« Des choses beau­coup plus lourdes re­montent à la sur­face »

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Rio Pro­pos re­cueillis par E.B.

De­nis Au­guin, en­traî­neur et consul­tant pour Ca­nal + AU PIED de la tri­bune, De­nis Au­guin peine à croire qu’il vient de voir l’équipe de France vo­ler en éclats. Mais il n’est fi­na­le­ment pas si éton­né…

Que vous ins­pire ce psy­cho­drame ?

DE­NIS AU­GUIN. Fran­che­ment, je suis très triste de voir l’équipe de France en grande dif­fi­cul­té comme ça. On pré­vient Da­mien Jo­ly à 1 heure du ma­tin qu’il va na­ger, alors qu’il fait un ou deux 200 m par an. Voir l’équipe de France s’ef­fon­drer, ça me fait mal au coeur. Quand je vois Jé­ré­my (Stra­vius) pas­ser au tra­vers du 100 m… Quand ça a com­men­cé à dé­gé­né­rer, il a été ex­trê­me­ment tou­ché par la si­tua­tion. C’est triste de voir Greg Mal­let, exem­plaire de­puis dix ans, fi­nir sa car­rière en larmes. Les gar­çons sont très re­mon­tés. C’est peut-être la pre­mière fois qu’ils disent bas­ta.

Le mal-être vient-il de loin ?

Ce n’est pas un épi­phé­no­mène. Ils n’au­raient pas eu cette ré­ac­tion. Jor­dan (Po­thain) a su­bi des Cham­pion­nats de France très com­pli­qués (NDLR : avec l’af­faire du 200 m in­di­vi­duel) et il fait des Jeux exem­plaires. En tout cas, ils vont s’en sou­ve­nir long­temps…

On en re­vient à la lé­gi­ti­mi­té de la par­ti­ci­pa­tion de Yan­nick Agnel…

On peut fi­nir une car­rière en n’étant pas à son meilleur ni­veau mais on n’a pas le droit de prendre l’équipe en otage. Je n’ai ja­mais en­ten­du ça au bord d’un bas­sin. Toutes les équipes ont des pro­blèmes mais ça ne pète ja­mais comme ça de­vant les mé­dias. C’est vrai­ment que les mecs en ont ras le bol.

Le staff est-il fau­tif ?

Il fal­lait prendre la dé­ci­sion bien avant. Ré­veiller Da­mien Jo­ly à 1 heure du ma­tin pour lui dire de se ra­ser, ça peut ar­ri­ver si quel­qu’un se casse la jambe ; mais pas là. Il y a sans doute d’autres choses beau­coup plus lourdes qui re­montent à la sur­face, des non-dits, de l’amer­tume, des ran­coeurs. Et, voi­là, ça pète au plus mau­vais mo­ment. Je ne parle pas du re­lais 4 x 200 m mais de l’équipe au sens large…

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