La folle jour­née des Bleus

Fleu­ret par équipes

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Rio de Ja­nei­ro De l’un de nos en­voyés spé­ciaux Bru­no Guyart, double cham­pion olympique ÉRIC MI­CHEL

ERWANN Le Pé­choux, 33 ans et des airs de vé­té­ran qui a dé­jà « fait » Athènes en 2004, Pé­kin en 2008 et Londres en 2012, n’avait ja­mais connu l’im­mense bon­heur de ser­rer entre ses doigts une mé­daille olympique. Les choses se sont ar­ran­gées hier. Or ou ar­gent, peu im­porte (la fi­nale face à la Russie se dé­rou­lait la nuit der­nière) ! Dans son im­mense cri de joie, l e gau­cher pro­ven­çal n’a pas pen­sé à sa coul eur : « De­puis 2004, je cours après elle mais je n’ai pas pen­sé à tout ce qui s’est pas­sé avant. J’ai juste es­sayé de sa­vou­rer ce qu’on a fait là. C’est juste im­mense. » Sous le re­gard plein d’ad­mi­ra­tion de la pré­si­dente de la Fé­dé­ra­tion, Isa­belle La­mour, Le Pé­choux est aux anges.

Jé­ré­my Ca­dot et En­zo Le­fort, pas­sés à cô­té de leurs tour­nois in­di­vi­duels, ont at­ten­du moins long­temps pour mon­ter sur la boîte. Ca­dot dé­cou­vrait l a ma­gie de l’Olympe et Le­fort était à Londres. Ma i s ils sont aus­si heu­reux qu’Erwann Le Pé­choux. Ima­gi­nez un peu ! Pul­vé­ri­ser l’Ita­lie, cham­pionne du monde et olympique en titre (45-30), en de­mi-fi­nale pour avoir le droit de dis­pu­ter, face à la Russie, une fi­nale des Jeux. Juste dingue ! Le Nor­diste et le Gua­de­lou­péen de Me­lun s’en frottent en­core les yeux. « On n’avait ja­mais bat­tu les Ita­liens aus­si sè­che­ment mais c’était le bon jour pour le faire, non ? » sou­rit Le­fort. « Dans l e ur r e g a r d, e n mon­tant s ur la piste, on a vu qu’ils flip­paient, en­chaîne Le Pé­choux. On a su à cet i ns­tant que c’était pos­sible. »

C’était bien la jour­née de leur vie. Et ils ont vou­lu que rien ne la gâche. Pas même les cinq heures de pause entre la de­mie et la fi­nale. « On a man­gé, bu et at­ten­du, ra­conte Le Pé­choux. Une fois, avec En­zo (Le­fort) aux Cham­pion­nats d’Eu­rope, on avait man­gé un énorme plat avec des brow­nies avant la fi­nale et ça avait mar­ché. » Ils n’ont pas re­ten­té l’ex­pé-

« Quelque chose en eux qui dé­ga­geait une vraie puis­sance »

rience… Une jour­née pa­reille, Brice Guyart l’a vé­cue à Syd­ney en 2000 pour al­ler cher­cher le titre par équipes avant l’in­di­vi­duel à Athènes.

« Avant d’en­trer en scène, ils se te­naient bras des­sus, bras des­sous, ra­conte le consul­tant de France Té­lé­vi­sions. Il y avait quelque chose en eux qui dé­ga­geait une vraie puis­sance. Je ne sais pas si ces gars sont des potes dans la vie mais ils ont su créer entre eux un lien très so­lide qui de­vait les conduire loin. » Jus­qu’au bout de leur rêve. « Je suis fier, tel­le­ment fier d’être dans la même équipe que ces gars-là », sou­rit Le Pé­choux. Des gars mé­daillés olym­piques.

Jé­ré­my Ca­dot, Er­wan Le Pé­choux et En­zo Le­fort (de gauche à droite) se sont his­sés en fi­nale du fleu­ret hier.

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