« A la re­cherche d’une oa­sis de paix »

Frère Jean-Pierre Lon­geat,

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Pro­pos re­cueillis par ÉLODIE CHERMANN Pro­pos re­cueillis par TI­MO­THÉE BOUTRY

PRÉ­SIDENT de la Confé­rence des re­li­gieux et re­li­gieuses de France, JeanPierre Lon­geat est le père ab­bé émé­rite de l’ab­baye de Li­gu­gé (Vienne). Comment ex­pli­quez-vous le re­gain d’in­té­rêt pour les re­traites spi­ri­tuelles ? FRÈRE JEAN-PIERRE LON­GEAT. Nous vi­vons dans une so­cié­té agi­tée où la vie pro­fes­sion­nelle, mais aus­si per­son­nelle et par­fois so­ciale, est sou­vent lourde. Dans ce contexte, de plus en plus de gens sont à la re­cherche d’oa­sis de paix pour prendre du re­cul, faire si­lence ou par­ler sans crainte d’être ju­gés. Ce n’est qu’en se po­sant qu’on peut al­ler pui­ser son être in­té­rieur et (re)trou­ver une qua­li­té de vie. Peu im­porte qu’on soit croyant ou non. Nous sommes tous ha­bi­tés par un fond mys­té­rieux qui nous tient en vie. L’été est une pé­riode pro­pice pour s’y re­con­nec­ter parce que nous avons du t e mps. Ce r t a i n s f ont l e choix de par­tir à la mer ou à la mon­tagne. D’autres de vi­si­ter leur monde in­té­rieur. C’est un voyage en­core plus ex­tra­or­di­naire ! Quel pu­blic ac­cueillez-vous ? Dans les an­nées 1970, les re­traites at­ti­raient les fa­milles des moines et des ha­bi­tués. Au­jourd’hui, les mo­nas­tères sont de­ve­nus des lieux d’hos­pi­ta­li­té pour tous. Nous ac­cueillons des per­sonnes de tous les ho­ri­zons. Il y a quelques se­maines, nous avons re­çu un groupe de sou­fis (NDLR : mu­sul­mans sui­vant les règles du sou­fisme). Ce fut l’oc­ca­sion d’échan­ger sur ce que nous avons de com­mun et de dif­fé­rent, sur ce qui nous fait vivre. Mais nous croi­sons aus­si beau­coup de per­sonnes athées, éga­rées dans leur vie ou en proie à une si­tua­tion dif­fi­cile qui n’ont pas mis les pieds à l’église de­puis des lustres. Comment par­ve­nez-vous à vous adap­ter à des gens si di­vers ? Nous pro­po­sons une for­mule. Ceux qui viennent chez nous en re­traite savent à quoi s’en te­nir. Ils vivent au même rythme que les moines, par­tagent des temps de si­lence, par­ti­cipent aux tâches quo­ti­diennes de l’ab­baye : le mé­nage, le jar­din… Bien sûr, ils conservent une cer­taine li­ber­té, no­tam­ment pour les of­fices. Mais une re­traite spi­ri­tuelle n’est pas qu’une ex­pé­rience in­di­vi­duelle. C’est aus­si un temps de par­tage col­lec­tif.

« Ce n’est qu’en se po­sant qu’on peut (re)trou­ver une qua­li­té de vie »

* 9,50 €, Ed. Mé­dias­paul.

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