La tour Onyx à Pa­ris fière de son « hé­ros, son Pe­lé »

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Mon­sieur Maa­touk, un voi­sin qui don­nait des cours de la­tin à la fra­trie des Ri­ner CH­RIS­TOPHE LEMAIRE

UN LOTISSEMENT de la fin des an­nées 1970, rue de Cour­celles, dans le XVIIe ar­ron­dis­se­ment de la ca­pi­tale. Des ados passent le temps en bas de la tour Onyx. Il suf­fit d’évo­quer le nom de Ted­dy Ri­ner pour sus­ci­ter l’eu­pho­rie gé­né­rale. « Ted­dy, c’est notre hé­ros, une lé­gende ! » clame Al­vin. Ses co­pains du quar­tier « PDA » (pour porte d’As­nières), sont una­nimes : il est « comme Pe­lé ou Mes­si ». Tous savent que le ju­do­ka a gran­di ici, dans un 4pièces, au 5e étage du bâ­ti­ment don­nant sur la rue, tout près de la fron­tière avec Le­val­lois, où il a dé­sor­mais ses at­taches.

Par­mi les en­fants, nom­breux sont ceux l’ayant ren­con­tré lors de ses quelques re­tours aux sources. Ici, Ri­ner n’a lais­sé que des bons sou­ve­nirs. Gar­dienne de l’an­cien im­meuble des Ri­ner entre 1985 et 1998, dé­sor­mais lo­ca­taire, Ma­ria Da Glo­ria Ma­cha­do se sou­vient bien du « grand Ted­dy ». « Ses pa­rents sont ar­ri­vés au mi­lieu des an­nées 1990, confie-t-elle. Ted­dy était en­core très pe­tit, puis­qu’il était à la ma­ter­nelle. Mais il m’a très vite dé­pas­sée. A 11 ou 12 ans, quand sa fa­mille a dé­mé­na­gé dans le XIXe, il fai­sait une tête de plus que moi. C’était dé­jà un jeune homme. Ça fait drôle mais on peut le dire : un de nos ga­mins est de­ve­nu un cham­pion ! »

Etage après étage, les ha­bi­tants de la tour Onyx disent leur ad­mi­ra­tion et se rap­pellent de Moïse, le père, Ma­rie-Pierre, la mère, Moïse Ju­nior, le frère aî­né, et Ted­dy, « le pe­tit de­ve­nu grand ». « Ils étaient très unis, dit mon­sieur Maa­touk, a u 10e étage, qui, de­vant sa té­lé pour la fi­nale, se sou­vient avoir don­né des cours de la­tin à la fra­trie. Ses pa­rents étaient d’une très grande pro­bi­té. On voyait tou­jours Ted­dy avec son sac de sport. Que ça fait du bien des jeunes qui réus­sissent grâce à leur tra­vail ! »

Au 1er étage, la fa­mille Pi­card se sou­vient de la Fête des voi­sins, à la­quelle les Ri­ner ré­pon­daient tou­jours pré­sent. « Ils étaient très sym­pas, mais on était loin d’ima­gi­ner que Ted­dy al­lait de­ve­nir une star. Ce se-

« On voyait tou­jours Ted­dy avec son sac de sport »

rait bien qu’il re­vienne par ici ! » « In­vi­té à ve­nir fê­ter ça », le cham­pion olympique de la rue de Cour­celles sait qu’il est tou­jours le bien­ve­nu « chez lui ».

Rue de Cour­celles (Pa­ris XVIIe), hier. Ted­dy Ri­ner a vé­cu quelques an­nées dans cet im­meuble à la fin des an­nées 1990.

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