3. S’agit-il d’un achar­ne­ment ju­di­ciaire ?

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR -

C’EST SANS DOUTE la charge la plus vio­lente lan­cée hier par Na­tha­lie To­ma­si­ni et Ja­nine Bo­nag­giun­ta, les avo­cates de Jac­que­line Sau­vage : « Les juges n’ont pas agi dans l’in­té­rêt d’une femme mais pour ré­gler leurs comptes avec une grâce pré­si­den­tielle ex­trê­me­ment mal per­çue par la pro­fes­sion », tonnent les deux avo­cates, n’hé­si­tant pas à par­ler de « dé­ci­sion po­li­tique ».

« Les grâces ne sont ja­mais bien vé­cues par l’ins­ti­tu­tion ju­di­ciaire, ad­met un ma­gis­trat, même si Fran­çois Hol­lande avait eu l’ha­bi­le­té de lais­ser le der­nier mot au tri­bu­nal de l’ap­pli­ca­tion des peines. » Cette mé­fiance à l’égard du fait du prince au­rait-elle pu in­fluen­cer la dé­ci­sion des juges ? « C’est ex­trê­me­ment aga­çant que deux avo­cates, c’est-àdire deux ju­ristes, pro­fèrent de telles ac­cu­sa­tions », se la­mente Vir­gi­nie Du­val, la pré­si­dente de l’Union syn­di­cale des ma­gis­trats (USM, ma­jo­ri­taire). « Les ma­gis­trats ont bien d’autres choses à faire que de ré­gler des comptes. Notre rôle consiste pré­ci­sé­ment à nous ex­traire de ces consi­dé­ra­tions par­ti­cu­lières pour prendre des dé­ci­sions en droit, pour­suit la syn­di­ca­liste, rap­pe­lant l’avis dé­fa­vo­rable de la commission plu­ri­dis­ci­pli­naire. Et que des po­li­tiques s’en­gouffrent là-de­dans sans connaître le dos­sier est as­sez in­sup­por­table. »

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