Gouffre my­thique pour plon­geurs aver­tis

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - Fran­çois Brun, ex­pert en plon­gée spé­léo CLAUDE MASSONNET

EN JUILLET 2015, lors d’une plon­gée de lé­gende de plus de douze heures en au­to­no­mie ab­so­lue, Xa­vier Me­nis­cus at­tei­gnait le ni­veau de - 262 m dans le gouffre Font Es­tra­mar. Un an après cet in­croyable re­cord du monde de plon­gée sou­ter­raine, le gouffre si­tué à Salses-le-Château (Py­ré­néesO­rien­tales) connaît une fré­quen­ta­tion sou­te­nue et gran­dis­sante. Ca­ché au mi­lieu d’une sorte d’im­mense mer e n c l a v é e s o u s le mas­sif des Cor­bières et le lit du fleuve Agly, il reste tout de même ré­ser­vé aux per­sonnes for­mées avec une grande ex­pé­rience. Au mois de jan­vier, un plon­geur âgé de 50 ans est dé­cé­dé lors de son ex­plo­ra­tion.

« C’est un site my­thique, très connu et ap­pré­cié par tous les plon­geurs spé­léo. Mais pour pou­voir faire une vér i t able ex­plo­ra­tion, il faut un mé­lange d’air en­ri­chi car au bout de 300 m de pro­gres­sion, on est dé­jà à 40 m de pro­fon­deur », ex­plique Frédéric Bau­dran, plon­geur ex­pé­ri­men­té du Ca­sa, club d’Air­bus, émer­geant à peine d’une pe­tite in­cur­sion de trente-huit mi­nutes. « C’est ma pre­mière fois. C’est v r a i me n t i mp r e s s i o n n a n t e t même très stres­sant, il faut bien l’avouer », ajoute Mor­gan, son com­pa­gnon de plon­gée.

« Dès qu’on fran­chit la pre­mière vasque, la lu­mière na­tu­relle dis­pa­raît. On est plon­gé dans le noir. Le ré­seau des ca­vi­tés est seule­ment éclai­ré par nos lampes. C’est un uni­vers to­ta­le­ment mi­né­ral sans vie, sans flore et sans faune, hor­mis quelques mi­nus­cules cre- vettes. L’eau est douce à 17-18o C a v e c même u n c o u r a n t p l u s chaud à 25 oC dans une par­tie du la­by­rinthe », ra­conte Fran­çois Brun, pho­to­graphe, ci­néaste et l’un des ex­perts fran­çais de la plon­gée spé­léo qui a plon­gé plus de cent fois dans cet Hi­ma­laya de l’im­mer­sion sou­ter­raine.

Il dé­crit un site par­fai­te­ment équi­pé avec de la ca­blette ins­tal­lée, des points de repère et même un flé­chage tous les cin­quante mètres pour re­trou­ver la sor­tie de ce joyau fran­çais de la plon­gée ex­trême. « C’est ty­pi­que­ment une plon­gée sous pla­fond, pour­suit Fran­çois Brun*. Le site est sans cloche ni poche d’air dis­po­nible. Si on a le moindre pro­blème, on ne peut pas re­mon­ter à la sur­face comme on peut le faire en mer. Il faut re­ve­nir au point de dé­part. C’est pour ça qu’il faut une for­ma­tion spé­ci­fique et une grande ex­pé­rience de la plon­gée sou­ter­raine avec du ma­té­riel en par­fait état. Et ne ja­mais plon­ger seul. »

« C’est un uni­vers to­ta­le­ment mi­né­ral, sans flore et sans faune »

par Fran­çois Brun. Edi­tions Tra­bu­caire.

Salses-le-Château (Py­ré­nées-Orien­tales), le 23 juillet. Frédéric Bau­dran et Mor­gan Le­gac, plon­geurs ex­pé­ri­men­tés, ont ex­plo­ré ce gouffre « vrai­ment im­pres­sion­nant ».

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