« L’ob­ses­sion de Ted­dy, c’est qu’on me vole ! »

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Rio SAN­DRINE LE­FÈVRE

« À UN MO­MENT, j’ai cru que j’étais en train de rê­ver. Ce sa­me­di ma­tin, j e me suis ré­veillée entre les mains d’un pe­tit gar­çon ! La veille, je me trim­ba­lais pour­tant au cou d’un co­losse de plus de 2 m et voi­là que moi, la mé­daille de Ted­dy Ri­ner, je me re­trouve tri­po­tée par un môme haut comme trois pommes.

» Il pa­raît qu’il s’ap­pelle Eden et qu’il est le fils de mon pro­prié­taire. Se­lon Ted­dy, Eden ne com­prend pas vrai­ment qui je suis. A 2 ans, il est trop jeune pour se rendre compte. De­puis qu’il est né, il a pour­tant vu son pa­pa prendre un énorme sac pour al­ler à l’en­traî­ne­ment chaque ma­tin. Sou­vent, aus­si, son pa­pa s’ab­sente pen­dant plu­sieurs jours pour al­ler af­fron­ter les meilleurs ju­do­kas à tra­vers le monde.

» C’est qu’il en a fait des sa­cri­fices, mon nou­veau boss ! Beau­coup de s t ress, de dé­ter­mi­na­tion et de sueur, qu’il n’ar­rête pas de me ré­pé- ter de­puis ven­dre­di. Il est drôle, Ted­dy ! Il est grand, il est fort et pour­tant il a peur que quel­qu’un vienne me prendre. Tiens, hier, le temps d’une in­ter­view à la té­lé, il m’avait confiée à son pré­pa­ra­teur phy­sique. Des in­con­nus se sont ap­pro­chés de moi, Ted­dy n’ar­rê­tait pas de me re­gar­der avec ses gros yeux, il avait l’air in­quiet. Face au jour­na­liste, il n’était pas vrai­ment concen­tré.

» L’ob­ses­sion de Ted­dy, c’est qu’on me vole ! Lors­qu’il est al­lé prendre son pe­tit déj, il n’a pas vou­lu que je reste toute seule dans la chambre. Il m’a en­fouie au fond de sa poche et on a fi­lé prendre un ca­fé. On est en­suite al­lés faire un tour au bord de la pis­cine. J’ai été un peu se­couée, alors que j’avais pas­sé la nuit sur le coin d’un lit douillet, tout près de Ted­dy.

» Douillet, tiens, le mot me dit quelque chose. Mon pro­prié­taire m’a p a r l é d ’ u n c e r t a i n Da­vi d Douillet. Il pa­raît qu’il a des mé- dailles qui brillent au­tant que moi. Lui aus­si les a ga­gnées aux JO. Mais il y a long­temps. Ted­dy ne les a en­core ja­mais vues mais il ai­me­rait bien les zieu­ter, pour voir si elles sont pleines de pous­sière.

» Moi, pour que je reste bien propre, il a pro­mis de me faire fa­bri­quer un bel écrin, un écrin qu’il ran­ge­ra dans un en­droit te­nu se­cret et où il glis­se­ra aus­si toutes mes soeurs. Il y en a une, m’a-t-il avoué, qu’il n’aime pas trop, parce qu’elle est en bronze. Il pa­raît éga­le­ment que j’ai une ju­melle, une belle bre­loque do­rée ra­me­née de Londres, il y a quatre ans. Je suis un peu ja­louse, Ted­dy m’a as­su­ré qu’il ne fai­sait pas de dif­fé­rence entre elle et moi. Il m’a dit que j’étais plus lourde et que je lui fai­sais un peu mal au cou. C’est pour­quoi, de temps en temps, il me prend dans ses mains. Je suis bien entre les mains de Ted­dy !

» Il est tel­le­ment gen­til qu’il me prête à beau­coup de monde mais ne veut pas que ça dure trop long­temps. De­puis ven­dre­di, j’ai dé­cou­vert une grande fa­mille, ma nou­velle fa­mille : il y a deux vieux mes­sieurs, les pa­pys de Ted­dy, mais aus­si tout un tas d’oncles, de tantes et de cou­sins que j’irai voir dans quelques se­maines en Gua­de­loupe. Ils étaient tous ve­nus à Rio pour voir Ted­dy me rem­por­ter.

» Pen­dant la fi­nale, j’at­ten­dais dans les loges, je les en­ten­dais crier. Pen­dant quelques se­condes, j’ai eu peur de ne ja­mais voir Ted­dy et son clan, peur de par­tir au Ja­pon. Fi­na­le­ment, ce se­ra la France. Je vais res­ter toute la se­maine à Rio parce que mon pro­prié­taire est porte-dra­peau. Il m’a dit que, par­fois, je de­vrai res­ter seule dans sa chambre mais qu’il re­gar­de­ra bien, dès son re­tour, si je suis tou­jours là.

» C’est que mon Ted­dy, il veut ab­so­lu­ment que je prenne l’avion avec lui le lun­di 22 pour ren­trer à Pa­ris. Il m’a dé­jà pré­ve­nue. En France, aus­si, tout le monde vou­dra me tri­po­ter. »

« En France, aus­si, tout le monde vou­dra me tri­po­ter »

Rio, ven­dre­di soir. Ted­dy Ri­ner m’ex­hibe sur la plus haute marche du po­dium, le sou­rire ra­dieux.

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