Et main­te­nant, l’af­faire Mul­ler…

10 km eau libre

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - Rio de Ja­nei­ro (Bré­sil) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux ÉRIC BRUNA

QUAND ça ne veut pas… Après une se­maine dé­sas­treuse dans le bas­sin du centre aqua­tique, la na­ta­tion fran­çaise comp­tait sur Au­ré­lie Mul­ler pour lui re­don­ner des cou­leurs sur le 10 km. Las. En quelques mi­nutes, l’Al­sa­cienne est pas­sée de l’ar­gent à la dis­grâce. Dis­qua­li­fiée pour s’être for­te­ment ap­puyée sur l’Ita­lienne Bru­ni au mo­ment de tou­cher la plaque d’ar­ri­vée. La sé­rie noire conti­nue. Dé­vas­tée, la Tri­co­lore, cham­pionne du monde en titre, quitte la plage de Co­pa­ca­ba­na pen­dant que Sha­ron Van Rou­wen­daal, sa par­te­naire d’en­traî­ne­ment à Nar­bonne, sa­voure l’hymne néer­lan­dais. Ar­guant un pro­blème d’or­ga­ni­sa­tion, le staff fran­çais a im­mé­dia­te­ment fait ap­pel, es­pé­rant au moins ré­cu­pé­rer la 3e place. En pure perte, les juges ayant sanc­tion­né un « com­por­te­ment an­ti­spor­tif ».

Le pré­sident de la Fé­dé­ra­tion crie au com­plot

« A l’ar­ri­vée, Au­ré­lie est obli­gée de se dé­por­ter sur la droite pour pou­voir tou­cher la plaque parce que la corde du che­nal cô­té gauche est amar­rée sur le bou­din à l’ex­té­rieur, alors que, nor­ma­le­ment, elle de­vrait être amar­rée au mi­lieu, dé­taille Sté­phane Le­cat, di­rec­teur des équipes de France olym­piques. Au­ré­lie suit la ligne d’eau, elle se re­trouve à un en­droit où elle ne peut plus tou­cher… Alors elle est par­tie sur la droite et, avec son bras, in­vo­lon­tai­re­ment, elle s’est ap­puyée sur l’Ita­lienne. » Au bord des larmes, Le­cat est dé­pi­té de voir les ef­forts de la na­geuse, re­ve­nue de la 9e place aux deux tiers de la course, ré­duits à néant.

« J’ai trou­vé la dé­ci­sion un peu ra­pide, lâche Phi­lippe Lu­cas, le coach de Mul­ler. En plus, elle a 26 ans. Quand tu as 18 ou 22 ans, tu as les boules, mais tu te dis que tu as en­core quatre ans. Là, elle au­ra 30 ans (NDLR : en 2020). C’est mort, ter­mi­né… » Après le re­jet du pre­mier ap­pel, les di­ri­geants fran- çais en ont in­ter­je­té un 2e sur le même mo­tif au­près de la Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale (Fi­na). Le ver­dict était at­ten­du la nuit der­nière. « Je dé­plore, je conteste, c’est une grande in­jus­tice, lâche Fran­cis Luyce, le pré­sident de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise (FFN). Avec De­nis Mas­se­glia (NDLR : pré­sident du CNOSF), nous avons l’in­ten­tion de por­ter ré­cla­ma­tion de­vant le CIO. C’est hon­teux, in­qua­li­fiable. Il y a quand même des zones troubles. Comme par ha­sard, une Ita­lienne (NDLR : que veut-il in­si­nuer ?) se re­trouve 2e et une Bré­si­lienne troi­sième, ça ne vous in­ter­pelle pas, vous ? » Une sor­tie po­li­ti­que­ment in­cor­recte sur fond de théo­rie du com­plot pour le char­gé de mis­sion de la dé­lé­ga­tion bleu-blanc-rouge, en cam­pagne pour l’or­ga­ni­sa­tion des JO 2024. « On va al­ler jus­qu’au bout et ne pas lâ­cher l’af­faire, souffle Le­cat. On va se battre pour elle. » Quoi­qu’il se passe, Mul­ler n’au­ra ja­mais droit à son po­dium…

Rio (Bré­sil), hier. La Fran­çaise Au­ré­lie Mul­ler, qui était en­ga­gée sur le 10 km eau libre, a cru rem­por­ter l’ar­gent, mais elle a fi­na­le­ment été dis­qua­li­fiée pour s’être for­te­ment ap­puyée sur l’Ita­lienne Bru­ni au mo­ment de tou­cher la plaque d’ar­ri­vée.

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