« Mon corps me di­sait d’ar­rê­ter la ma­ti­nale »

FRANCE 5, 17 H 45. Bruce Tous­saint anime « C dans l’air » pour la pre­mière fois au­jourd’hui, après des an­nées de ma­ti­nale, sur i>té­lé no­tam­ment. Un tour­nant à 42 ans.

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET TÉLÉVISION - Pro­pos re­cueillis par RA­PHAËL PORIER

« C DANS L’AIR » a chan­gé ce week-end sa pho­to de cou­ver­ture sur la page Fa­ce­book de l’émis­sion : Ca­ro­line Roux y ap­pa­raît tou­jours, mais Bruce Tous­saint rem­place le mo­nu­ment Yves Cal­vi, par­ti re­joindre LCI. L’ex-ma­ti­na­lier d’i>té­lé ani­me­ra la quo­ti­dienne d’ac­tua­li­té le ven­dre­di et le sa­me­di, Ca­ro­line Roux of­fi­ciant du lun­di au jeu­di. Mais cette se­maine, Bruce Tous­saint mène les dé­bats tous les jours, dès ce lun­di fé­rié à 17 h 45 au coeur de l’été, drôle de pre­mière ! Le jour­na­liste de 42 ans, qui pré­sen­te­ra aus­si à la ren­trée une émis­sion po­li­tique tous les di­manches avec Ka­rim Ris­sou­li, a pas­sé vingt ans dans le groupe Ca­nal +, à part une brève ex­pé­rience sur France 2. Il nous dé­crit son nou­veau chal­lenge à quelques mois de la pré­si­den­tielle. Ar­ri­ver dans une émis­sion his­to­rique in­car­née pen­dant quinze ans par Yves Cal­vi, ça ne vous met pas trop la pres­sion ? Bien sûr que j’ai la pres­sion ! Il existe en France peu d’émis­sions in­car­nées pen­dant quinze ans par la même per­sonne. J’ar­rive avec beau­coup d’hu­mi­li­té et d’en­vie. Et j’ai la chance de bé­né­fi­cier des conseils de Ca­ro­line Roux, une de mes rares amies dans le mé­tier, qui oc­cu­pait pré­cé­dem­ment mon rôle de jo­ker dans l’émis­sion. Votre pré­cé­dent pas­sage sur France Té­lé­vi­sions, avec « Vous trou­vez ça nor­mal ? », en 2012, s’était sol­dé par un échec… Pour être hon­nête, ça reste un sou­ve­nir très dou­lou­reux, mais j’ai fi­ni par com­prendre les er­reurs que j’ai com­mises. J’ani­mais en même temps la ma­ti­nale d’Eu­rope 1 et j’ai sans doute été trop gour­mand. Nous n’avions pas vrai­ment de concept quand on a dé­mar­ré, et les gens ne com­pre­naient pas à quel t ype d’émis­sion ils avaient af­faire, entre in­fo, divertissement, talk-show, hu­mour… Mais je fais mon re­tour sur France 5, qui est une chaîne très dif­fé­rente de France 2. L’image de France 5 est beau­coup plus po­si­tive, ce qui me pro­tège, en quelque sorte. Vous al­lez aus­si pré­sen­ter une émis­sion po­li­tique avec Ka­rim Ris­sou­li, un dé­fi al­lé­chant en cette an­née élec­to­rale… Vous pou­vez nous en dire plus ? Nous al­lons en­core tra­vailler cette se­maine sur le titre et le concept dé­fi­ni­tif, mais je peux vous dire que l’émis­sion du­re­ra deux heures, tous les di­manches, a prio­ri entre 18 h 30 et 20 h 30. Elle se­ra di­vi­sée en deux par­ties très dis­tinctes : la pre­mière consa­crée au dé­cryp­tage de l’ac­tua­li­té po­li­tique, qu’ani­me­ra Ka­rim, avec des chro­ni­queurs, puis un dé­bat sur un ou deux grands su­jets d’ac­tua­li­té de la se­maine sous ma res­pon­sa­bi­li­té. Nous re­ce­vrons des po­li­tiques, in­tel­lec­tuels, phi­lo­sophes, des gens is­sus de la so­cié­té ci­vile — po­li­ciers, mé­de­cins, profs… — et en­fin des po­lé­mistes. Je vou­drais re­nouer avec une tradition de dé­bats avec beau­coup de per­sonnes, qui s’est un peu perdue. On ai­me­rait faire l’émis­sion dans un dé­cor na­tu­rel qui ins­pire le dé­bat, comme un res­tau­rant, un bar ou une école. Nous sommes à huit mois d’une élec­tion dont le scé­na­rio est dif­fi­cile à pré­voir et je suis très heu­reux d’être aux pre­mières loges.

« Je vou­drais re­nouer avec une tradition de dé­bats avec beau­coup de per­sonnes « L’ave­nir d’i>té­lé m’in­quiète beau­coup »

Lors de vos adieux sur i>té­lé, vous avez conclu par « A tchao Ca­nal ». Il y avait un double sens ? Oui, je crois que c’est as­sez clair, non ? J’ai pas­sé vingt ans de ma vie dans ce groupe, on peut dire que c’est un en­droit que je connais bien… Dé­sor­mais, c’est un tout nou­veau Ca­nal. L’ave­nir d’i>té­lé m’in­quiète beau­coup : la chaîne n’a ja­mais pu bé­né­fi­cier de la sta­bi­li­té né­ces­saire. Or on le voit bien avec « C dans l’air », la sta­bi­li­té, c’est ca­pi­tal pour du­rer. Mais au­jourd’hui j’ai tour­né la page. J’ai ac­cep­té la belle pro­po­si­tion de France 5 et je suis par­ti le 1er juillet avec zé­ro eu­ro en poche, puisque j’ai dé­mis­sion­né. Le point po­si­tif, c’est que vous n’au­rez plus à vous le­ver au mi­lieu de la nuit… Les ma­ti­nales, c’est dé­fi­ni­ti­ve­ment ter­mi­né pour vous ? (Rire.) Oui, je crois que j’ai eu ma dose sur ce plan-là ! J’ai fait ça pen­dant neuf ans, c’était gé­nial mais mon corps com­men­çait à me faire sen­tir qu’il va­lait mieux ar­rê­ter. J’en ai par­lé un jour avec Phi­lippe Gil­das qui m’a dit qu’il se ré­veillait tous les jours à quatre heures du ma­tin, en­core au­jourd’hui. Je vou­lais ar­rê­ter avant d’en ar­ri­ver là !

Cette se­maine, Bruce Tous­saint anime « C dans l’air » tous les jours, puis seule­ment le ven­dre­di et le sa­me­di par la suite.

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