Le sprint fran­çais n’avance plus

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Rio Gré­go­ry Bau­gé, vice-cham­pion olym­pique à Londres en 2012 ÉRIC BRUNA

CETTE FOIS, c’est clair. Le sprint fran­çais a per­du sa voix dans le concert in­ter­na­tio­nal. Après Fran­çois Per­vis sor­ti en qua­li­fi­ca­tions, Gré­go­ry Bau­gé est tom­bé hier dès les quarts de fi­nale de l’épreuve in­di­vi­duelle en deux manches sèches face au Russe Dmi­triev. Une sa­crée claque pour le mé­daillé d’ar­gent des JO de Londres, qui cla­mait sa soif d’or de­puis quatre ans. « C’est une énorme dé­cep­tion, souffle le Fran­ci­lien. Vous sa­vez pour­quoi j’étais ve­nu. Je ne me voyais pas sor­tir si vite. Je lui ai fait un ca­deau dans la pre­mière manche. Ce n’est pas une ques­tion de mé­forme ou pas. Je mar­chais très bien. Mais le ni­veau aug­mente… »

Et ce­lui des Bleus ne suit pas la courbe as­cen­dante. Bau­gé connaît les rai­sons du dé­clin. Comme Mi­chaël D’Al­mei­da après le bronze par équipes, il es­saie de ne pas trop en dire. Mais il est suf­fi­sam­ment élo­quent.

« Il y a quatre ans, on ba­taillait avec les tout meilleurs, lâche-t-il. Ce n’est plus le cas. Est-ce que ce sont les cou­reurs qui ne sont plus bons ? Est-ce que c’est le staff ? Il faut leur po­ser la ques­tion. Les cou­reurs fe­ront leur ana­lyse. J’es­père que le staff éga­le­ment. Bi­zar­re­ment, on n’a ja­mais les mêmes… Quand on ar­ri­ve­ra à avan­cer tous en­semble, peut-être que la ten­dance s’in­ver­se­ra. »

Dé­jà pré­sent à Pé­kin en 2008 et à Londres en 2012, Gré­go­ry Bau­gé confesse qu’il vient de vivre son olym­piade la plus com­pli­quée. De­puis que l’ex-en­traî­neur Flo­rian Rous­seau a cla­qué la porte et ti­ré la son­nette d’alarme en 2013, l’en­ca- dre­ment a beau­coup tan­gué. Le Néo-Zé­lan­dais Jus­tin Grace, l’homme qui fait au­jourd’hui ga­gner le sprint an­glais, a été vi­ré au bout d’un an. Puis Franck Du­ri­vaux a as­su­ré l’in­té­rim avant la no­mi­na­tion de l’an­cien cham­pion Laurent Ga­né. Les cou­reurs ont plus eu l ’ i mpres­sion de tour­ner en rond que de tour­ner rond.

« Il y a eu des chan­ge­ments, mais est-ce que les moyens hu­mains étaient bons ? in­ter­roge Bau­gé. Au très haut ni­veau, les pe­tits dé­tails font la dif­fé­rence et on n’a pas été pré­sents là-des­sus. La pré­pa­ra­tion n’a vrai­ment pas été fa­cile et mal­heu­reu­se­ment ce sont nous, les ath­lètes, qui sommes sur le de­vant de la scène. » Les cou­lisses de l’après-Rio risquent d’être ten­dues.

« Quand on ar­ri­ve­ra à avan­cer tous en­semble... »

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