Le Vé­lo­drome n’est pas ras­su­ré

Ligue 1.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Mar­seille (Bouches-du-Rhône) De notre cor­res­pon­dant CLÉ­MENT CHAILLOU

IL Y AVAIT d’un cô­té ces ados ex­hi­bant fiè­re­ment les der­niers maillots au nom de Go­mis ou Be­di­mo, ces an­ciens heu­reux de re­trou­ver la tour­née ani­sée d’avant-match, et ces tou­ristes ve­nus se ran­ger en files in­diennes de­vant la billet­te­rie, par­fois plus par curiosité que par réel in­té­rêt. En somme, des scènes clas­siques d’une re­prise es­ti­vale au Vé­lo­drome. Et puis, preuve que le temps n’ef­face pas tout, ce dis­cours in­quiet de deux co­pains du vi­rage nord : « Ce qu’on es­père ? Pas grand-chose. L’an­née der­nière, on est re­par­tis du stade avec une dé­faite contre Caen et sans en­traî­neur. Donc vu l’été qu’on a pas­sé, les pro­nos­tics, on va évi­ter… »

Au sor­tir d’une sai­son in­fer­nale dans son arène, sol­dée par trois pe­tites vic­toires en 19 ren­contres, c’est avec un match nul (0-0), et sur­tout dans l’in­quié­tude, que l’OM a re­trou­vé hier soir le Vé­lo­drome et ses 40 000 spec­ta­teurs. Une in­quié­tude, une mé­fiance, ex­pri­mée par une ban­de­role lim­pide des Ul­tras à des­ti­na­tion des joueurs : « Pour le bien de notre club, au­cun com­pro­mis, por­tez vos couilles ! » Elé­gant…

Plus qu’un aver­tis­se­ment, c’était une de­mande. Une fois le match lan­cé, le pu­blic mar­seillais a mon­tré qu’il n’est pas bor­né, en se met­tant de nou­veau à en­cou­ra­ger, à chan­ter. Pas comme en pé­riode de grâce, non, mais comme on ne l’avait plus en­ten­du de­puis des mois, prêt à pas­ser un pe­tit coup d’éponge et en­fin re­par­tir de l’avant.

Go­mis en­core trop court

Sauf que, sur le ter­rain, la ma­gie n’a pas opé­ré. A l’image de ce qu’il a mon­tré du­rant sa pré­pa­ra­tion, l’OM, vo­lon­taire mais cham­bou­lé, n’a ja­mais su en­flam­mer ni le stade ni la par­tie. La char­nière Hu­bo­can-Do­ria, épau­lée par Sa­kaï à droite et Re­kik à gauche (Be­di­mo est sor­ti sur bles­sure à la 17e), n’a guère ras­su­ré, et Yo­hann Pe­lé a d’ailleurs dû s’illus­trer. Diar­ra et Dia­by, réunis dans l’en­tre­jeu, n’ont pas ap­por­té au­tant qu’es­comp­té et, de­vant, Ba­fé Go­mis a confir­mé qu’il n’était pas en­core en jambes. Après une frappe sur le po­teau de Ca­bel­la en pre­mière pé­riode, la pan­thère s’est tout de même pro­cu­ré deux oc­ca­sions coup sur coup à l’heure de jeu, mais tout juste de quoi fris­son­ner. Et trop peu pour évi­ter de re­joindre les ves­tiaires sous les sif­flets. In­ter­ro­gé sur la dou­lou­reuse cam­pagne d’abon­ne­ments et un éven­tuel désa­mour du pu­blic, Pas­si avait dit avant la ren­contre tout l’en­jeu du match : « Il fau­drait ga­gner, c’est à nous de leur don­ner en­vie de ve­nir. » C’est man­qué.

Stade-Vé­lo­drome (Mar­seille), hier soir. L’OM, avec sa re­crue Ba­fé­tim­bi Go­mis (avec le bal­lon), a re­trou­vé la Ligue 1, mais n’a su en­flam­mer ni le stade ni la par­tie face aux Tou­lou­sains.

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