent et une dette qui gonfle (15,1 Mds€), comme l’a ré­vé­lé l’opé­ra­teur, qui a pu­blié hier ses ré­sul­tats du deuxième tri­mestre.

Di­ri­gé d’une main de fer par le t r ès en­det­té Pa­tri ck Dra­hi, l e deuxième opé­ra­teur fran­çais, fi­liale d’Al­tice, est-il en train de dé­cro­cher ? Plus com­plexe qu’il n’y pa­raît, la si­tua­tion est en tout cas loin d’in­quié­ter les mar­chés bour­siers qui ont bo­ni­fié, hier, de 10 % l’ac­tion SFR à l’an­nonce de sa piètre per­for­mance : le signe que SFR pour­rait bien avoir ache­vé sa tra­ver­sée du dé­sert.

SFR paie la fac­ture de 2014

Ré­seau moins per­for­mant, bugs dans le sec­teur en­tre­prises, re­tard sur le dé­ploie­ment de la 4G, aug­men­ta­tion des plaintes d’usa­gers au­près de l’As­so­cia­tion fran­çaise des usa­gers des té­lé­coms… De­puis p l u s i e u r s mois , S F R p e r d d e s points. La consé­quence des flot­te­ments de 2014 et 2015. En 2014, Vi­ven­di, qui né­go­ciait la vente de sa fi­liale télécom à Nu­me­ri­ca­bleAl­tice, avait ge­lé les in­ves­tis­se­ments, dé­gra­dant au pas­sage la qua­li­té des ré­seaux et des ser­vices. La réor­ga­ni­sa­tion mus­clée or­ches­trée dans la fou­lée par le nou­veau pa­tron, Pa­trick Dra­hi, par ailleurs oc­cu­pé à mul­ti­plier les ac­qui­si­tions, n’a pas fa­vo­ri­sé une re­lance rapide des in­ves­tis­se­ments né­ces­saires.

Baisse des abon­nés et du chiffre d’af­faires

Face à une concur­rence fé­roce, et mal­gré plu­sieurs offres ca­non — comme un for­fait illi­mi­té avec 5 gi­gas d’In­ter­net pour 10 € par mois à vie —, cô­té mo­bile, SFR a en­core per­du 334 000 abon­nés entre avril et juin. En un an, l’opé­ra­teur aux 16,6 mil­lions d’abon­nés a vu s’en­vo­ler 664 000 par­ti­cu­liers et 197 000 en­tre­prises. Le bi­lan du f i x e n ’ e s t p a s mei l l e u r , a v e c 167 000 abon­nés per­dus mal­gré le suc­cès de la fibre qui a sé­duit 260 000 clients sup­plé­men­taires.

Du coup, le chiffre d’af­faires tri­mes­triel re­cule (2,1 %), en­traî­nant une perte nette de 43 M€ contre 85 M€ de pro­fits un an plus tôt. Creu­sée par les ac­qui­si­tions, la dette, elle, s’en­vole de 670 M€ et culmine à… 15,1 Mds€.

Comment l’opé­ra­teur compte s’en sor­tir

Mais l’ave­nir n’est pas com­plè­te­ment sombre pour SFR. D’abord, l’opé­ra­teur met un vrai coup d’ac­cé­lé­ra­teur sur le dé­ploie­ment de son ré­seau 4G avec 1 256 nou­veaux sites ac­ti­vés d’avril à juin. A cô­té, 419 000 lo­ge­ments sup­plé­men­taires ont été rac­cor­dés à la fibre. Ses offres en­ri­chies en ra­dio, en sport et TV, en vi­déo à la de- mande ou abon­ne­ments presse ont dé­jà fait aug­men­ter le re­ve­nu par abon­né au fixe.

Et, en sep­tembre, une nou­velle box fe­ra son ap­pa­ri­tion. Moins ré­jouis­sant, il y a aus­si cet ac­cord si­gné la se­maine pas­sée entre la di­rec­tion et deux syn­di­cats qui vise à sup­pri­mer 5 000 em­plois d’ici 2019 dans le cadre d’un plan de dé­parts vo­lon­taires. De quoi fa­vo­ri­ser le re­tour de la ren­ta­bi­li­té d’un opé­ra­teur ma­ni­fes­te­ment pas en­clin à rac­cro­cher.

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