Quels sont les ar­gu­ments du tri­bu­nal ?

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR -

D’APRÈS les ex­traits du ju­ge­ment lus par Mes Na­tha­lie To­ma­si­ni et Ja­nine Bo­nag­giun­ta, les avo­cates de Jac­que­line Sau­vage, le tri­bu­nal d’ap­pli­ca­tion des peines (TAP) de Me­lun (Seine-et-Marne) a consi­dé­ré que la sexa­gé­naire n’avait pas suf­fi­sam­ment ré­flé­chi à la por­tée de son acte, qu’elle de­vait en­core se li­vrer à un né­ces­saire tra­vail « d’in­tros­pec­tion ». « Lors de l’au­dience du mois de juillet, les juges ont ab­so­lu­ment vou­lu lui faire ad­mettre qu’elle avait in­ten­tion­nel­le­ment tué son ma­ri », pestent les deux avo­cates qui font re­mar­quer que le tra­vail du TAP n’est pas de pro­cé­der à un nou­vel exa­men du dos­sier au fond mais de sta­tuer sur les cri­tères de re­mise en li­ber­té.

Sa mé­dia­ti­sa­tion, un problème

Pour jus­ti­fier son re­fus, le tri­bu­nal a éga­le­ment es­ti­mé que Jac­que­line Sau­vage ne pou­vait pas re­tour­ner vivre à proxi­mi­té du lieu des faits « dans un en­vi­ron­ne­ment qui, compte te­nu des sou­tiens dont elle bé­né­fi­cie et de la mé­dia­ti­sa­tion des faits, ris­que­rait de la confor­ter en­core dans son po­si­tion­ne­ment lar­ge­ment vic­ti­maire ». « On lui re­proche la mé­dia­ti­sa­tion alors qu’elle n’y est pour rien », dé­noncent les deux avo­cates, qui en sont pa­ra­doxa­le­ment pour par­tie res­pon­sables. De fait, Jac­que­line Sau­vage n’a ja­mais re­ven­di­qué le sta­tut d’icône des femmes bat­tues que cer­tains lui ont at­tri­bué. Le TAP a, sans doute, consi­dé­ré que ce po­si­tion­ne­ment avait em­pê­ché la condam­née de réel­le­ment prendre conscience de son pas­sage à l’acte. Pour ses avo­cates, qui avaient plai­dé mal­adroi­te­ment l’ac­quit­te­ment, Jac­que­line Sau­vage était « une vic­time » alors que deux ju­rys po­pu­laires l’ont re­con­nue cou­pable d’un ho­mi­cide vo­lon­taire.

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