« L’été n’est pas tou­jours sy­no­nyme d’échec »

Alexandre Mal­let-Guy,

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET SPECTACLES - Alexandre Mal­let-Guy, dis­tri­bu­teur Pro­pos re­cueillis par A.G.

A L E X A N D R E MAL L E T - G U Y , 41 ans, est le dis­tri­bu­teur no­tam­ment d’« Une sé­pa­ra­tion » du réa­li­sa­teur ita­lien As­ghar Fa­rha­di, de « Win­ter Sleep » du Turc Nu­ri Bilge Cey­lan (Palme d’or Cannes 2013), de « Mar­gue­rite » avec Ca­the­rine Frot et « Ma Loute » de Bru­no Du­mont. Avec sa so­cié­té Me­men­to, il dis­tri­bue cet été deux films fran­çais. « Ir­ré­pro­chable » de Sé­bas­tien Mar­nier avec Ma­ri­na Foïs et « Ma ré­vo­lu­tion » de Ram­zi Ben-Slimane. Sor­tir en pé­riode es­ti­vale, un choix qu’il re­ven­dique avec force. « Ir­ré­pro­chable », un pre­mier long-mé­trage avec Ma­ri­na Foïs, est sor­ti le 6 juillet. Etes-vous sa­tis­fait de son ré­sul­tat com­mer­cial ? ALEXANDRE MAL­LET-GUY. Oui. On va faire entre 170 000 et 200 000. C’est une belle réus­site pour un film fran­çais. Comme quoi l’été n’est pas tou­jours sy­no­nyme d ’ é c h e c . J ’ a i me bien cette pé­riode es­ti­vale parce que la ro­ta­tion des films est moins im­por­tante qu’à la ren­trée ou dans l’hi­ver. Les films ont plus de temps pour s’ins­tal­ler et fonc­tion­ner sur le bouche-à-oreille. De plus, les in­ves­tis­se­ments sur un pre­mier film sont moindres. Pour vous, le bouche-à-oreille est très im­por­tant ? Com­plè­te­ment ! Sur des dé­cou­vertes un peu comme « Ir­ré­pro­chable » même s’il y a Ma­ri­na Foïs dans le rôle prin­ci­pal, ils ont le temps de faire leur car­rière sur la du­rée. « Ir­ré­pro­chable » est sor­ti la se­maine de la fi­nale de l’Eu­ro, et comme les autres dis­tri­bu­teurs n’ont rien sor­ti, on s’est re­trou­vés la seule pro­po­si­tion fran­çaise. C’est in­té­res­sant d’être en quelque sorte en contre­pro­gram­ma­tion. La fré­quen­ta­tion était faible, mais on a su ré­sis­ter et « Ir­ré­pro­chable » conti­nue sa car­rière dans plu­sieurs salles dont une di­zaine sur Pa­ris. Pour vous, est-il dom­mage de lais­ser les salles fran­çaises aux block­bus­ters amé­ri­cains ? Bien sûr. Je me sou­viens par exemple que « le Pre­mier Jour du reste de ma vie » de Ré­mi Be­zan­çon (en 2008) avait fait un mil­lion d’en­trées en sor­tant fin juillet. Je crois que les bons films fran­çais peuvent aus­si mar­cher l’été. Par le pas­sé, le Centre na­tio­nal du ci­né­ma avait mis en place une me­sure sur le sou­tien au­to­ma­tique pour les salles entre le 15 juillet et le 15 août. Une sorte de bo­nus pour en­cou­ra­ger les dis­tri­bu­teurs et pro­duc­teurs. Mais cette me­sure a été aban­don­née.

« L’été, les films ont plus de temps pour fonc­tion­ner sur le bouche-à-oreille »

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