Dans le se­cret de la chambre d’ap­pel

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - William Mey­nard, mé­daille d’ar­gent avec le 4 x 100 m ÉRIC BRUNA

sont dé­ter­mi­nés, qui font sem­blant. C’est agréable. Tu choi­sis ton per­son­nage. Après, si tu es bon ou mau­vais, tu le sais dé­jà avant d’en­trer… »

Ber­nard ou Mey­nard ne se sou­viennent pas d’avoir per­du une course en chambre d’ap­pel. Mais ont par­fois eu l’im­pres­sion d’y pé­né­trer avec un sen­ti­ment d’in­vul­né­ra­bi­li­té. « Moi, c’était en fi­nale des Eu­ros 2008 à Eind­ho­ven (NDLR : or et re­cord du monde en 47’’50), souffle Ber­nard. Je ve­nais dé­jà de battre le re­cord du monde la veille (47’’60). Et là, tu te sens se­rein, dé­con­trac­té, tu parles, tu ri­goles. Ce sont des mo­ments as­sez jouis­sifs dont il faut pro­fi­ter. »

Mey­nard re­grette ce­pen­dant que ce ri­tuel perde un peu de sa­veur. « La nou­velle gé­né­ra­tion, c’est calme, po­sé. J’ai l’im­pres­sion qu’ils sont plus in­for­ma­ti­sés que nous, sou­rit le sprin­teur du CNM, 29 ans. Nous, c’est brut, c’est la ba­garre, les jeux de re­gard. En France, c’était beau­coup plus com­pli­qué quand il y avait Amau­ry (NDLR : Le­veaux) ou Alain, des ri­va­li­tés entre les clubs. Pa­reil chez les Russes à l’an­cienne. A Bu­da­pest (NDLR : bronze sur 100 m eu­ro­péen en 2010), un Russe m’avait souf­flé dans le cou au mo­ment où on s’aligne pour sor­tir. Ça avait failli par­tir en ca­ca­huète ! » La tra­di­tion est en dan­ger. « Je vais es­sayer de la per­pé­tuer, conclut-il. La na­ta­tion, c’est bien, mais la confron­ta­tion di­recte entre hommes, comme la boxe, c’est mieux… »

« La na­ta­tion c’est bien, mais la confron­ta­tion di­recte c’est mieux »

Florent Ma­nau­dou sort de la chambre d’ap­pel, où les na­geurs doivent pa­tien­ter avant de se pré­sen­ter sur les plots. Un lieu rem­pli de mys­tère.

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