L’équipe de France a ex­plo­sé

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Rio de Ja­nei­ro (Bré­sil) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux ÉRIC BRU­NA

n’était pas du tout dans la com­pé­ti­tion, souffle le Gre­no­blois, dé­jà bien échau­dé par le psy­cho­drame vé­cu sur le 200 m aux Cham­pion­nats de France (il avait ter­mi­né de­vant Agnel, qui di­sait avoir été vic­time d’un pro­blème de chro­no­mé­trage, et lui avait lais­sé sa place aux Jeux sur la dis­tance). On a été bai­gnés dans un tis­su de men­songes de­puis Mont­pel­lier. Lo­rys (Bou­rel­ly), Greg et moi, on a été ber­nés. La mal­hon­nê­te­té est dif­fi­cile à di­gé­rer. » De­puis di­manche et son éli­mi­na­tion en sé­rie du 200 m NL, le cham­pion olym­pique 2012 a joué à « je viens, je viens pas ». Dans la nuit de lun­di à mar­di, le staff tri­co­lore a donc ac­té son for­fait et de­man­dé en ca­tas­trophe au mal­heu­reux Da­mien Jo­ly de se ra­ser fis­sa à 1 h 30 et de se pré­pa­rer à in­té­grer le qua­tuor. Son en­tou­rage as­sure pour­tant qu’Agnel était tout à fait dis­po­sé à s’élan­cer, mais que le staff fé­dé­ral en a dé­ci­dé au­tre­ment. « Per­son­nel­le­ment, je n’avais même plus en­vie de na­ger avec lui, lâche Bou­rel­ly. Il di­sait qu’il ne pou­vait pas et après il peut. On n’est pas des pions. Aux Cham­pion­nats d’Eu­rope, Jor­dan a na­gé avec une mo­no­nu­cléose. Il s’est bat­tu pour la France. Je ne conçois pas qu’au ni­veau de Yan­nick, avec un tel pas­sé, on ait ce com­por­te­ment. Il ne voit pas les choses comme nous et il n’y a plus rien à faire. Le mal est fait. Dom­mage, parce qu’on avait des am­bi­tions. »

Par ri­co­chet, l’af­faire Agnel a éga­le­ment plom­bé Jé­ré­my Stra­vius, membre du col­lec­tif 4 x 200 m, qui a pris l’eau dès les sé­ries du 100 m NL. Au-de­là du sen­ti­ment d’aban­don, les re­layeurs re­mettent en cause la venue même du Mul­hou­sien au Bré­sil. « Il s’est sans doute voi­lé la face, glisse Bou­rel­ly. Tu le sais ou pas, si tu as le ni­veau… » Plus ou moins contraint par un tour de passe-passe de lais­ser son stra­pon­tin sur le 200 m in­di­vi­duel à Agnel aux Jeux, Po­thain va plus loin. « Peu­têtre qu’il sa­vait très bien que le fait que je lui laisse la place n’était pas ap­pro­prié, ajoute-t-il. Est-ce que Yan­nick se ment à lui-même ou aux autres, je ne sais pas… »

Ce dy­na­mi­tage en règle, in­croyable en plein Jeux, est en grande par­tie la consé­quence de la ges­tion des di­ri­geants, tou­jours prompts eux­mêmes à s’ar­ran­ger avec la vé­ri­té de leurs cri­tères de sé­lec­tion. « L’am­biance est meilleure que vous le pen­sez, ose le DTN Jacques Favre, pom­pier de ser­vice. Sur le coup de la co­lère et de la tris­tesse, cer­tains ont ex­pri­mé leur res­sen­ti. C’est cer­tai­ne­ment pro­fond et ils ont le droit de le faire. Il y a un pro­blème. On va le gé­rer ra­pi­de­ment. Il faut que le dé­bat s’apaise. On doit res­ter dans notre bulle olym­pique. » Il est bien le seul à vou­loir croire qu’elle n’a pas dé­jà vo­lé en éclats. Dans l’eau, les Bleus sont re­de­ve­nus or­di­naires, loin, si loin du ni­veau qui leur per­met­tait ces der­nières an­nées de col­lec­tion­ner les mé­dailles. Hors de l’eau, l’équipe de France a ex­plo­sé. Il y au­ra vrai­ment un avant et un après Rio. Le mal est pro­fond.

La mai­son brûle et le DTN, Jacques Favre, fait l’au­truche

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