« Phelps, la plus grande lé­gende de l’olym­pisme »

Mar­tin Four­cade,

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Propos re­cueillis par Q.V.

MÊME S’IL S’EN­TRAÎNE et en­chaîne les longues sor­ties à ski-roues, Mar­tin Four­cade (photo) ne rate rien de la natation aux Jeux. Parce qu’il aime ce sport, parce que, sur­tout, le meilleur bi­ath­lète du monde est un très grand ad­mi­ra­teur de Mi­chael Phelps, la lé­gende amé­ri­caine, 31 ans, qui a en­core ajou­té mar­di deux titres olym­piques (200 m pa­pillon et 4 x 200 m) à son in­sen­sée col­lec­tion : 25 mé­dailles olym­piques, dont 21 en or.

« J’ai pour Mi­chael Phelps une énorme ad­mi­ra­tion qui ne cesse de gran­dir, ra­conte Four­cade. Aux Jeux de Londres, en 2012, il avait

« C’était un pois­son à la base, il fal­lait juste quel­qu’un pour le mettre à l’eau »don­né le sen­ti­ment d’être ar­ri­vé à la fin de l’his­toire, comme si quelque chose était cas­sé. Il re­vient à Rio et il donne le sen­ti­ment de s’être ré­in­ven­té. Il va cher­cher les titres quand on au­rait dit qu’il ra­mas­sait les mé­dailles à Londres. C’est im­pres­sion­nant. Comme un re­nou­veau. On le sent plus heu­reux, il se fait plai­sir. Je ne le connais pas, mais je le trouve plus à l’aise dans son corps, pour­suit le cham­pion fran­çais. Il s’est ac­cep­té. Il vit mieux. Bien sûr, 21 titres olym­piques, et peut-être en­core trois d’ici à la fin des Jeux, c’est fou. Cer­tains di­ront qu’il faut re­la­ti­vi­ser parce qu’il peut prendre le dé­part de beau­coup de courses. Mais, dans un sport tel­le­ment concur­ren­tiel et dif­fi­cile, il a tou­ché l’or lors de quatre J e u x d i f f é r e nt s . C’est hal­lu­ci­nant.

Pour moi, c’est LA plus grande lé­gende de l’olym­pisme. Plus que Bolt. Pour­quoi ? On ne peut évi­dem­ment pas com­pa­rer le nombre de mé­dailles, mais Mi­chael Phelps a réus­si son pa­ri de Pé­kin en 2008 — rem­por­ter les huit épreuves aux­quelles il a par­ti­ci­pé — quand Usain Bolt, en s’ad­ju­geant le 100 m, le 200 m et le 4 x 100 m, s’est conten­té de ses dis­ci­plines. Phelps à Pé­kin, c’est comme si Bolt s’était at­ta­qué au 400 m…

Bolt est plus show­man. On dit sou­vent qu’il a plus de cha­risme. Sans doute. Mais alors qu’on re­pro­chait à Phelps d’avoir un dis­cours très po­li­cé, son ré­cent coup de gueule sur le do­page (NDLR : et la pré­sence de cer­tains an­ciens do­pés) lui donne de l’épais­seur. Et si j’avais un peu de ré­serve à cause de ses quelques écarts pas très com­pa­tibles avec son sta­tut de spor­tif de haut ni­veau (il a no­tam­ment été ar­rê­té en état d’ébrié­té et a pas­sé quelques mois en cure de dés­in­toxi­ca­tion pour soi­gner son al­coo­lisme), ça le rend fi­na­le­ment un peu hu­main.

Si je ne dois gar­der qu’un sou­ve­nir de Phelps, c’est Pé­kin. Son in­vul­né­ra­bi­li­té. Il a fait bas­cu­ler tous les dé­tails dans le bon sens. Comme s’il avait fait dis­pa­raître l’im­pon­dé­rable, la part d’in­cer­ti­tude in­hé­rente au sport de haut ni­veau. En fait, l’eau était son élé­ment. Si une per­sonne a trou­vé ce pour­quoi elle était faite, c’est lui. C’était un pois­son à la base, il fal­lait juste quel­qu’un pour le mettre à l’eau. »

« Son ré­cent coup de gueule sur le do­page lui donne de l’épais­seur »

Rio de Ja­nei­ro (Bré­sil), mar­di. Mi­chael Phelps, 31 ans, n’en fi­nit pas de cro­quer des mé­dailles. Avec 25 mé­dailles dont 21 d’or rem­por­tées de­puis 2004, l’Amé­ri­cain est le spor­tif le plus médaillé de l’his­toire des Jeux. Et un mo­dèle pour beau­coup d’autres.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.