La brique de lait, c’est vous qui la faites !

CONSOM­MA­TION. A l’au­tomne se­ra ven­du en su­per­mar­ché ce pro­duit éla­bo­ré à par­tir d’un ca­hier des charges rem­pli en ligne par les consom­ma­teurs. Une pre­mière.

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - Un cadre di­ri­geant de l’in­dus­trie agroa­li­men­taire BÉRANGÈRE LEPETIT

ET VOUS, vous êtes plu­tôt avec ou sans oper­cule ? Vous pré­fé­rez le lait en bou­teille ou en brique ? Et que son pro­duc­teur soit ré­mu­né­ré sur la base du cours mon­dial du lait ou qu’il puisse par­tir quelques jours en va­cances ? Telles sont les épi­neuses ques­tions aux­quelles vous pou­vez ré­pondre sur In­ter­net*, en ce mois d’août, pour concoc­ter votre litre de lait idéal. De l’ali­men­ta­tion de la vache au prix que vous ju­gez juste, à vous de dé­ci­der ce que vous vou­lez boire ! A la ren­trée, un ob­jet bien réel émer­ge­ra de cette masse de ré­sul­tats. Et, en oc­tobre, la fa­meuse bou­teille se­ra dis­po­nible en su­per­mar­ché sous la marque C’est qui le pa­tron ?.

Pe­tit séisme dans le monde de la dis­tri­bu­tion, cette nou­velle « marque du consom­ma­teur » lan­cée par Ni­co­las Cha­banne et Laurent Pas­quier, du col­lec­tif des Gueules cas­sées, en­tend bous­cu­ler les rayons frais des grandes sur­faces. Et va ra­pi­de­ment se dé­cli­ner, dans l’une des deux prin­ci­pales en­seignes fran­çaises, sous d’autres pro­duits, en yaourts par exemple ou en­core en jam­bon, en pâtes. De grandes marques de l’agroa­li­men­taire, comme Fleu­ry-Mi­chon, lea­deur fran­çais de la char­cu­te­rie libre-ser­vice, sont in­té­res­sées par le concept.

« Pour la pre­mière fois en France, un pro­duit conçu par et pour le consom­ma­teur va être com­mer­cia­li­sé, s’en­thou­siasme Ni­co­las Cha­banne. On ren­verse le sys­tème. Cette fois, c’est le consom­ma­teur qui va choi­sir ce qu’il veut ache­ter, boire et man­ger. En par­ti­ci­pant à la ré­dac­tion du ca­hier des charges du pro­duit, comme le font les in­dus­triels, il com­pren­dra aus­si plus fa­ci­le­ment com­ment le pro­duit est fa­bri­qué, de quelle ma­nière la va­leur est ré­par­tie », pour­suit-il.

« Ce pro­jet nous offre une porte de sor­tie par le haut, abonde même un cadre di­ri­geant de l’in­dus­trie agroa­li­men­taire. Dans le contexte de crise agri­cole, de rup­ture de confiance entre le consom­ma­teur et l’in­dus­trie, c’est une oc­ca­sion unique de créer un par­te­na­riat entre le consom­ma­teur, le pro­duc­teur, l’in­dus­trie et le dis­tri­bu­teur. »

C’est qui le pa­tron ? pro­met qu’il ré­mu­né­re­ra l’éle­veur lai­tier entre 3 et 7 cen­times d’eu­ros sup­plé­men­taires au litre par rapport au cours mon­dial — ac­tuel­le­ment entre 25 cen­times et 30 cen­times le litre.

Pour fa­bri­quer cette bou­teille pas comme les autres, qui de­vrait aus­si coû­ter un peu plus cher en caisse, les Gueules cas­sées vont tra­vailler avec la lai­te­rie LSDH, ba­sée à Saint-De­nis-de-l’Hô­tel (Loi­ret), qui pro­duit dé­jà un lait équi­table sous la marque Faire France.

Le lait C’est qui le pa­tron ? se­ra col­lec­té au­près de cin­quante éle­veurs lai­tiers, im­plan­tés dans le Loi­ret. « Ce nou­veau pro­duit va contri­buer à va­lo­ri­ser le tra­vail de nos pro­duc­teurs, es­time aus­si, confiant, Em­ma­nuel Vas­se­neix, le di­rec­teur de la lai­te­rie LSDH. De toute fa­çon, la grande dis­tri­bu­tion a com­plè­te­ment in­té­rêt à s’en­gouf­frer dans ce type de pro­jet. » A l’au­tomne, cinq à dix mil­lions de litres C’est qui le pa­tron ? se­ront dis­tri­bués par­tout en France.

« Ce pro­jet nous offre une porte de sor­tie par le haut »

* Ques­tion­naire.la­mar­que­du­con­som­ma­teur.com.

Cette brique de lait de­vrait coû­ter un peu plus cher en caisse.

Ni­co­las Cha­banne, du col­lec­tif des Gueules cas­sées.

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