Les che­veux courts, ça vous gêne ?

FEMMES. Sur les ré­seaux so­ciaux, le « mom hair gate » ne s’éteint pas. A quoi rime ce scan­dale de la coupe de che­veux des ma­mans né aux Etats Unis cet été ?

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - CH­RIS­TINE MATEUS

DANS LA TRA­DI­TION chré­tienne, ex­hi­ber des che­veux courts pour une femme était un geste condam­nable. Sommes-nous en train de re­ve­nir à cette i dée ? Saint Paul écri­vait d’ailleurs à ce pro­pos : « Il est ho­no­rable à une femme de les lais­ser tou­jours croître, parce qu’ils lui ont été don­nés comme un voile qui la doit cou­vrir. »

Force est de consta­ter que des pe­tites choses culpa­bi­li­santes et sexistes émergent de-ci de-là pour appuyer ce dis­cours. Les che­veux, un su­jet lé­ger ? Vrai­ment ? Une ré­cente étude, me­née par la marque Dove, ré­vèle que 7 femmes sur 10 n’osent pas adop­ter la coif­fure qu’elles sou­haitent par peur des pré­ju­gés ou du re­gard des autres. Et ce der­nier peut en ef­fet être cin­glant.

Au­jourd’hui en­core, des mères de fa­mille postent sur les ré­seaux so­ciaux des pho­tos d’elles, tout sou­rire, ar­bo­rant leur nou­velle coupe à la gar­çonne ou leur car­ré dé­gra­dé, en ré­ponse à un ar­ticle du « New York Times ». Au dé­but de l’été, ce der­nier a en ef­fet dé­clen­ché un vé­ri­table « mom hair gate » (scan­dale de la coupe de che­veux des ma­mans) qui ne s’est pas éteint. Sur Twit­ter, le has- htag #mom­hair est d’ailleurs tou­jours bien pré­sent. Le jour­nal no­tait la ten­dance sui­vante : les femmes, dès qu’elles de­viennent mères, sa­cri­fient leur che­ve­lure à la Rai­ponce (per­son­nage des contes de Grimm, aux che­veux très longs) pour une coupe de che­veux au car­ré. Une coupe adop­tée par les mères de fa­mille car elle est ju­gée simple et pra­tique. Ce n’est pas l’avis de Juan Car­los Ma­ciques, sty­lis- te ca­pil­laire dans un salon de Man­hat­tan, in­ter­ro­gé par le quo­ti­dien. « On voit cette coupe dans les centres com­mer­ciaux de ban­lieue : un car­ré, avec un peu plus de lon­gueur der­rière, court de­vant, qui de­vrait avoir l’air classe mais fait juste négligé. » Pre­mier tacle.

« Ça fait plus que m’éner­ver, ça me met en co­lère parce que des femmes sont tou­chées par ces inep­ties, peste Mi­la, ma­man d’An­ton âgé de 6 mois. Der­rière ces pa­roles, y a quoi au fond ? Sois mère, OK. Mais reste sexy avec ta cri­nière de lionne, comme si une coupe courte em­pê­chait ce­la. C’est ré­vol­tant », s’anime en plein square Trous­seau (Paris XIIe) cette femme de 34 ans au car­ré court. Son amie, Char­lotte, ma­man d’une pe­tite Ma­rie de 1 an, ac­quiesce : « C’est vrai qu’après la nais­sance de ma fille, on m’a fait re­mar­quer que ma pixie cut (NDLR : coupe très courte) fai­sait un peu ado re­belle. Comme si mes che­veux courts m’ôtaient toute fé­mi­ni­té. »

Dans l’ar­ticle du « New York Times », le spé­cia­liste ca­pil­laire va plus loin. « La pre­mière chose que les nou­velles ma­mans veulent faire, c’est de cou­per leurs che­veux. Elles se sentent moches dans leur corps et veulent juste se sen­tir bien à nou­veau. Mais en gé­né­ral, se cou­per les che­veux est une grosse er­reur. » Car, oui, ce chan­ge­ment ra­di­cal est aus­si ana­ly­sé comme une fa­çon de tra­ver­ser le mal-être en­gen­dré par les ki­los en trop post­gros­sesse. Se­cond tacle.

Dans l’ar­ticle, un mé­de­cin rap­pelle d’ailleurs aux mères que « les longs che­veux peuvent faire di­ver­sion » chez une femme qui n’a « pas en­core le poids » qu’elle sou­haite re­trou­ver. Et de pré­ve­nir ces in­cons­cientes : « Plus on rac­cour­cit, plus on s’ex­pose. Et moins il y en a pour se ca­cher. » Le retour de saint Paul on vous dit…

Coupe longue, car­rée, fé­mi­nine ou pas... le dé­bat fait rage sur Twit­ter

Se cou­per les che­veux quand on est une jeune ma­man se­rait une grosse er­reur, se­lon le spé­cia­liste ca­pil­laire in­ter­ro­gé par le « New York Times ».

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