Au cam­ping, on zappe les JO

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Mar­tigues (Bouches-du-Rhône) De notre cor­res­pon­dant Mar­co, un va­can­cier de Lyon CLÉ­MENT CHAILLOU

ON Y TROUVE des na­geurs, des plon­geurs, des ac­cros de la ra­quette et même, sur la plage, quelques vol­leyeurs. Aux Ta­ma­ris, un cam­ping ni­ché entre Mar­tigues et Saus­set-lesPins, les Jeux, c’est un peu tous les jours. Mais ce n’est ja­mais de­vant la té­lé. Ici, on confesse vo­lon­tiers ne pas por­ter un grand in­té­rêt aux joutes bré­si­liennes. « Pour tout vous dire, je ne sais même pas sur quelle chaîne c’est dif­fu­sé. Il y a juste Fran­çois, le voi­sin, qui re­garde un peu et nous en a par­lé. Mais c’est tout », glisse Ch­ris­tophe, un père de fa­mille ve­nu de Chartres (Eure-et-Loir).

Pour­quoi ce manque d’in­té­rêt ? « Le reste de l’an­née, on suit l’ac­tua­li­té spor­tive, mais ici on a be­soin de cou­per, de dé­bran­cher, ré­pond Vé r o n i q u e , s o n épouse. On ne re­garde pas la té­lé, on écoute à peine la ra­dio. »

Et ne comp­tez pas sur des cris de joie col­lec­tifs pour les pré­ve­nir d’un ex­ploit. « La jour­née, les gens vont à la plage ou à la pis­cine, et le soir ils se re­trouvent au ter­rain de boules », ex­plique Mar­co, un Lyon­nais. Lui suit un peu la com­pé­ti­tion, mais seule­ment sur son smart­phone, via les alertes des mé­dias. « C’est bi­zarre, mais on se sen­tait plus concer­nés quand ça se pas­sait à Londres, es­time-t-il. Je ne sais pas si c’est la dis­tance, les mau­vais ré­sul­tats (NDLR : les Bleus ne comp­taient en­core qu’une seule mé­daille d’ar­gent), mais j’ai du mal à ac­cro­cher, alors que je suis un pas­sion­né. On a peut-être tout don­né pen­dant l’Eu­ro… » A do­mi­cile, et donc dans le bon fu­seau ho­raire. « Ce n’est pas la seule rai­son, mais c’en est une, confie le Lillois Pas­cal, en pleine par­tie de cartes avec son ne­veu Da­vid. Ce soir (NDLR : hier), je vou­lais re­gar­der le match des Fran­çaises en foot­ball, mais c’est à mi­nuit, je ne sais pas si je vais avoir le cou­rage. » « C’est les va­cances, ré­sume Da­vid. On a juste en­vie d’être tran­quilles. »

« On se sen­tait plus concer­nés quand ça se pas­sait à Londres »

Cam­ping des Ta­ma­ris (Mar­tigues), hier. Pas­cal ( à gauche) et son ne­veu Da­vid pré­fèrent jouer aux cartes que re­gar­der les Jeux olym­piques.(

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