Le res­tau­ra­teur mis à l’amende va ré­ci­di­ver

PO­LÉ­MIQUE. Le gé­rant du Phé­nix doit payer 186 000 € au centre com­mer­cial Grand-Var pour être res­té fer­mé le 14 juillet. Il re­fuse cette sanc­tion et n’ou­vri­ra pas le 15 août.

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - Tou­lon (Var) De notre cor­res­pon­dante DIANE ANDRÉSY

DE­PUIS QUELQUES JOURS, l’af­fluence a grim­pé au Phe­nix. Car ce res­tau­rant du centre com­mer­cial Grand-Var, à La Garde (Var), est au centre de toutes les at­ten­tions après avoir été frap­pé par une amende de 186 000 € pour être res­té fer­mé le 14 juillet.

Dans trois jours, re­be­lote. Le 15 août, autre jour fé­rié de l’été, son gé­rant, Pa­trick Brun, est bien dé­ci­dé à ré­ci­di­ver en fer­mant de nou­veau son éta­blis­se­ment. Au nom de la « li­ber­té des com­merces in­dé­pen­dants » mais au risque d’être à nou­veau épin­glé. « Comme pour le 14 juillet, le jour fé­rié du 15 août n’est pas in­té­res­sant pour nous. Les gens sont à la plage et pas dans les centres com­mer­ciaux », jus­ti­fie-t-il, bien dé­ci­dé à se dé­fendre.

Le res­tau­ra­teur a lan­cé une pé­ti­tion en ligne et a re­cueilli dé­jà plus de 2 000 si­gna­tures en signe de so­li­da­ri­té. « Des quatre coins de France, des pro­fes­sion­nels de centres com­mer­ciaux, si­mi­laires au mien, m’ap­pellent pour dé­non­cer le vide ju­ri­dique qui pé­na­lise les com­mer­çants in­dé­pen­dants. Face aux grosses en­seignes, nous ne fai­sons pas le poids. S’ils ouvrent les jours fé­riés, nous sommes obli­gés d’ou­vrir aus­si et de contraindre nos sa­la­riés à tra­vailler. »

En­trave à la li­ber­té disent cer­tains com­mer­çants, res­pect du rè­gle­ment, ré­pond le ges­tion­naire du centre com­mer­cial

Le grou­pe­ment d’in­té­rêt éco­no­mique (GIE) — qui gère l’activité de Grand-Var et a in­fli­gé les amendes de la Fête na­tio­nale — se dé­fend en di­sant que « tous les com­mer­çants de la zone s’étaient en­ten­dus en as­sem­blée gé­né­rale pour res­ter ou­verts du­rant les deux jours fé­riés de l’été. Sous peine de pé­na­li­tés pré­vues dans le rè­gle­ment in­té­rieur ». Mais dix-sept d’entre eux n’avaient pas joué le jeu et choi­si de res­ter ri­deaux bais­sés… sans se dou­ter des amendes as­tro­no­miques aux­quelles ils s’ex­po­saient.

Le 15 août ap­proche et une ma­jo­ri­té de ceux frap­pé par des amendes al­lant de 20 000 à 78 000 €, ont choi­si d’ou­vrir leurs portes lun­di par crainte d’être à nou­veau sanc­tion­né. « J’ai éco­pé de 40 000 € la pre­mière fois pour ma pe­tite bou­tique de vente de cho­co­lats. Le 15 août, je pense ou­vrir même si le coeur n’y est pas », avoue la gé­rante. Même chose au ta­bac voi­sin qui, pour ses 55 m2, doit s’ac­quit­ter d’une amende de 72 000 €.

Le Phe­nix, lui, res­te­ra bien fer­mé et a pla­car­dé son amende par­tout dans la bras­se­rie pour aler­ter sa clien­tèle. « J’ai écrit à Em­ma­nuel Ma­cron, mi­nistre de l’Economie, au Pre­mier mi­nistre et même au pré­sident de la Ré­pu­blique pour de­man­der que ce dik­tat, dans les zones com­mer­ciales où pe­tits in­dé­pen­dants et grandes sur­faces co­ha- bitent, cesse », confie Pa­trick Brun.

Pour lui comme pour les seize autres pro­fes­sion­nels « pu­nis », un mea culpa de la di­rec­tion du centre s’im­pose. « De­puis le dé­but de l’af­faire, per­sonne n’est ve­nu nous voir, se dé­sole-t-il. Nous avons reçu les amendes par lettres re­com­man­dées. Som­més de payer avant la fin de l’été ou de né­go­cier un vague for­fait pour ré­gler. Mais pas ques­tion ! Ou alors au­tant ti­rer le ri­deau tout de suite… »

La Garde (Var), hier. L’équipe du res­tau­rant le Phe­nix et son gé­rant, Pa­trick Brun (à gauche), ont lan­cé une pé­ti­tion pour dé­non­cer le vide ju­ri­dique qui, disent-ils, pé­na­lise les com­mer­çants in­dé­pen­dants des ga­le­ries mar­chandes.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.