« Je ne me rap­pelle même pas la dernière fois que j’ai vu Flo pleu­rer »

Laure Ma­nau­dou,

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Rio (Bré­sil) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux Propos re­cueillis par ÉRIC BRUNA

RETIRÉE DES BAS­SINS, Laure Ma­nau­dou, cham­pionne olym­pique du 400 m (2004), se­ra aux pre­mières loges pour sou­te­nir Florent, dans les tri­bunes de Bar­ra da Ti­ju­ca d’où elle com­men­te­ra ses courses pour France Té­lé­vi­sions. Pour nous, elle lève le voile sur la per­son­na­li­té de son grand pe­tit frère…

Sa plus grosse qua­li­té

« Quand il a dé­ci­dé quelque chose, il fait tout pour y ar­ri­ver et, gé­né­ra­le­ment, il y ar­rive fa­ci­le­ment. Il est dé­ter­mi­né. Il est ca­pable de faire de grandes choses en tout, donc il se donne les moyens de réus­sir. Je ne pense pas que ce­la lui de­mande vrai­ment des ef­forts. C’est peut-être la fa­çon dont nos pa­rents nous ont éle­vés, le fait d’être trois (NDLR : avec l’aî­né Ni­co­las) dans la fra­trie. Nous n’étions pas en concur­rence, en­fin un peu, mais nous vou­lions tou­jours bien faire les choses. »

Son plus gros dé­faut

« Mau­vais per­dant, for­cé­ment. On est pa­reils. Il n’y a qu’à voir com­ment il n’était pas sa­tis­fait d’être vice-cham­pion olym­pique du 4 x 100 m ! Aux cartes avec ses potes, ou à la PlayS­ta­tion, il est ca­pable de cas­ser la table quand il perd. Quand on joue avec Flo, il vaut mieux être avec lui que contre lui, parce que ça part vite en étin­celles, et il est ca­pable de faire la gueule pen­dant trois jours. Lui contre moi, quelle que soit l’ac­ti­vi­té, ça fi­nit mal, ce n’est pas amu­sant. Au vé­lo, avec les pa­niers de basket, sur un jeu de so­cié­té, on a tou­jours vou­lu per­for­mer (rires). Bon, il n’y a que pour l’école que ça n’a pas été ça ! A 29 et 25 ans, nous sommes tou­jours de grands ga- mins. Mes potes et Jé­ré­my (Fré­rot, son com­pa­gnon) savent bien qu’il ne faut pas être contre moi. C’est aus­si ça qui a fait notre force. On a peu­têtre des trucs dans les gènes mais il y a aus­si beau­coup de men­tal. » « A part à la console, je ne vois pas… Je ne me suis ja­mais en­gueu­lée avec lui. Je ne l’ai ja­mais vu s’éner­ver au­tre­ment qu’après avoir per­du à un jeu. Il est po­sé. Entre Ni­co, moi et Flo, ça va de­cres­cen­do. Ni­co est très im­pul­sif, je suis entre les deux, et Flo, c’est vrai­ment la force tran­quille. C’est pour ça qu’il est zen mal­gré toute la pres­sion qu’il au­ra sur

le 50 m. » « C’est juste de s’ache­ter une mo­to ou une voi­ture, mais ce n’est pas un flam­beur. Il a sa vieille Porsche parce qu’il aime les vieilles voi­tures, comme notre père. Il se fait plai­sir, il aime les bonnes choses mais il ne va pas cla­quer des mill i ons pour ache­ter un ba­teau. Il est as­sez rai­son­nable pour son j eune âge, pas c omme moi ! Mes ex­pé­riences lui ont ser­vi de le­çon. » « Ouh là… Il au­rait vrai­ment fal­lu y ré­flé­chir. A part quand il était pe­tit, je ne me rap­pelle même pas l a dernière fois que j e l ’ ai vu pleu­rer. Mais il se­rait ca­pable de pleu­rer s’il ga­gnait ce 2e titre, ce que per­sonne en France n’a fait. Il est plus ex­pres­sif que moi dans la com­pé­ti­tion. On ver­ra peut-être des larmes sur le po­dium. »

Sa plus grande co­lère Ses coups de fo­lie Ses plus grosses larmes Sa gui­tare

« On s’était dit qu’on al­lait ap­prendre en­semble car j’ai tou­jours vou­lu jouer de la gui­tare. Il en a ache­té une avant moi et a com­men­cé à prendre des cours en ligne en douce. Jus­qu’au jour où je suis ar­ri­vée chez lui et qu’il m’a dit : Re­garde ce que je sais faire ! Du coup, j’ai aban­don­né l’idée parce qu’il a pris trop d’avance et que je ne suis pas pa­tiente. La gui­tare lui per­met de s’éva­der et de se rap­pro­cher de Do­rian (Gan­din, an­cien na­geur du CN Mar­seille) et de ses potes mu­si­ciens mar­seillais. Il joue un peu de tout. Il joue des chan­sons comme Stew­ball (d’Hugues Auf­fray) que notre père nous jouait quand on était pe­tits. Alors, à Noël der­nier, on lui a ache­té une gui­tare aus­si pour qu’il puisse re­prendre. Ils ont com­men­cé à jouer tous les deux et mon père ap­prend les com­po­si­tions sur In­ter­net ! On se re­voit vingt ans en ar­rière… » « La fon­due bour­gui­gnonne, la ra­clette et sur­tout les es­ca­lopes à la crème super bonnes que notre mère nous fait quand on a la chance de re­tour­ner tous les trois chez les pa­rents, ce qui est as­sez rare. C’est un ri­tuel. A chaque re­pas de fa­mille, elle nous de­mande ce qu’on veut et ça ressort tou­jours. Au moins, c’est un su­jet sur le­quel on est d’ac­cord. On de­mande cha­cun un plat dif­fé­rent, comme ça, on a les trois. » « Il vit avec le Co­ca. Ça ne sur­pren­dra per­sonne. Il a la chance de faire beau­coup de sport et d’éli­mi­ner. Ma i s , q u a n d il au­ra ar­rê­té, il va prendre quelques ki­los. Il le sait. Il a dit qu’il était prêt à être gros. Sur­tout qu’il fe­ra peut-être du hand, mais plus de natation. »

Ses plats fé­tiches Sa bois­son fa­vo­rite Son nou­veau bou­lot

« Il a ou­vert son res­to (sur le Vieux-Port, près de la mai­rie de Mar­seille) avec trois potes et ils y font de très bons cock­tails. Le bar­man est le par­rain de Manon (la fille de Laure). Ce­la per­met à Flo de sor­tir de la natation, chose que beau­coup de na­geurs ne font pas. Peu­têtre que ça lui per­met­tra de du­rer dans la natation, s’il le dé­cide. De temps en temps, il nous sert lui-même les plats et les gens ont ten­dance à pen­ser qu’il fait le ser­vice tous les jours. Bon, il joue vo­lon­tiers le jeu, mais rien d’of­fi­ciel. Non, ce n’est pas en­core son nou­veau bou­lot ! »

Florent Ma­nau­dou aime la mu­sique et la gui­tare. Un point com­mun avec le com­pa­gnon de sa soeur, Jé­ré­my Fré­rot du groupe Fré­ro De­la­ve­ga.

Londres (Royaume-Uni), le 3 août 2012. Laure Ma­nau­dou n’avait pu re­te­nir ses larmes lorsque son frère avait ga­gné son titre olym­pique sur 50 m nage libre.

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