Droits et de­voirs des Bleus

Aujourd'hui en France - - AUTOUR DES JEUX - JÉ­RÉ­MIE PAVLOVIC

APRÈS LA NA­TA­TION, le ten­nis ou le judo, l’es­crime fran­çaise a failli s’of­frir sa po­lé­mique, hier. L’épéiste des Bleus Jean-Mi­chel Lu­ce­nay a cru qu’il avait fran­chi la ligne blanche en of­fi­ciant comme consul­tant té­lé. Son sta­tut de rem­pla­çant le lui au­to­ri­sait pour les épreuves in­di­vi­duelles. Ouf… Car les ath­lètes ne sont pas libres de faire ce qui leur chante à Rio. Ils sont te­nus de res­pec­ter nombre de règles fixées par le Co­mi­té na­tio­nal olympique et spor­tif fran­çais (CNOSF). Ex­traits…

Ta com­mu­ni­ca­tion, tu soi­gne­ras…

Il s’agit sans doute du prin­cipe sur le­quel ce rè­gle­ment met le plus l’ac­cent. A l’ère des ré­seaux so­ciaux, la com­mu­ni­ca­tion des spor­tifs est ré­gie de ma­nière très stricte. Ain­si, s’ils peuvent par­ta­ger avec leurs fans les pho­tos de leur choix, il leur est in­ter­dit de pu­blier des do­cu­ments au­dio et vi­déo pris sur les sites olym­piques (ac­ces­sibles avec une ac­cré­di­ta­tion ou un billet d’en­trée, comme le vil­lage, les sites de com­pé­ti­tion ou d’en­traî­ne­ment). Ils ne peuvent pas non plus créer un site spé­ci­fi­que­ment lié aux JO, ni col­la­bo­rer avec les médias comme jour­na­listes ou consul­tants.

Tes spon­sors, tu ou­blie­ras…

Pen­dant la pé­riode olympique, qui s’étend sur vingt-neuf jours, du 27 juillet au 24 août — soit trois jours après la cé­ré­mo­nie de clô­tu- re — il est in­ter­dit aux ath­lètes de faire men­tion de leurs spon­sors si ceux-ci ne sont pas liés au CIO. Une dis­po­si­tion prise afin de mettre en avant les par­te­naires of­fi­ciels de l’ins­tance, qui ont payé cher le pri­vi­lège d’être les seuls à pou­voir ex­ploi­ter leurs images et leur nom.

Ton style ves­ti­men­taire, tu adap­te­ras…

Même les choses les plus évi­dentes sont en­ca­drées. Ain­si, les ath­lètes ne peuvent pas re­vê­tir leurs ha­bits pré­fé­rés à leur guise. Ils doivent por­ter les te­nues de re­pré­sen­ta­tion de l’équipe de France four­nies par le CNOSF, à sa­voir une « te­nue dé­fi­lés », une « te­nue pro­to­co­laire », et une « te­nue vil­lage ». En com­pé­ti­tion, l’af­faire des te­nues du double de ten­nis Mla­de­no­vic/Gar­cia est là aus­si pour le rap­pe­ler. Les deux joueuses se sont pré­sen­tées avec des te­nues de cou­leurs dif­fé­rentes, ce qui est contraire au rè­gle­ment. Ca­ro­line Gar­cia a été obli­gée de jouer avec une te­nue cus­to­mi­sée — un maillot à l’en­vers, pour des his­toires de spon­sors —, ce qui a pro­vo­qué la co­lère de Mla­de­no­vic en­vers la FFT.

Les pa­ris, tu t’in­ter­di­ras…

Là-des­sus, le rè­gle­ment est clair. Les ath­lètes ont l’in­ter­dic­tion for­melle de par­ti­ci­per, de sou­te­nir ou de pro­mou­voir les pa­ris spor­tifs re­la­tifs aux JO, de quelque forme que ce soit, pen­dant toute la du­rée de l’ou­ver­ture des vil­lages olym­piques, soit du 24 juillet au 24 août in­clus. Plus en­core, ils sont te­nus de rap­por­ter au CIO tout fait dont ils au­raient connais­sance.

Le do­page, tu ban­ni­ras…

En­fin, une évi­dence : les ath­lètes s’en­gagent à res­pec­ter les règles an­ti­do­page éta­blies par le CIO. Une obli­ga­tion qui ré­sonne d’au­tant plus avec le scan­dale de do­page d’Etat en Russie qui a écla­bous­sé ces Jeux 2016.

… si­non aux sanc­tions, tu t’ex­po­se­ras

Mar­di, Be­noît Paire était ex­clu de l’équipe de France de ten­nis par la Fé­dé­ra­tion après « man­que­ments aux règles de vie com­mune ». A l’ins­tar du ten­nis­man, en cas de non-res­pect du rè­gle­ment, les spor­tifs s’ex­posent éga­le­ment à des sanc­tions telles qu’une dis­qua­li­fi­ca­tion ou le re­trait éven­tuel d’une mé­daille. De quoi re­froi­dir les ar­deurs de ceux qui comp­taient vivre leur ex­pé­rience olympique se­lon leurs propres règles.

Rio (Bré­sil), jeu­di. Mat­thieu Pé­ché a ob­te­nu le bronze qui lui échap­pait jusque-là.

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