A la Fé­dé­ra­tion, on touche le fond

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - Alain Ber­nard, cham­pion olym­pique en 2008 ÉRIC BRUNA

tères de sé­lec­tion, « mal com­pris, trop com­pli­qués et pas as­sez trans­pa­rents » et pro­mis d’af­fi­cher clai­re­ment, dès la ren­trée, les mo­da­li­tés jus­qu’aux JO de To­kyo.

An­cien déf e nseur de cri­tères dras­tiques, Ro­main Bar­nier, res­pon­sable du col­lec­tif mas­cu­lin, voud r a i t d é s o r mai s leur abo­li­tion. La perte de ses têtes d’af­fiche du CN Mar­seille ex­plique peut-être ce re­vi­re­ment… C’est pour­tant cette exi­gence d’ex­cel­lence qui a sor­ti la na­ta­tion tri­co­lore d’un abîme dans le­quel elle risque de re­plon­ger. Tout l e mo n d e e s t c o n s c i e n t qu’après avoir chan­té tous les étés, les Bleus s’ap­prêtent à dé­chan­ter.

Les té­nors quittent la scène (Gi­lot, Bal­my, La­court, Ma­nau­dou…) et les as­pi­rants n’ont pas en­core mué. « On connaît bien nos ca­rences, on tra­vaille des­sus et on a dé­jà com­men­cé à re­voir notre par­cours vers le haut ni­veau », as­sure le DTN, qui s’est lan­cé dans un abs­cons in­ven­taire à la Pré­vert des mul­tiples plans à ve­nir. « On a des manques in­croyables pour une na­tion qui se veut forte, lâche Fa­brice Pel­le­rin, res­pon­sable du col­lec­tif fé­mi­nin. Il y a un chan­tier énorme de­vant nous. Il faut des bou­le­ver­se­ments pro­fonds sur notre po­li­tique d’en­semble. »

Voi­là pour le mea culpa, avec Fa­bien Gi­lot et Co­ra­lie Bal­my dé­pê­chés pour prê­cher la bonne pa­role d’un « groupe qui vit bien ». Mais on re­tien­dra sur­tout — et c’était peut-être le but — la charge pa­thé­tique de Bar­nier à l’en­contre d’Alain Ber­nard, consul­tant pour Ca­nal +, cou­pable d’avoir ex­pri­mé son opi­nion sur l’ama­teu­risme fé­dé­ral après le psy­cho­drame du re­lais 4 x 200 m. « C’est une fa­çon de dé­tour­ner l’at­ten­tion des vrais pro­blèmes, a ré­tor­qué le cham­pion olym­pique du 100 m en 2008. Je n’ai rien à ré­pondre. Même si Ro­main a dit qu’il n’avait plus l’im­pres­sion qu’on fasse par­tie de la même fa­mille, je n’ai ja­mais eu l’im­pres­sion de faire par­tie de la même fa­mille que Ro­main… »

Ber­nard a sur­tout re­te­nu que les dé­ci­deurs des Bleus n’étaient pas tous sur la même lon­gueur d’onde. « Il y a une mé­sen­tente au sein de la DTN, des coachs et du pré­sident, ex­plique-t-il. Est-ce que ce n’est pas le fruit de cette mé­sen­tente que les na­geurs payent au­jourd’hui ? Ils n’ont pas été mis dans les meilleures dis­po­si­tions. Il y a tout un sys­tème à re­mettre en ques­tion. On est là pour en par­ler. » On a plu­tôt l’im­pres­sion de na­ger en pleine po­li­tique de l’au­truche. La tête dans le sable. Ou le bec dans l’eau.

« Il y a tout un sys­tème à re­mettre en ques­tion »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.