Les pre­miers bar­bares étaient des ré­fu­giés

« Nos an­cêtres les Gau­lois… », pro­cla­maient au­tre­fois les livres d’his­toire. Sauf que d’autres peuples ont aus­si par­ti­ci­pé à la fon­da­tion de ce qui de­vien­dra la France. Comme les peuples bar­bares.

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EN L’AN 370, les Huns, un peuple ve­nu d’Asie mi­neure, ar­rivent au contact du monde ger­ma­nique. Pous­sant tou­jours plus vers l’ouest, ils forcent les bar­bares, qui vi­vaient aux li­mites de l’Empire ro­main, à tra­ver­ser les « limes », les fron­tières. Wi­si­goths et Os­tro­goths de­mandent ain­si en 376 le droit de se ré­fu­gier dans l’Empire. « En les au­to­ri­sant à fran­chir le Da­nube, l’em­pe­reur ro­main Va­lens ouvre la voie aux in­va­sions », note ain­si l’his­to­rien mé­dié­viste Mi­chel Ka­plan*.

Exemple, en dé­cembre 406, lorsque les Van­dales, les Suèves et les Alains fran­chissent le Rhin et mènent des raids en Gaule, ra­va­geant tout sur leur pas­sage. « La Gaule tout en­tière a brû­lé comme une torche », écrit ain­si Si­doine Apol­li­naire, écri­vain gal­lo-ro­main du Ve siècle. Les Bur­gondes, les Ala­mans et les Francs les suivent quelques an­nées plus tard. Ces in­va­sions « créent chez les Ro­mains un im­mense désar­roi, pour­suit Mi­chel Ka­plan. Ils ne se montrent guère ca­pables d’y faire face, et la dé­fense des villes est sou­vent as­su­rée par les évêques avec des moyens de for­tune ». Preuve de cette im­puis­sance, en 410, Rome, ville sym­bole de l’Empire et in­vio­lée de­puis plus de huit cents ans, est mise à sac par les Wi­si­goths.

At­ti­la, la ter­reur des Ro­mains

De plus en plus af­fai­blis, les Ro­mains tentent de pa­rer à ces mou­ve­ments im­por­tants de po­pu­la­tion en oc­troyant aux bar­bares la pos­si­bi­li­té de s’ins­tal­ler. Les Wi­si­goths prennent ré­si­dence en Aqui­taine, les Ala­mans sur la rive gauche du Rhin. Les Francs sont sé­pa­rés en deux groupes. Les Rhé­nans s’ins­tallent en Mo­selle, alors que les Sa­liens s’éta­blissent dans la Somme. Pen­dant trente ans, la si­tua­tion semble se sta­bi­li­ser.

Mais en 451, At­ti­la, le nou­veau roi des Huns, se tourne de nou­veau vers l’Oc­ci­dent. En Gaule, il dé­truit plu­sieurs villes, Metz, Reims, Troyes, Or­léans. Mais il est fi­na­le­ment dé­fait à la ba­taille des champs Ca­ta­lau­niques, près de l’ac­tuel Châ­lon­sen-Cham­pagne, par une ar­mée re­grou­pant des Ro­mains, Wi­si­goths, Bur­gondes et Francs. Une vic­toire sans len­de­main, l’union entre Ro­mains et bar­bares dis­pa­rais­sant vite. En 476, le der­nier em­pe­reur ro­main d’Oc­ci­dent est dé­po­sé à Rome. Dans toute l’Eu­rope, les royaumes bar­bares, jusque-là rat­ta­chés à l’Empire, de­viennent des royaumes in­dé­pen­dants. Clo­vis de­vient ain­si roi des Francs en 481, si­gnant la nais­sance d’un royaume dé­sor­mais au­to­nome. * sous la di­rec­tion de Mi­chel Ka­plan, Ed. Bréal, 26,50 €. Les ori­gines pré­cises des peuples ger­ma­niques, que l’on a en­suite dé­si­gnés comme « bar­bares », res­tent en­core mal connues, du fait no­tam­ment du manque de traces écrites avant leur ins­tal­la­tion dans l’Empire ro­main. Les Ro­mains eux-mêmes les confon­daient sou­vent avec les Celtes ins­tal­lés en Gaule. Pen­dant long­temps, la seule chose que nous sa­vions est qu’ils pro­ve­naient d’au-de­là des fron­tières de l’empire. Leur lieu de nais­sance se­rait ce­pen­dant à cher­cher au nord de la Ger­ma­nie et en Scan­di­na­vie, qu’ils au­raient pro­gres­si­ve­ment quit­tées aux alen­tours de 500 avant J.-C. pour se re­trou­ver au contact des Celtes, puis des Ro­mains.

Les Francs

Casque de guer­rier van­dale.

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