La rase cam­pagne de Co­pé

PRI­MAIRE. L’an­cien pa­tron de l’UMP, em­por­té par la tem­pête Byg­ma­lion, sillonne la France avec sa femme et sa fille. Ra­vi d’être de re­tour dans le jeu… même s’il ne dé­colle pas.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Brive-la-Gaillarde (Cor­rèze) De nos en­voyés spé­ciaux VA­LÉ­RIE HACOT

« J’AI SON NOM sur le bout de la l angue… C’est un Ré­pu­bli­cain, non ? » An­drée et Eric, un couple lyon­nais en va­cances à Brive-laGaillarde (Cor­rèze), ont dé­jà dé­gai­né leur té­lé­phone por­table, prêts à prendre une pho­to… Mais ils ont une ab­sence. « Ah oui, c’est Jean-Fran­çois Co­pé ! » lâche fi­na­le­ment Eric après un mo­ment de ré­flexion. L’ap­pa­ri­tion hier ma­tin du can­di­dat à la pri­maire crée certes un pe­tit émoi dans les al­lées clair­se­mées du mar­ché de Brive, mais guère plus. Quelques ba­dauds prennent des sel­fies avec l’an­cien pa­tron ban­ni de l’UMP. Cer­tains vont même jus­qu’à lui ser­rer la main avec en­thou­siasme : « Il passe net­te­ment mieux qu’à la té­lé », af­firme une com­mer­çante. Un client lui lance tout à trac : « Je vais vo­ter Jup­pé », tan­dis qu’un couple s’éloigne : « Les Ré­pu­bli­cains, c’est pas notre truc. » Per­sonne n’évoque la guerre FillonCo­pé, ni l’af­faire Byg­ma­lion. « Les po­li­tiques sont tous pa­reils, y a que les plus ma­lins qui ne se font pas at­tra­per », ba­laie Eric. Les Bri­vistes et les va­can­ciers n’ont, il est vrai, ma­ni­fes­te­ment pas la tête à la pri­maire, ni à la po­li­tique en gé­né­ral.

Pas de quoi dé­cou­ra­ger le prin­ci­pal in­té­res­sé, qui passe d’étal en étal avec un sou­rire ra­vi, comme s’il goû­tait le plai­sir d’être re­ve­nu dans le jeu. Jean-Fran­çois Co­pé croit aux ver­tus de la cam­pagne de proxi­mi­té… même si elle est par­fois dé­peu­plée. « C’est Chi­rac qui me l’a ap­pris ! » as­sure-t-il en ci­tant op­por­tu­né­ment son an­cien men­tor, qui reste une fi­gure tu­té­laire en Cor­rèze. En plein mois d’août, avec sa femme Na­dia et sa fille de 6 ans, il s’est lan­cé sur les routes de France pour ren­con­trer élec­teurs et élus lo­caux. Li­moges la veille, Poi­tiers, la Ven­dée, les Vosges et les Bouches-du-Rhône pour la suite du pro­gramme. Ob­jec­tif : re- mon­ter la pente alors qu’après cinq mois de cam­pagne il ne ré­colte que 3 % d’in­ten­tions de vote pour la pri­maire de la droite en no­vembre : « Mon han­di­cap, ce sont les son­dages », concède-t-il, en les re­la­ti­vi­sant : « Chi­rac aus­si avait de mau­vais son­dages en 1995… »

Achat d’un pe­tit sou­ve­nir à la gloire de Chi­rac

Pas ques­tion donc de bul­ler en août, quand les fa­vo­ris font re­lâche. Les dé­pla­ce­ments sont ré­glés au mil­li­mètre près : dé­jeu­ner avec De­nis Tilli­nac, l’écri­vain proche de Chi­rac, ren­contre avec la presse lo­cale pour dé­rou­ler son pro­gramme de « droite dé­com­plexée », et jus­qu’à l’achat dans une bou­tique d’un pe­tit sou­ve­nir à la gloire de Chi­rac : « Ce­lui que je veux, c’est Un chef, c’est fait pour chef­fer », sou­rit le maire de Meaux en dé­si­gnant un tee-shirt bar­ré d’une saillie de l’an­cien chef de l’Etat. Le can­di­dat s’oc­troie aus­si une vi­site du pit­to­resque vil­lage de Col­longes-la-Rouge dans une re­la­tive in­dif­fé­rence. Stoïque, il fait, comme tous les tou­ristes, plus de trois quarts d’heure de queue pour payer son ti­cket de par­king sans que per­sonne ou presque ne l’in­ter­pelle. Pas de quoi le dé­cou­ra­ger : « Les choses sé­rieuses vont com­men­cer au mois de sep­tembre », as­sure-t-il. vha­cot1

Brive-la-Gaillarde (Cor­rèze), hier. Jean-Fran­çois Co­pé croit aux ver­tus de la cam­pagne de proxi­mi­té, même si elle est par­fois dé­peu­plée.

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