Bolt n’a pas fi­ni de nous émer­veiller

ATH­LÉ­TISME. Après son troi­sième sacre olym­pique sur 100 m, le roi Usain n’a pas ter­mi­né son fes­tin. Il vise le 200 m et le re­lais 4 x 100 m.

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - Rio (Bré­sil) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux SAN­DRINE LE­FÈVRE (AVEC E.M.)

LES 46 000 SPEC­TA­TEURS du stade olym­pique de Rio n’ont vrai­sem­bla­ble­ment pas fi­ni de se dé­han­cher au rythme des tubes de Jim­my Cliff. De­puis 2009 et ses af­fo­lants re­cords du monde (9’’58 sur 100 m, 19’’19 sur 200 m), Usain Bolt a les hon­neurs d’une play-list spé­cia­le­ment conçue pour sa­luer cha­cune de ses vic­toires. Sa­me­di, le DJ bré­si­lien a donc dû s’exé­cu­ter, comme ses ho­mo­logues avant lui à Ber­lin, Dae­gu (sauf à l’is­sue du 100 m, Bolt ayant cau­sé un faux dé­part), Londres, Mos­cou et Pé­kin, les pré­cé­dents théâtres de ses ex­ploits.

La « Reg­gae Night » a com­men­cé la ligne d’ar­ri­vée du 100 m à peine fran­chie en 9’’81. Mas­cotte sous le bras, le Ja­maï­quain s’est of­fert un tour d’hon­neur, en­voyant des bai­sers à la foule de­ve­nue hys­té­rique, of­frant aux pho­to­graphes son fa­meux geste de l’éclair qui l’a ren­du cé­lèbre. Le voi­là — dé­jà — pro­prié­taire de sept mé­dailles d’or olym­pique. En at­ten­dant la suite du pro­gramme, la Foudre vi­sant un troi­sième tri­plé olym­pique ( 100, 200 et 4 x 100 m) consé­cu­tif. « C’était brillant. Je vous l’avais dit que je le fe­rai ! » lance Bolt, lors­qu’on évoque son nou­veau sacre sur la dis­tance reine. La sta­tis­tique donne le ver­tige et pour­tant… Même s’il a do­mi­né l’Amé­ri­cain Gat­lin (9’’89) et le Ca­na­dien De Grasse (9’’91), sa course de Rio est sans com­mu- ne me­sure avec celles de Pé­kin 2008 (9’’69) et de Londres 2012 (9’’63).

« Il re­lâche dans les der­niers mètres et va­lait peut-être 9’’75 », es­time l’en­traî­neur Pierre-Jean Va­zel. « Je ne l’ai pas sen­ti avec une telle confiance en lui de­puis très long­temps, de­puis Pé­kin et Ber­lin il y a sept-huit ans. Je n’ai pas la sen­sa­tion qu’il s’est don­né à fond », sou­ligne l’an­cien sprin­teur Bru­no Ma­rie-Rose.

Seul au monde sur la piste

Di­manche soir à Rio, Bolt s’est re­trou­vé sans vé­ri­table ri­val. Per­tur­bé tout au long de la sai­son par un pro­blème à la che­ville, Jus­tin Gat­lin n’a pas été aus­si tei­gneux qu’il y a un an lors des Mon­diaux de Pé­kin (2e en 9’’80, à un cen­tième de Bolt). « Le jeune Amé­ri­cain Bro­mell (NDLR : mé­daillé de bronze à Pé­kin et 8e à Rio) n’était pas à son meilleur ni­veau en rai­son d’un sou­ci au ten­don d’Achille », glisse Va­zel. Et le Ja­maï­quain Yo­han Blake, cham­pion du monde 2011, a sem­blé un peu court, se conten­tant de la 4e place en 9’’93, lui qui pos­sède un re­cord en 9’’69.

Seul au monde, Bolt a gé­ré les af­faires cou­rantes, gra­ti­fiant les ob­ser­va­teurs d’un ma­gni­fique sou­rire en plein mi­lieu de sa de­mi-fi­nale. Une ai­sance qu’il pour­rait re­pro­duire lors du 200 m, dont les sé­ries ont lieu au­jourd’hui (16 h 50). « Le 200 m, c’est son épreuve his­to­rique, celle qu’il pré­fère, sur la­quelle il a le moins de pres­sion au dé­part », note Pierre-Jean Va­zel. Sans chro­no sur la dis­tance cette sai- son, Bolt au­ra comme ad­ver­saire La Shawn Mer­ritt, spé­cia­liste du 400 m (mé­daille de bronze à Rio) et Jus­tin Gat­lin. Le Sud-Afri­cain Wayde Van Nie­kerk, nou­vel homme fort du tour de piste, a quant à lui re­non­cé à ten­ter le dou­blé. Les re­cords du monde tombent à Rio mais ce­lui du 200 m de­vrait res­ter coin­cé à 19’’19. « A l’époque de ce chro­no (Ber­lin 2009), Bolt cou­rait le 100 m en 9’’58, il ne les vaut plus au­jourd’hui, re­marque Va­zel. Le voir battre son re­cord se­rait donc une énorme sur­prise. »

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