Le double dé­fi de Ma­nau­dou

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - ÉRIC BRUNA

On sait qu’il ne se laisse pas fa­ci­le­ment at­teindre ou per­tur­ber. Entre le do­page, Agnel, etc., c’est un peu com­pli­qué. Il nous a dit qu’il n’en avait rien à fou… de ce qui se passe à cô­té et je lui fais confiance. »

Est-il mieux ar­mé que ses pré­dé­ces­seurs ?

« Quatre ans, c’est long. Très long… » A l’heure de ti­rer sa ré­vé­rence, Yan­nick Agnel re­ve­nait sur tous les tan­gages qui peuvent ryth­mer une olym­piade. Sur la dif­fi­cul­té de main­te­nir un cap. « Il faut quand même se po­ser des ques­tions sur l’or­ga­ni­sa­tion des car­rières en France, souffle De­nis Au­guin, l’an­cien en­traî­neur de Ber­nard. On de­mande peut-être beau­coup aux na­geurs. La Fé­dé­ra­tion les met à toutes les sauces, il faut qu’ils par­ti­cipent à tous les mee­tings, etc. On doit re­gar­der ce qui se passe ailleurs. Voyez Lochte, par­fois, il vient sur des mee­tings comme à l’en­traî­ne­ment, il a des ki­los de trop et per­sonne ne lui dit rien. On sait qu’il se­ra là le jour J. Il y a aus­si des na­geurs qui dis­pa­raissent six mois, un an, comme le fai­sait Ki­ta­ji­ma (NDLR : le bras­seur ja­po­nais). Ce n’est pas su­bi, c’est juste un plan de car­rière. »

Con­trai­re­ment à ses glo­rieux aî­nés, Ma­nau­dou n’est pas l’homme d’un coach. D’un men­tor. Sa soeur avait Phi­lippe Lu­cas, Ber­nard avait Au­guin et Agnel et Muf­fat avaient Fa­brice Pel­le­rin. En de­hors, point de sa­lut. L’homme qui dé­tient tous les titres in­ter­na­tio­naux sur 50 m, lui, s’est épa­noui à Mar­seille dans la va­rié­té et la di­ver­si­té. En­traî­ner Ma­nau­dou, c’est d’abord lut­ter contre son en­nui. « Et, en­suite, lui lais­ser des li­ber­tés dans un cadre dé­fi­ni », ré­sume Tho­mas Sam­mut, son pré­pa­ra­teur men­tal. En dé­but de sai­son, l’es­prit du Mar­seillais s’est un peu em­bué dans un double dé­fi olym­pique 50 m/100 m qui, au fond, n’est ja­mais vrai­ment ve­nu de lui-même. Son éli­mi­na­tion aux Cham­pion­nats de France (sur 100 m) l’a li­bé­ré d’un far­deau. Lui lais­sant les cou­dées franches pour ce qu’il sait faire de mieux : prendre un al­ler simple pour l’or. * Ca­mille Muf­fat, cham­pionne olym­pique du 400 m NL en 2012, avait pris sa re­traite spor­tive avant de dis­pa­raître tra­gi­que­ment en 2015.

Stade aqua­tique olym­pique (Rio), le 4 août. Vain­queur du 50 m nage libre aux JO de Londres en 2012, Florent Ma­nau­dou peut de­ve­nir le pre­mier na­geur fran­çais à conser­ver son titre.

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