Qui­quam­poix, Jean la main froide

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Rio (Bré­sil) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux STÉ­PHANE BIANCHI

NE VOUS FIEZ sur­tout pas aux ap­pa­rences. Mal­gré son sou­rire ul­tra­bright, sa cri­nière blonde et son pro­fil de gendre idéal, Jean Qui­quam­poix (20 ans) est un ani­mal à sang froid. Gla­cial même, si on se ré­fère à la pres­ta­tion que le mi­not de l’équipe de France de tir a sor­tie hier en fi­nale du pis­to­let 25 m vi­tesse. « Là où tout le monde se se­rait li­qué­fié, lui a tout sim­ple­ment été mons­trueux », sou­rit d’ailleurs le DTN Gilles Mul­ler. Bon der­nier de la fi­nale après une pre­mière sé­rie né­ga­tive (2 mai), il a tour à tour pous­sé à la faute le Cu­bain Pu­po, cham­pion olym­pique en titre, et le Chi­nois Zheng, nu­mé­ro un mon­dial, avant de conclure sa re­mon­tée fan­tas­tique à quatre touches de l’or et du re­cord­man du monde 20 ans. Né le 3 no­vembre 1995 à Pa­ris. Dis­ci­pline : pis­to­let 25 m vi­tesse. Club : TS An­tibes (Alpes-Ma­ri­times). Pal­ma­rès : mé­daillé d’ar­gent olym­pique (2016) ; cham­pion d’Eu­rope ju­nior (2012) ; vain­queur de la manche de Coupe du monde à Mu­nich (2015). al­le­mand Ch­ris­tian Reitz. « Jean est comme ça, sou­rit l’en­traî­neur na­tio­nal, Her­vé Car­ra­tu. Il aime les fi­nales, quand ça ba­garre, il trouve des res­sources que per­sonne n’est ca­pable d’al­ler cher­cher. »

Sans doute parce que, à un âge où l’in­sou­ciance est reine, le fils de William, com­man­dant de po­lice, et de Bet­ty, mère au foyer, a de­puis un mo­ment dé­jà été cou­ron­né roi de la ma­tu­ri­té. Lui qui a dé­bu­té le tir spor­tif à 14 ans « par ha­sard », dit-il, n’a eu de cesse de gra­vir les éche­lons à la vi­tesse de l’éclair, comme le ré­vèle l’ar­gent olym­pique dé­cro­ché hier au terme de sa pre­mière an­née chez les se­niors.

Cou­pé du monde pen­dant deux jours

« S’il tire aux Jeux comme il le fait dans les autres com­pé­ti­tions, il ira très loin, pro­nos­ti­quait son ho­mo­logue du skeet An­tho­ny Ter­ras avant la fi­nale. Jean, c’est une ma­chine. Et en­core, une ma­chine, ça se dé­règle. Pas lui ! » Pour évi­ter de voir la mé­ca­nique se dé­tra­quer, ce fan de cy­clisme — il fait des sor­ties d’au moins 80 km tous les deux ou trois jours — n’a d’ailleurs pas hé­si­té à cou­per les ponts avec les siens et à s’en­fer­mer dans une bulle qua­rante-huit heures avant son en­trée en lice. « J’ai dit à mes pa­rents et à mes deux soeurs que je pré­fé­rais qu’ils ne viennent pas me sou­te­nir au Bré­sil, dé­voile-t-il dans un sou­rire gê­né. J’ai cou­pé aus­si mon té­lé­phone pen­dant deux jours. Ce n’est pas fa­cile à faire com­prendre à son en­tou­rage, mais, dans ma dis­ci­pline, il faut évi­ter de se pol­luer l’es­prit avec des pen­sées pa­ra­sites. Et même s’ils sont bien­veillants, les en­cou­ra­ge­ments peuvent avoir un ef­fet très per­tur­bant. »

Mais hier, les per­tur­ba­tions, c’est bel et bien cet étu­diant, qui aban- don­ne­ra le droit au mois de sep­tembre pour bas­cu­ler en for­ma­tion de ki­né, qui les a pro­vo­quées chez ses ad­ver­saires. « Au dé­but, je me suis pour­tant dit que j’étais mal bar­ré (sic), sou­rit-il. Mais le tir, c’est ça, on peut tous se ra­mas­ser. Même le nu­mé­ro un mon­dial peut mer­der (sic). Mais quand la porte s’ouvre… » Il faut sa­voir s’y en­gouf­frer ! Quand il l’a fait hier, no­tam­ment lors des trois shoo­tout (sorte de but en or) face au Chi­nois Li, Jean Qui­quam­poix ne sa­vait pas que ça le mè­ne­rait quelques mi­nutes plus tard « au plus beau jour de [sa] vie ». le­pa­ri­sien.fr

Les mo­ments forts de la 8e jour­née

Les ath­lètes fran­çais mé­daillés

Rio (Bré­sil), hier. Jean Qui­quam­poix connaît une as­cen­sion ful­gu­rante : il a dé­cro­ché la mé­daille d’ar­gent au pis­to­let 25 m vi­tesse au terme de sa pre­mière an­née chez les se­niors.

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