Si­gna­lez les ani­maux vic­times de la route

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - JEANNE MAGNIEN

LES BAS-CÔ­TÉS des routes le rap­pellent tris­te­ment : pi­quants, griffes et becs pèsent peu face aux pneus d’un vé­hi­cule. Et dans le Nord-Pasde-Ca­lais, très ur­ba­ni­sé et sillon­né de nom­breux axes rou­tiers, la sor­tie en voi­ture peut vite tour­ner au dé­compte ma­cabre, tant les ca­davres à poils ou à plumes sont fré­quents sur la chaus­sée. Jus­te­ment, le con­ser­va­toire d’es­paces na­tu­rels de la ré­gion pro­pose aux vo­lon­taires de si­gna­ler et géo­lo­ca­li­ser les ani­maux morts au bord de la route grâce à une ap­pli­ca­tion dé­diée, Faune qui peut.

Iden­ti­fier les points noirs du ré­seau rou­tier

Un re­cen­se­ment un peu mor­bide, mais qui pour­rait per­mettre de sau­ver beau­coup d’ani­maux. « Le but est d’iden­ti­fier les points noirs du ré­seau rou­tier, les zones par­ti­cu­liè­re­ment dan­ge­reuses pour la faune sau­vage, et d’en com­prendre la rai­son », ex­plique Na­tha­lie De­ve­zeaux, char­gée d’ani­ma­tion au­près du con­ser­va­toire d’es­paces na­tu­rels du Nord et du Pas-de-Ca­lais. « Nous conseille­rons en­suite les ges­tion­naires des routes, pour ré­flé­chir, se­lon les cas, à l’ins­tal­la­tion de cra­pau­ducs, de tun­nels pour les hé­ris­sons ou les ron­geurs, de câbles pour les écu­reuils… Il existe quan­ti­té de so­lu­tions, sou­vent peu coû­teuses, pour pro­té­ger la faune sau­vage des au­to­mo­biles. »

Lan­cé au prin­temps, ce pro­gramme de « science par­ti­ci­pa­tive » a pour l e mo­ment per­mis de re­cen­ser 1 000 don­nées, grâce à 85 contri­bu- teurs. Un pe­tit dé­mar­rage pour le con­ser­va­toire, qui es­père éta­blir, d’ici fin 2017, une base de don­nées as­sez consé­quente pour iden­ti­fier les routes me­na­çant les lieux de re­pro­duc­tion, d’hi­ber­na­tion ou de re­pos des es­pèces sau­vages.

« Il s’agit bien sûr d’une dé­marche de pré­ven­tion et de sen­si­bi­li­sa­tion, confirme Na­tha­lie De­ve­zeaux. Beau­coup d’au­to­mo­bi­listes ont pu heur­ter des ani­maux sans s’en rendre compte, no­tam­ment des merles, qui volent très bas en tra­ver­sant, ou des cra­pauds, par­fois très nom­breux sur la chaus­sée en pé­riode de re­pro­duc­tion. » Une sen­si­bi­li­sa­tion d’au­tant plus né­ces­saire que nombre de ces es­pèces, comme le hérisson, sont pro­té­gées.

Le hérisson, une es­pèce pro­té­gée.

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