« Bourne, c’est l’an­ti-Bond »

« JA­SON BOURNE ». Matt Da­mon re­vient dans la peau du hé­ros amné­sique en quête d’iden­ti­té et d’ac­tion. Ren­contre.

Aujourd'hui en France - - LES SORTIES AU CINÉMA - A.G. Pro­pos re­cueillis par ALAIN GRAS­SET

LE NOU­VEAU « Ja­son Bourne », agent d’élite de la CIA tra­qué par ses pairs, dé­barque sur les écrans fran­çais, deux se­maines après son suc­cès au box-of­fice amé­ri­cain. Après neuf ans d’ab­sence, Matt Da­mon ré­in­ter­prète le personnage in­ven­té par l’écri­vain Ro­bert Lud­lum, qu’il avait créé à l’écran en 2002. La sa­ga a fait de lui une star in­ter­na­tio­nale par­mi les mieux payées de Hol­ly­wood, avec un ca­chet de 25 M$ pour ce film. En­tre­tien avec une su­per­star de pas­sage à Pa­ris. Vous n’avez pas joué dans « Ja­son Bourne : l’Hé­ri­tage » de To­ny Gil­roy (2012) avec Je­re­my Ren­ner. Pour quelles rai­sons avez-vous dé­ci­dé de re­prendre votre rôle dans ce 5e épi­sode ? MATT DA­MON. Après plu­sieurs an­nées du­rant les­quelles je ren­con­trais des gens dans les rues, les ca­fés, les aé­ro­ports, qui me de­man­daient pour­quoi je n’in­ter­pré­tais plus Ja­son Bourne, et de nom­breuses dis­cus­sions avec Paul Green­grass qui m’avait di­ri­gé dans les épi­sodes 2 et 3, j’ai com­pris que le pu­blic vou­lait me voir dans un nou­veau « Bourne ». C’est une sa­crée adré­na­line pour un ac­teur qu’on vous ré­clame ain­si. Beau­coup de gens pensent que Bourne est un Bond mo­derne… Ah non ! Bourne est l’an­ti-Bond. Si les deux es­pions ont les mêmes ini­tiales, JB, ce sont deux fran­chises très dif­fé­rentes. James Bond existe de­puis cin­quante-quatre ans. Ja­son Bourne de­puis qua­torze ans. Chaque épi­sode de 007 est in­dé­pen­dant des autres. Vous pou­vez les re­gar­der dans le désordre. Alors que les films de Bourne sont des suites lo­giques. Il est en per­ma­nence tor­tu­ré par sa conscience, han­té par son pas­sé et les choses qu’il a com­mises, et aus­si han­té par la mort de son père. Dans le film, les nou­velles tech­no­lo­gies de sur­veillance des in­di­vi­dus consti­tuent une in­croyable in­tru­sion dans nos vies pri­vées. La guerre contre le ter­ro­risme ne peut-elle pas tout jus­ti­fier ? C’est vrai ! Bien sûr, je suis ab­so­lu­ment pour la pro­tec­tion com­plète de la vie pri­vée de tous les ci­toyens. Mais le pro­blème, c’est que les po­li- ciers et les ser­vices de ren­sei­gne­ment char­gés de notre pro­tec­tion sont par­fois obli­gés d’al­ler plus loin dans l eurs re­cherches de sus­pects qui me­nacent notre sé­cu­ri­té. Et je sais de quoi je parle. Ma femme Lu­cia­na est d’ori­gine ar­gen­tine, elle est venue aux Etats-Unis avec ses pa­rents qui avaient fui la dic­ta­ture des mi­li­taires (NDLR : de 1976 à 1983) pour y trou­ver la li­ber­té dont nous jouis­sons. Sa fa­mille était très me­na­cée. Comme moi, elle est très at­ta­chée à notre vie pri­vée. Ja­son Bourne, c’est aus­si une af­faire de sueur… été as­sas­si­né (voir le pre­mier film de la sa­ga, « la Mé­moire dans la peau »). L’intrigue est vo­lon­tai­re­ment simple mais ef­fi­cace au maxi­mum — même si vous n’avez pas vu les épi­sodes pré­cé­dents, on suit sans sou­ci — et elle est le pré­texte à un thril­ler ha­le­tant qui mé­lange d’in­croyables scènes d’ac­tion aux quatre coins de la pla­nète et s’achève à Las Ve­gas, dans une re­mar­quable cour­se­pour­suite fa­çon « Bul­litt », à la puis­sance mille. Le tout avec un Matt Da­mon im­pec­cable, une Ali­cia Vi­kan­der belle et am­bi­guë et un Vincent Cas­sel re­dou­table. Je me suis as­treint à un en­traî­ne­ment phy­sique très strict, à la de­mande de Paul Green­grass qui vou­lait que je sois le plus cos­taud et cré­dible pos­sible. Il vou­lait qu’on voie que je souffre. Pen­dant dix se­maines, j’ai fait deux séances de qua­tre­vingt-dix mi­nutes de mus­cu­la­tion par jour. J’ai sui­vi un ré­gime dié­té­tique d’en­fer pour res­treindre les ca­lo­ries, moi qui adore la bouffe et le bon vin. Cer­tains jours c’était hor­rible de ne pas man­ger. Vous sa­vez, quand j’ai com­men­cé à jouer Ja­son Bourne j’avais 29 ans, et j’en ai 45 au­jourd’hui. Croyez-moi, ce n’est pas la même chose phy­si­que­ment. La sé­quence fi­nale, une gi­gan­tesque course-pour­suite à Las Ve­gas, est stu­pé­fiante. Comment l’avez-vous tour­née ? Quand on m’a pro­po­sé cette sé­quence, j’ai dit que ce n’était pas pos­sible de la réa­li­ser là-bas. Las Ve­gas Bou­le­vard, c’est comme Time Square à New York, il y a plein de monde et des tou­ristes. Fi­na­le­ment, on a eu les au­to­ri­sa­tions de tour­ner. Et c’est tel­le­ment spec­ta­cu­laire que je n’ar­rive tou­jours pas à com­prendre comment on a fait et même réus­si à dé­fon­cer l’en­trée du Bel­la­gio (NDLR : cé­lèbre pa­lace de Ve­gas).

« Je me suis as­treint à un en­traî­ne­ment phy­sique très strict »

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Matt Da­mon joue à nou­veau le rôle d’un agent de la CIA de­ve­nu amné­sique, neuf ans après le pre­mier vo­let de la sa­ga « Ja­son Bourne », qui a fait de l’ac­teur amé­ri­cain une star in­ter­na­tio­nale.

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