Des san­gliers trop gour­mands

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Tou­lon (Var) De notre cor­res­pon­dant DIANE AN­DRÉ­SY

DANS LE VAR, les san­gliers font des ra­vages. Pous­sés hors des fo­rêts à cause d’une sé­che­resse chro­nique, ils s’in­vitent dans les vignes pour cro­quer les rai­sins en pleine ma­tu­ra­tion. D’où des dé­gâts im­por­tants dé­plo­rés par les vi­ti­cul­teurs de la ré­gion de Bri­gnoles et de Dra­gui­gnan. L’an der­nier, 600 000 € de dé­gâts avaient été en­re­gis­trés dans les vi­gnobles.

Pour en­di­guer ce fléau, la pré­fec­ture vient d’au­to­ri­ser, avec plu­sieurs se­maines d’avance, l’ou­ver­ture de la chasse. Des bat­tues s’or­ga­nisent par­tout pour re­pous­ser les ani­maux hors des terres culti­vées afin de pro­té­ger les ven­danges à ve­nir. Et la me­sure s’avère ef­fi­cace.

Grappes de rai­sin gri­gno­tées

« Nous avons dé­jà or­ga­ni­sé cinq bat­tues ce mois-ci. Lors des trois pre­mières, c’était im­pres­sion­nant : nous avons tué 20 co­chons sau­vages qui vou­laient pé­né­trer sur les vi­gnobles », com­mente Ro­ger Ba­ro­li, pré­sident de la so­cié­té com­mu­nale de chasse de Ca­basse, dans l’ar­riè­re­pays va­rois. « Ti­rer en l’air pour leur faire peur ne sert à rien. Ils re­viennent tou­jours. Pour au­tant, nous es- sayons de les pré­ser­ver en ne ti­rant que sur un seul à chaque fois. Les autres com­prennent vite qu’il ne faut pas s’aven­tu­rer ici. » Très sou­vent, les chas­seurs lo­caux n’in­ter­viennent qu’à la de­mande spon­ta­née de vi­ti­cul­teurs, déses­pé­rés de voir leurs grappes de rai­sin com­plè­te­ment gri­gno­tées. Cer­tains s’équipent éga­le­ment de clô­tures élec­triques pour pro­té­ger leurs terres. C’est le cas au do­maine de l’Amau­rigue, à Ca­basse, où Eric, le gar­dien, sur­veille les lieux.

« Les san­gliers dé­barquent dès la tom­bée de la nuit et se ruent en groupes dans les vignes. Sans grillages élec­triques, les cul­tures se­raient en pé­ril », ana­lyse-t-il. « On a même ins­tal­lé des ca­mé­ras vi­déo sur ce do­maine de 45 ha qui nous per­mettent de les re­pé­rer. Car nous sommes en­tou­rés de 150 ha de fo­rêt. » L’ar­rê­té pris par le pré­fet du Var est, lui, li­mi­té dans le temps. Si­tôt les ven­danges pas­sées, les bat­tues s’ar­rê­te­ront.

Pous­sés hors des fo­rêts par la sé­che­resse, les san­gliers font des ra­vages dans les vi­gnobles.

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