Sar­ko­zy pré­pare son sprint de la ren­trée

LES RÉ­PU­BLI­CAINS. Com­ment créer la sur­prise alors que sa can­di­da­ture — im­mi­nente — à la pri­maire est tout sauf un mys­tère ? Tout l’été, Ni­co­las Sar­ko­zy a peau­fi­né les dé­tails de son en­trée en cam­pagne, qu’il veut to­ni­truante.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - VA­LÉ­RIE HACOT

TER­MI­NÉ MER, so­leil et far­niente… Pour les très proches col­la­bo­ra­teurs de Ni­co­las Sar­ko­zy, les (courtes) va­cances sont dé­jà fi­nies. La garde rap­pro­chée de l’an­cien chef de l’Etat — qui avait eu pour consigne de res­ter joi­gnable et de ne pas trop s’éloi­gner — est sur le pont de­puis ce ma­tin au siège des Ré­pu­bli­cains afin de pré­pa­rer l’en­trée en cam­pagne de leur cham­pion, pro­gram­mée aux alen­tours du 22 août. « On va adop­ter une or­ga­ni­sa­tion qui res­semble à celle de la bri­gade cri­mi­nelle », an­nonce Fré­dé­ric Pé­che­nard, qui a di­ri­gé la cé­lèbre ins­ti­tu­tion po­li­cière. « Comme à la crim, on a tous notre spé­cia­li­té », pour­suit le di­rec­teur gé­né­ral des Ré­pu­bli­cains. Son en­tou­rage le pro­met : le lan­ce­ment du can­di­dat à la pri­maire de la droite se­ra dé­to­nant ! « Sar­ko­zy veut faire un blast (NDLR : un ef­fet de souffle) avec son en­trée en cam­pagne », as­sure un lieu­te­nant. Pas si simple alors que son ar­ri­vée dans la course n’est un se­cret pour per­sonne. « Mais c’est ha­bile, le tea­sing (NDLR : mes­sage qui sus­cite l’en­vie). Il va créer l’évé­ne­ment alors que tout le monde sait qu’il se­ra can­di­dat », lâche, énig­ma­tique, l’ami de tou­jours, Pierre Cha­ron.

Dans l’en­tou­rage de l’ex-chef de l’Etat, on as­sure que l’été a été une bonne sé­quence pour lui. D’au­tant que les son­dages sont à la hausse. Sa cas­quette de chef du par­ti lui a per­mis d’oc­cu­per l’es­pace après les at­ten­tats, éclip­sant son prin­ci­pal ri­val pour la pri­maire, Alain Jup­pé, en dé­pla­ce­ment en Po­ly­né­sie lors de l’as­sas­si­nat du père Ha­mel.

En pri­vé, Sar­ko­zy ne manque d’ailleurs pas une oc­ca­sion de railler le concept d’iden­ti­té heu­reuse du fa­vo­ri de la pri­maire. Ni d’égra­ti­gner Fran­çois Fillon « qui pre­nait des bleus à me col­ler sur les pho­tos quand il était Pre­mier mi­nistre », se­lon un de ses convives. Pen­dant que ses équipes peau­finent les dé­tails du top dé­part, le pa­tron du par­ti, lui, coule en­core quelques jours au bord de la pis­cine de la vil­la du cap Nègre (Var), avant de re­ga­gner Pa­ris. In­utile de le joindre entre 10 heures et 13 heures : il sillonne les routes va­roises à vé­lo. Mais le reste du temps, le fu­tur can­di­dat est hy­per connec­té. « C’est son été le plus stu­dieux de­puis 2011 », as­sure l’un de ses conseillers. Coup de fils quo­ti­dien à ses col­la­bo­ra­teurs, échanges avec les élus et quelques in­ter­views qui ont ja­lon­né ces se­maines es­ti­vales, histoire de mon­trer qu’il était tou­jours sur la brèche.

La vil­la n’a d’ailleurs pas désem­pli du mois d’août. Laurent Wau­quiez, le n° 2 du par­ti, ou en­core Thier­ry So­lère, l’or­ga­ni­sa­teur de la pri­maire, sont at­ten­dus pour dî­ner dans les jours qui viennent. La se­maine der­nière, c’était Alas­sane Ouat­ta­ra, le pré­sident de la Côte d’Ivoire. Un temps an­non­cée, Ber­na­dette Chi­rac a fi­na­le­ment dé­cli­né pour res­ter aux cô­tés de Jacques Chi­rac.

Pour les heu­reux élus, un simple SMS suf­fit pour être re­çus dans la ma­gni­fique de­meure de 10 pièces avec vue épous­tou­flante sur la mer, par un Ni­co­las Sar­ko­zy en bras de che­mise et une Car­la Bru­ni lo­quace et dé­ten­due. « Il vous re­con­tacte di­rec­te­ment », s’étonne même un élu qui lui avait ti­mi­de­ment si­gna­lé sa pré­sence dans la ré­gion. « Il parle de po­li­tique 90 % du temps. Il sent que les Fran­çais ont en­vie d’au­to­ri­té et sont moins sen­sibles aux dis­cours de mo­dé­ra­tion. Et il est en pleine forme ! Il n’ar­rête pas de dire ça va bien, hein ! ? », as­sure Edouard Cour­tial, le dé­pu­té LR de l’Oise, qui a pris l’apé­ri­tif au bord de la pis­cine ven­dre­di. « Il n’est pas comme au mois de jan­vier où je l’avais trou­vé agres­sif et com­pli­qué. Il a en­vie de cette ren­trée. En­vie de mon­trer son éner­gie », ren­ché­rit Gé­rald Dar­ma­nin, le bras droit de Xa­vier Ber­trand dans le Nord, qui a été lui aus­si convié dans le QG es­ti­val.

Il pro­met un « blast » Le « QG » du cap Nègre Don­ner le tem­po de la cam­pagne

Moins de deux se­maines avant son en­trée en cam­pagne, il a, à en croire son en­tou­rage, « tout en tête ». Le cas­ting de son équipe de cam­pagne est prêt « même s’il peut en­core le faire évo­luer ». Les fonds pour fi­nan­cer la cam­pagne ont été le­vés, ses lieu­te­nants se sont lan­cés dans la chasse aux par­rai­nages, et ils pro­mettent une mois­son très im­por­tante pour mar­quer les es­prits.

La date et les mo­da­li­tés de l’en­trée en cam­pagne sont dé­ci­dées. Un se­cret ja­lou­se­ment gar­dé. « Même à moi, il n’a rien dit », glisse son ami Brice Hor­te­feux. Un de ses conseillers est ca­té­go­rique : « Il fau­dra faire les choses so­bre­ment, le fond doit pri­mer sur la forme. »

L’au­to­ri­té, l’iden­ti­té na­tio­nale, le sé­cu­ri­taire se­ront évi­dem­ment au me­nu, avec à la clé une ap­proche éco­no­mique moins li­bé­rale que ses com­pé­ti­teurs. Et le rythme s’an­nonce sou­te­nu. A peine ren­tré dans l’arène, Ni­co­las Sar­ko­zy a pré­vu de mul­ti­plier les dé­pla­ce­ments pour une cam­pagne très proche du ter­rain. Avec un ob­jec­tif : lui, et per­sonne d’autre, doit « don­ner le rythme de la pri­maire ». @vha­cot1

Cap Nègre (Var), le 31 juillet. Les jour­nées stu­dieuses de l’ex-chef de l’Etat souffrent quelques ex­cep­tions : de 10 heures à 13 heures, il sillonne les routes du Var à vé­lo.

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