Cham­pion nin­ja et maître zen

DI­VER­TIS­SE­MENT. Va­len­tin, le ga­gnant de « Nin­ja War­rior » sur TF 1 ven­dre­di soir, es­ca­lade les murs et les toits. Ce Fran­ci­lien va ou­vrir son école ya­ma­ka­si à Hong­kong…

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET TÉLÉVISION - Vin­cennes (Val-de-Marne) Va­len­tin Du­bois EL­SA MA­RI

DANS UN DÉ­DALE de lo­ge­ments, à l’abri d’un so­leil cou­pant, deux ado­les­cents, adeptes du « par­kour », art du dé­pla­ce­ment, in­ter­rompent bru­ta­le­ment leurs sauts pé­rilleux ar­rière. Ils tendent une main ti­mide à Va­len­tin Du­bois. Ils viennent de re­con­naître le hé­ros de « Nin­ja War­rior », jeu d’obs­tacles ré­pu­tés in­fran­chis­sables, dont la fi­nale a été dif­fu­sée l a veille sur TF 1. Fi­ni l’en­traî­ne­ment, les deux têtes blondes ob­servent, ce sa­me­di, les yeux brillants, le maître, qui aime s’exer­cer ici, à Vin­cennes (Val-de-Marne).

Certes, le jeune ath­lète de 24 ans, gueule d’ange, boucles ébène, a échoué à un obs­tacle des 100 000 €. Il n’a pas rem­por­té le ma­got, mais il a sub­ju­gué les trois mil­lions de té­lé­spec­ta­teurs en al­lant le plus loin. Et il s’est illus­tré par­mi des cham­pions du monde d’es­ca­lade. Il a même bat­tu Tho­mas Hu­be­ner, an­cien gym­naste de haut ni­veau, acro­bate au Cirque du So­leil. « Mais quelle per­for­mance ! », criait l’ani­ma­teur De­nis Bro­gniart. Des épreuves ex­trêmes : poignes de fer de 6 cm, planches flot­tantes… Ce soir-là, Va­len­tin souf­frait pour­tant de lé­sions aux mol­lets. Ven­dre­di soir, Va­len­tin a re­gar­dé la fi­nale, en­re­gis­trée il y a quelques mois, avec sa grand-mère Ma­do. « J’ai trou­vé que mon geste ét ai t sac­ca­dé, que j e man­quais de grâce », lâche le vain­queur, très exi­geant. Heu­reux quand même d’avoir « pro­gres­sé » au cours des tours de qua­li­fi­ca­tion de l’émis­sion qui a ryth­mé l’été sur TF 1.

Cet ha­bi­tant de Saint-Maur, di­plô­mé des Beaux-Arts de Lyon, ré­pète le mot en boucle. Alors que les gar­çons de son âge fêtent leur jeu­nesse dans les bars, lui s’en­traîne seul sans re­lâche de­puis deux ans dans son club de quar­tier. Peu im­portent la pluie, la fa­tigue. Va­len­tin en­seigne éga­le­ment le par­kour, cet art du dé­pla­ce­ment ur­bain. Il se filme sau­tant les im­meubles, es­ca­la­dant les murs.

Pour­tant, il dé­fi­nit son ni­veau ini­tial comme mé­diocre. « J’étais tou­jours le pote du mec le plus fort. Je n’avais pas les mêmes ca­pa­ci­tés phy­siques. » Alors il s’acharne. Après dix ans de skate, il com­mence le par­kour avec son ami Phi­lippe à la Réunion, où il vit jus­qu’à ses 17 ans avec ses pa­rents. Il pour­suit aux Etats-Unis, à Pa­ris, à Lyon puis à Saint-Maur. Il ad­hère à la phi­lo­so­phi e de s Ya­ma­ka­si. Comment s’amé­lio­rer ? Quelles sont mes li­mites ? Et puis Phi­lippe se sui­cide, alors il conti­nue pour lui.

« De­puis, j’ai fui une cer­taine réa­li­té émo­tion­nelle pour me concen­trer sur le dé­pas­se­ment de soi », confie-til. Va­len­tin tra­vaille sur l’ego. « Je ne re­garde ja­mais mes ad­ver­saires, c’est un com­bat contre moi-même. » Il adopte un ré­gime « pa­léo­li­thique » avec de la viande, des fruits et des lé­gumes. Il y a quelques heures, Va­len­tin vient de faire ses adieux à Ma­do. Dans quelques jours, il quit­te­ra le sol fran­çais avec sa pe­tite amie, di­rec­tion Hong­kong, où il va ou­vrir une école de par­kour.

« J’étais tou­jours le pote du mec le plus fort. Je n’avais pas les mêmes ca­pa­ci­tés phy­siques »

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Vin­cennes (Val-de-Marne), hier. « Je ne re­garde ja­mais mes ad­ver­saires, c’est un com­bat contre moi-même », ra­conte le vain­queur du jeu de TF 1.

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