« Dans quatre ans, j’irai cher­cher l’or »

Alexis Ray­naud,

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - Rio de Ja­nei­ro (Bré­sil) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux Gilles Mul­ler, le di­rec­teur tech­nique na­tio­nal GUILLAUME GEORGES

MÊME ÂGE, ou presque, même club, et même sang-froid au mo­ment de vi­ser juste. Alexis Ray­naud et Jean Qui­quam­poix, li­cen­ciés à An­tibes, ont beau­coup de points com­muns. De­puis hier, les deux jeunes pousses du tir fran­çais en par­tagent un de plus : ils sont tous les deux mé­daillés olym­piques. Qui­quam­poix, 20 ans, mé­daille d’ar­gent la veille au pis­to­let (25 m vitesse), a vu son pote Alexis, 22 ans dans quelques jours, s’ad­ju­ger celle de bronze à la ca­ra­bine (50 m, trois po­si­tions).

La gorge ser­rée, Ray­naud est d’ailleurs re­ve­nu sur cette proxi­mi­té qui l’a ins­pi­ré en fi­nale : « Jean m’a mon­tré comment faire, et c’est peut-être ça aus­si qui m’a fait dé­col­ler. Je n’étais pas for­cé­ment très bien par­ti et puis j’ai pen­sé à ce qu’il avait fait. »

Le jeune homme, qui vit en­core chez ses pa­rents, n’a pas trem­blé dans le mo­ney-time, illus­trant l’as­su­rance d’une jeu­nesse am­bi­tieuse. « On a une grosse gé­né­ra­tion, pour­suit Alexis Ray­naud, et on se tire tous vers le haut. On pousse les vieux et on vient prendre la place », dit-il en riant, sans ar­ro­gance.

Même si son en­traî­neur, Pas­cal Bes­sy, dé­crit « un tir mon­dial qui se ra­jeu­nit », les Fran­çais ap­prennent par­ti­cu­liè­re­ment vite. « C’est un choix de la fé­dé­ra­tion de­puis cinq ou six ans, se fé­li­cite Gilles Mul­ler, le di­rec­teur tech­nique na­tio­nal. On a énor­mé­ment in­ves­ti sur la dé­tec­tion et, en fait, les fruits sont ar­ri­vés très, très ra­pi­de­ment. On s’est re­trou­vés avec la gé­né­ra­tion d’Alexis, qui a bous­cu­lé la hié­rar­chie. »

Une gé­né­ra­tion qui ne voyait pas l’in­té­rêt d’at­tendre To­kyo 2020 pour briller. « Je n’étais pas là pour perdre cinq ans, ex­plique Alexis Ray­naud. J’ai fait des sa­cri­fices, c’était pour avoir des ré­com­penses. Et je tra­vaille au­tant que les an­ciens. J’ai peut-être moins d’ex­pé­rience, mais je suis peut-être plus fou, j’ai peut-être un peu plus d’am­bi­tions. Au­jourd’hui, je vais me conten­ter de la 3e place et, dans quatre ans, j’irai cher

cher l’or. »

« On a énor­mé­ment in­ves­ti sur la dé­tec­tion »

Rio de Ja­nei­ro (Bré­sil), hier. Après son pote Jean Qui­quam­poix, Alexis Ray­naud a rap­por­té une deuxième mé­daille au tir fran­çais.

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